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Des macadams menacent les macadams pour D. Garcia

6 novembre 2006, 00:00

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Jean Giraud, directeur général de la United Basalt Products Ltd, s?arrache les cheveux. Il négocie un contrat de livraison de 600 000 tonnes d?agrégats à Diego Garcia et rares sont les Mauriciens à com- prendre la valeur économique d?un tel contrat mais aussi la sévérité des clauses de pénalité prévues en cas de non-respect des engagements consentis au départ.

Il estime ce contrat fabuleux. C?est le contrat du XXe siècle, du moins en ce qui concerne Maurice. C?est aussi un contrat sans précédent à sa connaissance car il n?a pas souvenance qu?un Mauricien ait eu l?occasion, avant lui, d?en négocier un d?une telle ampleur.

Il revient de Houston, Etats-Unis, au début de novembre, après avoir négocié au plus près avec des Etats-Uniens refusant d?accorder des clauses plus favorables à la UBP. En 48 heures, il a dû parcourir en avion 30 000 kilomètres afin de pouvoir régler de toute urgence certains détails notamment de livraison.

Le seul point positif à ce jour c?est qu?Alexander Gibb and Partners certifie que la qualité des agrégats produits par UBP est conforme aux normes imposées par la partie américaine. Il ne suffit pourtant pas de produire 600 000 tonnes de bons macadams. Faut-il encore régler, à la satisfaction du client, leur livraison à Diego Garcia, en respectant les normes prescrites et les dates de livraison.

Cela suppose, entre autres, la mise en place d?un système sophistiqué d?embarquement et de débarquement des agrégats, tant au Port Louis (Quai Ouest) qu?à Diego Garcia. Et si survient le moindre... macadam, bloquant le bel engrenage mis en place, les clauses de pénalité entrent automatiquement en action, pouvant mettre en cause la profitabilité du projet.

UBP doit non seulement pouvoir garantir au départ la production des agrégats, leur embarquement à bord de cargos d?un type bien particulier, la disponibilité de ces cargos aux dates imposées et la réussite de l?opération débarquement à Diego.

Si Maurice obtient ce contrat, il faudra prévoir une somme de Rs 30 millions pour équiper le Quai Ouest d?un système d?embarquement d?agrégats à l?aide de bandes transporteuses. Ce quai sera le seul de la région à pouvoir disposer d?un tel équipement. Ce dernier pourra bien sûr être utilisé pour d?autres matériaux. Il pourra notamment servir au débarquement du charbon de terre si jamais Maurice songe à utiliser ce combustible pour alimenter des centrales thermiques pour produire de l?énergie électrique. Le même procédé de débarquement devra être mis en place à Diego Garcia.

Le contrat d?aménagement d?une base nucléaire à Diego Garcia est déjà alloué au consortium anglo-britannique Raymond-Brown and Root Mowlen.

Et que deviennent nos frères et s?urs chagossiens et le calvaire enduré par eux à Maurice ? Vous ne trouvez pas qu?il y a déjà assez de macadams !

Il est aussi question du contrat décroché par un consortium mauricien, composé de la General Construction Co Ltd et de la Building and Engineering pour divers travaux, entre autres de charpenterie et de menuiserie, à effectuer à Diego Garcia. Ce besoin de charpentiers est dû au fait que les Américains tiennent compte de la présence d?une nappe d?eau souterraine sous un site donné et préfèrent avoir recours à des unités de préfabriqués plutôt que de prévoir des logements en béton.

Il s?agit d?un complexe résidentiel de 200 000 pieds carrés. Les unités de logement, qui y seront construites, sont destinées aux employés des contracteurs anglo-américains. Le sous-contrat, obtenu par la partie mauricienne, est d?une valeur d?un million de dollars. Quelque 270 Mauriciens seront affectés aux travaux à Diego Garcia. Ils se rendront aux Chagos par petits groupes hebdomadaires, s?échelonnant sur deux ou trois mois. Ils seront sous contrat pendant six mois après quoi, ils retrouveront leur emploi dans leur firme respective. A Diego, ils toucheront Rs 2 500 à Rs 3 000 par mois. Ils seront logés, nourris, blanchis. Un officier de bien-être sera à leur disposition. MM. Jean-Paul Adam de la General Construction et Roger Dalais de Building and Engineering accompagneront le premier groupe d?ouvriers mauriciens.

En 1981, on assiste à des essais, malheureusement sans lendemains, de constructions préfabriquées. La General Construction et la Building Engineering mettent au point leurs propres prototypes. Un troisième groupe utilise le procédé de dalles Spiroll.

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