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Oneye, dix ans à surfer sur la vague du succès
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Oneye, dix ans à surfer sur la vague du succès
La marque de ?beachwear? et de ?streetwear?, lancée en 1996 a quatre boutiques. Un cinquième point de vente ouvre bientôt à Flacq pour consolider sa clientèle touristique.
Les férus du surf le savent. Oneye est un spot au Morne, souvent exposé à des conditions extrêmes : vent du sud et grosses vagues, faisant, sans nul doute, monter l?adrénaline. Les habitués du beachwear et streetwear diront aussi que Oneye est une marque bien ancrée à Maurice. Dix ans à surfer sur les vagues du succès, contre vents et marées, que content les partenaires en affaires que sont Cybil Lamusse et Françoise Antelme?
1972, à l?aube de l?industrie du tourisme? Elles sont deux à gérer une petite boutique à l?île-aux-Cerfs. Mais elles ne se contentent pas du cadre touristique. Dans un monde résolument masculin, à l?époque, elles cherchent le bon filon. Une opportunité se présente au c?ur du nouvel hôtel Le Touessrok. Trois magasins à gérer. Une aubaine. ?J?avais emprunté Rs3 000 à mon époux pour ce projet. Je ne crois pas les avoir rendues?, confie Françoise Lamusse.
Être la vitrine de produits d?ailleurs finit par être lassant. En 1988, elles se décident à démarrer leur unité de production pour fournir leurs boutiques et d?autres. Pas question de s?arrêter en si bon chemin. D?autant plus que pour progresser, il faut avoir sa marque. C?est chose faite en 1996. ?Quand nous avons décidé de concevoir notre marque, le marché était alors inondé d?autres produits. Nous devions nous démarquer. Pour obtenir la bonne qualité, il fallait que nous commencions nous-mêmes. L?expansion a suivi?, relate Françoise Antelme.
A l?exception du coupeur, ce sont des femmes à la direction et à la production qui sont là pour démarrer l?entreprise. Le premier magasin ouvre ses portes à Sainte-Thérèse. La concurrence, ces années-là, est rude avec plusieurs marques locales qui foisonnent sur le marché et non des moindres, s?attirant une clientèle jeune.
Au démarrage, les tâches sont bien réparties avec François Antelme qui s?occupe de la création et du marketing alors que Cybil Lamusse, comptable de formation, se charge des finances. Créer, faire la tournée de magasins pour proposer ses vêtements, discuter avec des clients qui toisent du regard n?entament guère le moral. ?On se disait qu?il fallait bien s?en sortir. Cela demandait de longues heures de travail. Les époux n?étaient pas trop contents car on rentrait tard avec les braderies?, souligne Françoise Antelme.
Cybil Lamusse tient à préciser qu?au début, elles ne savaient rien du montage d?une usine de textile. Elles s?occupaient de tout et de rien, en apprenant sur le tas. ?Je me souviens d?une cargaison à destination d?Europe embarquée et le certificat EUR1 se faisant toujours attendre?, se souvient-elle.
Les responsabilités des deux au sein de l?entreprise se sont allégées avec la venue de Philippe Lamusse, qui prend en main le marketing et qui négocie. ?Parce qu?à Maurice, quand on est une femme, on est un poids plus léger?, rajoute Françoise Antelme.
Dix ans après, ce sont quatre boutiques, à Port-Louis, Grand-Baie, Trianon et Mahébourg. Une cinquième ouvre ses portes à Flacq, sans compter les magasins avec lesquels l?entreprise travaille en dépôt. Elle emploie 114 personnes. Et Cybil Lamusse de préciser, que ?le chiffre d?affaires gagne en croissance?.
Par manque de main-d??uvre, elles ont été contraintes de se tourner vers l?Inde pour employer des machinistes. Les Mauriciens, dit Françoise Lamusse, ne veulent pas faire des heures supplémentaires et la productivité en prend un coup. ?Ils sont là pour travailler et gagner de l?argent. Mais il nous a fallu quand même les sélectionner car certains, au départ, n?étaient pas familiers avec la fabrication de ces types de vêtements?¸ ajoute-t-elle, alors que ces ouvriers étrangers, impassibles, continuent à assembler les pièces d?une jupe, sortie du studio de création que dirige Joséphine Chasteau de Balyon.
?Il faudra s?associer à une autre compagnie?
L?expansion de l?entreprise ne figure pas dans les présents projets. ?Quand on est petit, on ne peut pas couvrir le monde entier?, précise Cybil Lamusse. A sa partenaire d?ajouter : ?Pour augmenter la capacité, il faudra qu?on s?associe avec une autre compagnie.?
De fait, Oneye préfère consolider sa clientèle touristique, qui achète 25 % à 30 % de la production. L?ouverture d?une boutique à Flacq leur permettra d?élargir cette base, car le village ?grouille de touristes? venant du littoral est, où se trouvent bon nombre d?hôtels de grand standing. A la gérante des boutiques, Régine Guibert, de préciser non sans fierté que les produits Oneye ont la cote auprès de la population touristique.
Bien que la renommée soit là, les partenaires en affaires ne peuvent s?empêcher de passer en revue leur parcours. Avec le recul, Françoise Antelme dit ?qu?elle était un peu folle? de lancer une entreprise pareille. ?Inconsciente?, précise Cybil Lamusse. Entre-temps, Oneye déferle toujours.
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