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À visage découvert
Hantée ? Pas exactement. Plutôt entourée. Par des visages de femmes qui sortent pour moitié de son imagination, pour moitié de pages de journaux. Une galerie de portraits, faciès tantôt chaleureux, tantôt distants et froids. Avec un air de famille qui vient des yeux brillants. Qui parlent, menacent et supplient.
Quand les visages racontent des histoires? Val Hezinger Guimbeau expose ses tableaux dès demain aux écuries du Domaine des Aubineaux. L?exposition restera ouverte jusqu?au mardi 28 novembre.
Ceux qui s?attaquent à la charpente du visage humain le savent. Tout est dans la justesse des proportions. Un écart non respecté entre les yeux et voilà votre sujet qui louche horriblement. Un nez trop près de la bouche, c?est la Nature défigurée. Val Hezinger Guimbeau, qui en est à sa première exposition, ne cache rien de ses débuts. Ceux d?une épouse souvent laissée seule sur un parc de chasse et une ferme au Zimbabwe, par un mari très occupé.
Qui a dit que l?art a le don d?apaiser les âmes ? Val, qui est d?origine allemande (de Stuttgart plus précisément) trouve le réconfort dans la peinture. Au début elle tâtonne. C?est qu?elle est bien seule avec les livres sur la peinture, qu?elle s?est achetés. Elle, qui a été formée pour être interprète, n?arrive pas à dompter ses pinceaux. Des rebelles qui refusent de traduire sur papier ses volontés. C?était il y a une quinzaine d?années. Patiemment, l?épouse recommence. Tente de reproduire le paysage qui l?entoure. Aussi régulièrement que pour ses travaux ménagers. ?Je copiais comme il disait de le faire dans les livres mais je n?aimais pas ce que je faisais.?
De retour à Maurice, Val Hezinger Guimbeau s?offre des leçons. Véritable pèlerinage de six mois auprès d?un maître : Yves David, paysagiste. Rien à voir avec les portraits direz-vous. Elle est comme cela Val : touche-à-tout. Intéressée par la Nature pas qu?humaine.
Des jeunes créatures fantasmagoriques
Des conseils, c?est aussi auprès d?Alix Le Juge qu?elle va les chercher. Conservant précieusement la moindre indication, la moindre appréciation pour y construire les bases de la technique de dessin. Travaillant aussi ses jeux de lumière, que ce soit au couteau ou au pinceau.
Donnant vie à des femmes souvent pensives, que ce soit Le soir dans la ville ou en Jeune fille timide. Des créatures qui feraient se retourner les passants dans la rue. Toujours jeunes, ce sont des visages lisses où le temps n?a pas encore imprimé de marques, de plis ou de rides.
?J?aime ce qui est joli, gracieux?, explique-t-elle. ?La jeunesse a tellement de potentiel, d?exubérance. C?est vrai que les visages de femmes mûres ont plus de caractère, mais plus de tristesse aussi.? Val Hezinger Guimbeau a un avis marqué sur la question. ?Je trouve que la femme est plus attirante que l?homme. Bien sûr il y a la beauté virile, mais je trouve qu?il y a plus de possibilités quand on dessine une jolie femme.?
Justement, comment procède-t-elle ? Moitié existantes, moitié imaginaires, les femmes de Val Hezinger Guimbeau trouvent souvent naissance dans son imagination. ?En feuilletant des journaux, des magazines, j?ai aussi des déclics.? Détrompez-vous. Elle ne fait pas de portrait à l?identique. Toujours ses visages ont un côté fantasmagorique.
Pourquoi seulement des femmes ? Val Hezinger Guimbeau réfléchit. Non, il n?y a pas de raison consciente. Elle l?a décidé. Un point c?est tout. Et puis pourquoi pas une incursion dans un monde conjugué au féminin que soit pour La toilette ou Le bain de soleil. Miroir des visages universels.
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