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De grands chantiers
Il reste de nombreuses questions à résoudre. Ce n?est qu?une étape dans le processus de démocratisation de l?accès au savoir. La nouvelle volonté affichée par le gouvernement de se débarrasser à terme du système A+ est une intention qui ne demande qu?à être réalisée. Dans l?entretien qu?il nous accorde, le ministre de l?Education se montre optimiste et donne l?impression que les choses se mettront en place d?elles-mêmes. Or, nous le savons tous : dans la pratique ce sera tout à fait le contraire.
La réforme de l?éducation nationale n?a jamais été une entreprise aisée. A travers le monde et ici même à Maurice, on a pu constater comment des pouvoirs ont vacillé sur cette question. C?est peut-être la raison pour laquelle l?actuel gouvernement ne prend aucun engagement échéancier. Les dates avancées sont trop approximatives pour que nous y prêtions foi. Le crédit accordé aux nouvelles initiatives du ministère de l?Education est basé sur la crédibilité du contenu du projet. Au-delà, tout est flou. Dans les faits, il est fort probable que le gouvernement ne mette en pratique aucune réforme si cela risque de lui coûter électoralement. Dans l?immédiat, il tente de réconcilier les intérêts des deux extrêmes.
Les partisans de l?A+ et de l?élitisme sont rassurés. Le fondement du système n?est pas remis en cause. Du moins, pas pour l?instant. Ils auront tout le temps nécessaire pour réagir lorsque les choses prendront une autre tournure. Quant à tous ceux qui formulent une conception de l?éducation qui ne se limite pas aux quatre murs d?une classe, ils peuvent se reporter sur des promesses d?un changement profond. Mais ce n?est qu?une promesse. Le plus important pour le gouvernement actuellement a été de pouvoir pacifier un peu tout le monde avant l?annonce des résultats des examens du CPE décembre prochain. Une annonce qui allait, selon des nombreux observateurs, cristalliser tout le sentiment du rejet de la contre-réforme Gokhool.
Que ce soit en fin de compte un stratagème ou une réelle victoire des pédagogues, le bons sens commande à la fois de la prudence et une espérance nouvelle. Après avoir été l?objet de virulentes critiques, Dharam Gokhool a aujourd?hui la chance de pouvoir compter sur un large soutien pour procéder à une réforme structurelle du système après que son prédécesseur eut surtout réalisé sa révolution infrastructurelle.
Quoi qu?il en dise, Dharam Gokhool a changé son fusil d?épaule. Et c?est tant mieux. Mais aujourd?hui, ce dont il doit faire preuve, c?est de la détermination à réaliser un nouveau projet qui est aux antipodes de ce qu?il annonce et réalise depuis son entrée en fonction. On sera effectivement en période de transition si les nouvelles mesures commencent à être mises en pratique à la rentrée 2007. Et Gokhool a raison lorsqu?il affirme qu?une réforme en profondeur d?un système éducatif prend des années avant d?arriver à terme. Cela dit, il faut aussi souligner que la réforme de l?éducation est un processus continu.
A Maurice, pendant des années, on est resté avec un système rigide et aride. Ce qu?il faut prévoir désormais, c?est une mutation en phases dont le principal défi sera de répondre aux réalités actuelles et futures. Aucune réforme de l?éducation n?est un projet abouti. La réforme la plus pertinente est celle qui se signale par son adaptabilité.
C?est en faveur de cette réforme que militent tous les progressistes. Celle d?un système qui s?adapte aux besoins et aux compétences des enfants. Et non une réforme qui soit le reflet des fantasmes théoriques et élitistes. On ne fait pas un projet de l?éducation mais une éducation qui rend possible des projets pour nos enfants.
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