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Desbro ne reprend pas sa production

21 novembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le ministère de l?Industrie dit avoir une lettre de Desbro annonçant qu?elle recommençait à produire des barres de fer. Or, celle-ci fait état de ?propositions?. La reprise des activités n?est donc pas pour aujourd?hui.

Le gouvernement et Desbro continuent à croiser le fer. N?étant pas satisfaite de la hausse de prix de 20 % accordée par le gouvernement, la société de Rogers ne compte pas reprendre ses activités de production de barres de fer aujourd?hui. Du côté du ministère de l?Industrie et du Commerce, l?on affirme, hier, en début de soirée, ?ne pas être au courant de cette décision de Desbro?.

Dans un communiqué émis hier à 17 h 45 par le groupe Cerena, cluster de Rogers dont fait partie Desbro, il est dit que cette société était en discussions avec le gouvernement depuis une quinzaine de jours déjà. Les deux dernières réunions avec le gouvernement ont eu lieu le vendredi 17 et le samedi 18 novembre.

Le conseil d?administration de Cerena s?est réuni jusqu?à fort tard dimanche 19 novembre. Hier matin, Desbro a écrit aux autorités concernées pour leur faire part de ses propositions pour débloquer la situation et dire qu?elle est toujours en attente de leur réponse.

?Nous voulons relancer la production dans des conditions claires pour aider à assainir la situation qui, visiblement, devient de plus en plus difficile pour le secteur de la construction, et, de ce fait, éviter une crise?, estime la direction du groupe Cerena.

Rajesh Jeetah, ministre de l?Industrie et du Commerce, se dit ?très étonné? de la décision de Desbro. ?Cette attitude est totalement inacceptable?, s?est-il exclamé. Car dans une déclaration à l?express en début de soirée, le ministre avait dit être en présence d?une correspondance de Desbro selon laquelle cette dernière s?apprêtait à reprendre sa production industrielle.

La lettre de Desbro au ministère de l?Industrie et du Commerce date de 11 heures et faisait état de propositions : la compagnie demande la libéralisation des prix des barres de fer, la réintroduction des 30 % de droits de douane pour les barres de fer en provenance du Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA), le maintien des droits de douane sur les barres venant des pays hors du COMESA et, si le Mauritius Audit Bureau (qui fait une étude sur le prix des barres de fer) trouve que les chiffres de Desbro sont corrects, que l?augmentation de 20 % soit réajustée.

Conséquemment, Desbro s?est abstenue de reprendre sa production. Elle l?a interrompue depuis le 1er novembre en raison du refus du gouvernement de lui accorder une majoration de prix.

La hausse de 20 % des prix des barres de fer accordée par le gouvernement profite à la compagnie sud-africaine Murray & Roberts qui a importé une cargaison de 4 000 tonnes de fer d?Egypte, pays du COMESA, comme Maurice. Cette compagnie avait réclamé une hausse de 17 %, alors que Desbro a réclamé une hausse de 37%.

Pour justifier sa demande, Desbro avait fait ressortir lors de ses négociations avec le ministère de l?Industrie que les prix des billettes de fer avaient considérablement augmenté sur le marché mondial.

Le ministère avait donné le nom de deux compagnies, une américaine et l?autre australienne, susceptibles d?offrir les billettes à meilleur marché. Mais la société américaine n?était pas en mesure de fournir les billettes, alors que le prix de la société australienne était largement supérieur.

Début novembre, Desbro était d?accord pour reprendre sa production de barres de fer sous certaines conditions, notamment la majoration de prix et la réintroduction de droits de douane sur les barres venant du COMESA.

Le conflit entre Desbro et le ministère perdure. Au point où un comité ministériel a été institué pour essayer de trouver une solution.

Entre-temps, la situation sur les chantiers de construction s?est envenimée en raison d?une pénurie de fer sur le marché. Le Joint Economic Council et la Building and Civil Engineering Contractors Association ont exprimé des craintes au sujet d?une détérioration de la situation dans les jours à venir.

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