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«Home sweet home»

4 novembre 2006, 00:00

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Un chez soi bien à soi. Reflet de ses goûts, de la quantité de ses sous. Coussins douillets, décor dépouillé. Tout un ameublement en fer forgé.

Tout est permis dès qu?il s?agit d?être confortable. De rentrer à la maison, de fermer la porte au monde extérieur, de ne recevoir que ses amis. Le confort a aussi un prix. Nous avons pratiqué ceux du Salon de la Maison, au Centre de conférences Swami Vivekananda à Pailles. L?événement, qui prend fin demain, est organisé par Publipromo.

Mario et Catherine Seblin, eux, n?ont pas attendu la fin. Ce couple de Calodyne a profité du jour férié (jeudi) pour faire la tournée des stands. Dans un couloir, ils croisent des connaissances. «Eh toi, t?as vu les coussins : des merveilles. On en a pris dix.» Les autres rient, demandent le prix. Et lancent avant de continuer leur chemin : «C?est pour cela qu?il n?en reste plus.»

Aussitôt qu?ils sont partis, nous plongeons à notre tour dans l?un des sacs en plastique que tient Catherine Seblin. Pour Rs 400, le couple s?est offert dix paires de coussins. «On est très déco», explique notre interlocutrice. Nous flairons le bon chic bon genre. Le décor classique à la «Roche-Bobois» (marque de mobilier française qui fait dans le haut de gamme, à ne pas confondre avec Rose-Bobois), précise la cliente potentielle du Salon.

Visiblement au fait des tendances, elle nous parle du look en organza, tout en couleurs vives et chaudes dans lesquelles elle a choisi d?habiller son intérieur. «Avec un décor classique, il faut qu?il y ait un peu de couleurs. Nous avons aussi aménagé un petit salon typiquement africain.»

«Le Mauricien est très matérialiste»

Á la flamme qui pétille dans son regard, à ses mots tranchés qui indiquent un goût affirmé, Catherine Seblin nous donne terriblement envie de visiter son intérieur. Surtout quand elle ajoute que sa «folie», ce sont les tableaux. Pas les pâles copies de maître que l?on trouve jusque sur les trottoirs. Non. De l?art mauricien, notamment des paysages réalisés par des peintres locaux.

Exemple à l?appui, elle nous raconte comment, pas plus tard qu?il y a deux semaines, le couple a visité l?exposition de tableaux d?Hervé Frédéric.

Ce paysagiste à la facture classique a montré son travail au foyer du théâtre du Plaza. Une scène rodriguaise a séduit le couple Seblin, au point de figurer en bonne place désormais chez eux. Un achat qui se situe dans la fourchette Rs 5 000 à Rs 10 000.

Pour Mamade Lallmohamed, le tableau est bien un cadeau, mais pas pour lui. Plutôt pour Vivek Ramtohul, enseignant à l?école Madhoo Gopaul. «Li merite, li finn bien travay avek nou tifi ki finn kompoz CPE.» Dans le cadre en bois chargé de dorures : des chevaux courent. Belle allégorie pour dire la course aux A+. Sûrement que les Lallmahomed n?ont pas fait exprès, ils voulaient seulement faire plaisir.

Justement, quand l?autre nom du confort est le contentement. Se faire plaisir. Une vendeuse de parfums haut de gamme partage avec nous un brin de sagesse populaire. « Est-ce que vous avez besoin de parfums chers pour vivre ? Certains vous diront oui. Peut-être même qu?ils vont se priver de choses que les autres jugent plus essentielles, juste pour s?acheter ce parfum. Zot deranze pou vinn aste bann kitsoz sa pri la. Le Mauricien est matérialiste. Kant mem sezi demin, li pa kass latet.» Au bout du compte, est-ce cela le «vrai» confort ? Cet état au-delà du seuil de la nécessité ?

Plus terre à terre, Jean Paul Wan Khin lui, est préoccupé par la sécurité. Il interroge longuement l?un des vendeurs au stand de rideaux antivol coulissants. «J?ai l?impression que le nombre de vols augmente. J?ai déjà fait installer les antivols, maintenant je réfléchis aux alarmes de sécurité.» Résultat des courses pour ce sales executive, qui habite Albion : Rs 45 000 pour les antivols et Rs 25 000 pour l?alarme automatique. Qui a dit que la sécurité n?a pas de prix ?

Nous voulions une image du confort. Celle de Ramesh Basenoo président du conseil de district de Grand-Port- Savanne, calé dans un fauteuil en bois qui vaut son pesant d?or. Ses préférences vont aux «meubles pas communs, au design simple, artistique et créatif». Des objets faits main qui gardent un «cachet traditionnel qui égaye la maison».

Interrogé plus avant, il nous explique sa passion pour les objets qui «pe koz ar ou».

En clair, une décoration qui dévoile une nouvelle facette, un nouveau détail, à chaque fois que vous prenez le temps de le contempler. Ramesh Basenoo ne fait pas de budget pour ses acquisitions. Il fonctionne au coup de c?ur. Construisant son intérieur pièce par pièce. Pourvu qu?il y ait l?ivresse.

Quand les tendances tiennent Salon

Organisateur du Salon de la Maison, Didier de Senneville de Publipromo nous parle d?un événement désormais attendu par nombre de ceux ayant des projets de construction ou de re-décoration. «Le Salon est un espace où est exposé le dernier cri du confort moderne. C?est un public très avisé qui vient prendre les brochures, poser des questions. à côté de ceux qui viennent pour investir, il y a évidemment ceux qui viennent pour rêver», explique-t-il.

Interrogé au sujet des innovations, il établit le parallèle entre «l?autrefois où l?on se contentait d?une cuisinière et d?un évier» et l?aujourd?hui où «la sophistication n?a plus de limites. Le plan de travail est en chêne. On installe même son salon, ses fauteuils en cuir dans la cuisine pour que toute la famille y vive.»

Notre interlocuteur se souvient aussi du temps où la climatisation à domicile était un grand luxe. «Avec la baisse des prix (vous trouverez au Salon certains produits qui sont moins chers que l?an dernier), ce type de produits est plus répandu.» Didier de Senneville est d?avis que le Mauricien, très attaché à la famille est, «disposé à aller assez loin pour son confort. La maison, c?est l?aboutissement de son travail.»

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