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Quand le bhojpuri pimente le ?Bollywood massala?

21 novembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Moteur. Action. Sous le soleil du Caudan Waterfront, la très glamour Bhagyashree donne la réplique à Manoj Tiwari. En bhojpuri. C?était la semaine dernière, lors du tournage de quelques séquences de Janam Janam Ke Sath, littéralement: ?Nous nous rencontrerons à chaque naissance.?

Depuis juin, la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) a soutenu le tournage de cinq films dont deux en bhojpuri (Londonwali et Se Neha Logauli), deux en hindi et un en gujerati. ?La semaine dernière, j?ai donné le clap sur le tournage?, raconte Christian Nayna, président de la MFDC.

Un tournage qui signe le grand retour de Bhagyashree, absente des plateaux depuis plus d?une décennie. La raison: elle avait choisi de privilégier sa vie de famille, auprès de son mari, l?acteur Himalaya. ?Nous l?avions choisie parce que son personnage est celui d?une mère jeune, mais très mûre?, explique Mukesh Udeshi, line producer de Janam Janam Ke Sath.

Alors que cinéphiles et téléspectateurs locaux sont majoritairement exposés aux superproductions bollywoodiennes en hindi (langue officielle de l?Inde), une vague en bhojpuri (dialecte du hindi) déferle sur l?industrie du film dans la Grande Péninsule. Avec un potentiel de plus de 20 millions de personnes parlant bhojpuri en Inde, les possibilités au box-office ne sont pas négligeables.

?Après avoir été longtemps ignoré, le film en bhojpuri est devenu un marché d?avenir depuis deux ans maintenant?, explique Mukesh Udeshi. Il nous confie qu?il doit revenir à Maurice pour le tournage d?une autre production en bhojpuri en mars 2007.

Un marché qui, selon lui, dépasse les frontières des Etats du Bihar et de l?Uttar Pradesh pour cibler Bombay, Delhi et Calcutta, là où de nombreux travailleurs du Bihar se sont installés. Les producteurs lorgnent aussi du côté de la diaspora, c?est-à-dire Maurice, Fidji, Surinam et les Antilles.

?Quand un film en bhojpuri passe au Bihar, plus personne ne jette un regard aux acteurs des films en hindi.? Constat sans appel signé Jackie Shroff, acteur populaire. Comme dans toute industrie, le succès est surtout une question de rentabilité. Tenez-vous bien, les recettes de certains films en bhojpuri dépasseraient déjà celles des superproductions bollywoodiennes.

Préférence pour les mélodrames familiaux

Exemple, en 2005, deux films en bhojpuri qui ont bien marché : Sasura Bada Paisawela (?Mon beau-père est riche? et Daroga Babu I Love You (?Cher policier, je vous aime?), ont attiré plus de monde dans les salles au Bihar et dans l?Uttar Pradesh que Bunty Aur Babli, grosse production avec les Bachchan, père et fils et Mangal Pandey ? The Rising, film historique.

Un genre caractérisé par une nette préférence pour les mélodrames familiaux, et qui attire de plus en plus d?acteurs du courant hindi. Big B et Hema Malini s?y sont essayés dans le récent Ganga, un film où Manoj Tiwari (venu tourner des séquences de Janam Janam Ke Sath), leur a donné la réplique. Considéré par la critique comme l?une des vedettes du cinéma en bhojpuri, Manoj Tiwari est, avec l?actrice Rani Chatterjee, les têtes d?affiche marquantes du genre. Pour la petite histoire, notons que Rani Chatterji ? de son vrai nom Sabiha Sheikh ? a choisi son pseudo en clin d??il à Rani Mukherjee.

DIPLOMATIE

L?Inde à l?écoute de la diaspora

■ Interlocuteur privilégié de la diaspora, Vayalar Ravi, ministre des Overseas Indian Affairs, est arrivé à Maurice ce matin pour une visite de trois jours. Il est venu participer à la conférence de la ?Global Organisation of People of Indian Origin? (GOPIO), qui s?ouvrira demain au Mahatma Gandhi Institute (MGI). Elle est placée sous le thème: ?Nurturing PIO languages?. En sus des visites de courtoisie, notamment au Premier ministre, Navin Ramgoolam, au ministre des Affaires étrangères et du Commerce international Madan Dulloo, Vayalar Ravi profitera de son séjour pour rencontrer des membres de la diaspora locale lors d?une soirée à l?Indira Gandhi Centre for Indian Culture. Il se rendra aussi sur le site de l?Aapravasi Ghat, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l?Unesco.

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