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Opposition : Cohésion de façade

5 novembre 2006, 00:00

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L?opposition avait annoncé, lors de ses réunions et meetings précédant la rentrée parlementaire de mardi, qu?elle allait « faire feu de tout bois ». L?Aston Martin récemment achetée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, la demande d?une compensation salariale additionnelle, et le récent rapport du Fact-Finding Committee sur la Business Parks of Mauritius Limited qui vient jeter le doute sur la gestion de la cybercité par le précédent gouvernement, autant de sujets à polémique. Tout laissait présager que la rentrée parlementaire serait explosive. Elle n?a été que tiède. Vraisembla-blement à cause du manque de cohésion dans les rangs de l?opposition.

La Private Notice Question de mardi sur la nécessité d?octroyer une compensation salariale additionnelle aurait dû donner le ton de l?engagement de l?opposition. Mais devant l?inflexibilité du Premier ministre l?opposition a vite fait d?utiliser toutes ses cartouches sur le sujet. Oubliés les tirs croisés. C?est donc lors de la session de questions- réponses qu?elle pouvait encore se rattraper. Mais là encore le manque de concertation avant de rédiger les questions a semblé évidente, tant les questions dupliquées étaient nombreuses. Notamment sur les missions du Premier ministre à l?étranger, ou encore le vol d?une caméra de la MBC. Une cacophonie qui a permis à Ramgoolam d?expédier d?autant plus vite l?affaire en déclarant « I am tabling a statement giving the information requested » à toutes les questions posées en double.

Ce n?est donc pas à travers les questions parlementaires des deux partis de l?opposition qu?on a ressenti de la cohésion. Toutefois, Paul Bérenger allait sauver la mise en amenant l?opposition à réagir comme un seul homme lors du statement d?Étienne Sinatambou, ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications sur le rapport du FFC sur BPML.

En faisant son walkout durant ce statement, Paul Bérenger a réussi à drainer derrière lui tous les autres membres de l?opposition. Bien que le leader de l?opposition, Nando Bodha semblait plutôt surpris par la soudaine initiative prise. Mais aussitôt sortis, aussitôt séparés.

<B>Remettre les choses dans leur contexte</B>

Car les deux groupes parlementaires se sont adressés à la presse séparément, alors que comme le souhaitent certains parlementaires, une conférence de presse commune aurait eu plus d?impact et démontré la détermination de l?opposition de faire front au gouvernement. « L?apparente bonne volonté » de retravailler ensemble, comme avait déclaré par Pravind Jugnauth, lors de sa dernière conférence de presse avait, parait-il, disparu.

Comment créer cette synergie que d?aucuns pensent vitale pour contrer le gouvernement ? Selon Jayen Cuttaree, du MMM, il faut pour bien comprendre cette situation pour remettre les choses dans leur contexte.

Alors que les deux partis se présentaient ensemble aux élections générales de 2000, affirme Cuttaree, il était convenu que le Premier ministre serait sir Anerood Jugnauth. Or, même si le MSM avait obtenu moins de sièges que le MMM, cet engagement avait été respecté. Après le départ de Sir Anerood pour Le Réduit, Paul Bérenger à accédé au poste de Premier ministre.

Aux élections de 2005, l?alliance est battue. Paul Bérenger devient le leader de l?opposition. D?aucuns se seraient alors attendus à ce que le MSM adhère au même principe dans l?opposition.

Toutefois, Jayen Cuttaree, estime que le MSM et le MMM ont le mê-me objectif, celui d?acculer le gouvernement au Parlement. Comment expliquer alors, que cette action ne connaisse aucun prolongement dans l?Assemblée?

<B>Une décision éminemment politique</B>

Jayen Cuttaree répond que pour que les deux partis puissent travailler dans une cohésion parfaite, le passage obligé serait une concertation au plus haut échelon de ces formations.

« C?est une décision qui ne peut être tranchée qu?au niveau de la plus haute instance politique. » Voilà la réponse. Si l?opposition parlementaire semble unanime sur la nécessité de faire bloc contre le gouvernement, les membres les plus influents sont pleinement conscients que l?unité de leurs forces bute sur des difficultés.

Numériquement, le MSM aurait plus de députés, depuis le départ du PMSD de l?alliance de l?opposition. Le MSM, détient deux leviers dans l?opposition avec un leader de l?opposition et un Chief Whip.

Or, comme les deux blocs opèrent d?une façon très distincte, il y a forcément une difficulté dans le mode d?opération au sein de l?opposition parlementaire. Pour Nando Bodha, le MSM est le principal parti de l?opposition. Il rejoint Jayen Cuttaree sur le regroupement des forces et déclare « que c?est une décision éminemment politique et que cette question ne peut être tranchée que par les leaders des deux partis ».

Il est clair que seule une coordination au plus haut niveau politique pourra amener cette unité au niveau parlementaire. Entre-temps, confie Nando Bodha, il y aura une sorte de conjugaison spontanée au niveau parlementaire, comme cela s?est fait lors du walkout en protestation contre la déclaration du ministre de la Technologie informatique et des télécommunications .

La situation risque de perdurer aussi longtemps que le n?ud gordien ne sera pas tranché. Unité de façade en attendant l?unité retrouvée.

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