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La joie du mouvement

18 novembre 2006, 00:00

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Sa grâce, sa folie et sa rigueur, ont subjugué la planète entière. Amie fidèle de l?île Maurice depuis plus de dix ans, Anne-Marie Porras, invitée par le Centre Culturel Charles Baudelaire, a présenté Plaine des Sables, sa dernière création avec sa troupe Dansomania, samedi dernier au Théâtre de Port-Louis. Elle a également animé un stage de formation pour les professionnels de la danse locaux. Libre de tout carcan, cette chorégraphe qui enseigne dans sa propre école de danse à Montpellier en France, multiplie les défis et aiguise sans relâche sa créativité. Rencontre.

D?abord, un sourire, un regard, une douceur qui enveloppent à la fois son corps et ses propos. Fascinée par la vigueur et la passion dévorante de nos danseurs Anne-Marie Porras aurait préféré que l?on parle d?eux plutôt que d?elle. «Les danseurs mauriciens sont de grands travailleurs. Ils aiment recevoir, ils ont le sens du partage, c?est un grand bonheur à chaque fois de pouvoir partager avec eux. »

La force de cette femme se retrouve dans sa capacité à être à la fois le maître et l?élève. Elle est une étoile qui sans cesse se réinvente, qui crée sans relâche, se pique de toutes les inspirations et se pare de la nature, source inépuisable d?inspiration. Rien ne va donc de soi et rien n?est surtout jamais acquis. Le travail se règle chaque jour comme du papier à musique.

Ce corps qui lui procure un espace de liberté sans cesse grandissant, nécessite un entraînement constant et quotidien. Il reste néanmoins un havre de paix dans lequel elle se réfugie constamment. A son contact, on se laisse rapidement gagner par cette même sérénité, que son sourire n?arrête pas de distiller. Ce bonheur de pouvoir être elle-même, n?a pas de prix. Une attitude zen d?une vie libre et sans garde-fou.

<B>Prêt à toutes les fantaisies</B>

Quand elle danse, elle aime la joie des mouvements. La projection dans l?espace de tous les possibles. Le nord, le sud, l?est, l?ouest.

Aller à l?intérieur de soi, canaliser les énergies, palper la joie, le partage, les mouvements, le souffle et les rythmes. Ses ?uvres créatrices se calquent sur des thèmes universels, jamais compliqués, toujours ludiques et proches de l?humain. Dans Plaine des Sables, elle livre sa conception de l?animal qui sommeille en nous.

Pour étaler sa source d?inspiration, elle s?inspire du cheval, qui possède, selon elle, «un côté féminin dans sa façon de bouger» et un côté masculin et viril, dans ce corps majestueux et cette crinière féline. Elle transpose tout cela au sein d?un groupe d?hommes, avec les mâles dominants, les dominés, et les autres. Avec une liberté d?interprétation qu?elle a laissée à ses danseurs, ce professeur de danse diplômée qui dirige l?Ecole Professionnelle Supérieure d?Enseignement de la danse à Montpellier, livre un univers poétique, empreint de mystères. «Chaque corps fait des choses différentes, chacun est prêt à toutes les fantaisies.»

Anne-Marie Porras se donne donc elle-même des ailes.

Le 1er décembre prochain, elle fêtera avec ses cent cinquante élèves en formation continue, les vingt-cinq ans de son école de danse.

Sa plus belle réussite. Dans cet univers très machiste, elle a choisi le versant âpre du métier : ne jamais se suffire à elle-même. Déterminée à tirer du bonheur de tout, portée par des élèves travailleurs, comme ce Donovan Bongarçon, d?origine mauricienne dont elle prédit une illustre carrière, Anne-Marie Porras est une étoile qui brille déjà au firmament.

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