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L’inadéquation

22 novembre 2006, 00:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Quand la construction repart, tout repart. Une industrie du bâtiment en effervescence est un signe annonciateur que les choses vont s’améliorer dans d’autres industries. Le regain d’optimisme parmi les entreprises de la construction devrait rejaillir sur d’autres secteurs dans les mois à venir.

Dans l’entretien qu’il nous accorde, le constructeur Bhooshan Ramloll dit prévoir la création de quelque 5 000 jobs l’année prochaine sur les divers chantiers d’hôtels, d’“integrated resorts schemes”, d’espaces commerciaux, de résidences, d’infrastructures publiques. Mais voilà qu’un épineux problème se profile à l’horizon. Il n’y a pas suffisamment de bras pour répondre aux offres.

L’économie mauricienne vit un sérieux paradoxe depuis quelques années. Après le textile-habillement, c’est au tour du secteur de la construction de faire face au manque de main-d'œuvre. Les chômeurs préfèrent rester à la maison que d’aller chercher du boulot dans les usines et sur les chantiers.

Cette forme de chômage spéculatif provoque d’autres problèmes tout aussi difficiles à gérer par les entreprises. Aux dires de Bhooshan Ramloll, certains salariés profitent du rapport de forces qui est en leur faveur et se montrent peu consciencieux au travail. Parmi les écarts, un épineux problème d’absentéisme sur les chantiers, susceptibles de mettre en péril la qualité des produits et le respect des délais de livraison des projets.

Ce goulot d’étranglement au niveau des effectifs risque fort d’entraver la croissance de l’industrie du bâtiment à un moment où l’activité économique en général recherche des moteurs solides pour la propulser sur une trajectoire ascendante.

L’inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi est une problématique que l’économie mauricienne se doit de résoudre au plus vite moyennant une politique de réorientation professionnelle et un environnement qui favorise une plus grande mobilité des ressources humaines d’un secteur à un autre.

L’“Empowerment Programme” du gouvernement a initié des mesures pour venir à bout de ce problème à un certain niveau. Le programme s’est attaqué justement au secteur du bâtiment en premier. Il propose des programmes de formation qui sont à même de rendre les stagiaires rapidement employables dans les différentes activités de la construction.

Mais l’État devra trouver d’autres solutions pour apaiser la pression sur la demande de la main-d’œuvre. Les licenciés de la Development Works Corporation sont des candidats idéals aux chantiers de construction qui accusent des déficits d’effectifs. Or, les autorités sont en train de chercher, voire créer, des postes dans le secteur public pour les recycler. Le gouvernement envoie ici des mauvais signaux vers les compagnies de construction et aussi au monde des affaires en général.

La construction est le premier récipiendaire des investissements directs étrangers. Très souvent ce sont les entreprises de construction qui offrent aux investisseurs étrangers leurs premières “business experiences” mauriciennes. Des chantiers livrés en retard ou des travaux mal exécutés en raison d’un manque de bras ou des ouvriers qui s’amusent à s’absenter du travail ne leur laisseront pas une bonne impression.

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