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La nouvelle conquête du dragon
Par Akilesh ROOPUN
Le géant chinois affiche ses grandes ambitions africaines en organisant le ?Forum on China-Africa Cooperation? (FOCAC). La coopération Sud-Sud retrouve aujourd?hui une nouvelle vitalité avec cette nouvelle ère de rapports économiques qui s?annonce entre le continent noir et la Chine.
Maurice qui est en quête d?une nouvelle impulsion à son économie essaye de capitaliser sur cette offensive chinoise en Afrique. La visite du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en Chine, sera l?occasion pour les gouvernements des deux pays de se pencher sur un vaste projet d?investissement (à l?échelle mauricienne) chinois à Maurice. Si ce projet se concrétise, dans les années à venir, elle donnera un grand coup d?accélérateur à la transformation du paysage économique du pays.
Un village industriel intégré, tel que préconisé par les Chinois, est un concept original. Il s?agit d?un espace d?affaires dédié exclusivement aux entreprises chinoises. Celles-ci seront engagées dans plusieurs activités manufacturières et de services tels les technologies de l?information et des communications, l?ingénierie légère, le textile-habillement.
Le groupe Tianli qui est déjà présent dans l?industrie de la filature à Maurice est la cheville ouvrière de ce vaste chantier. Les activités seront principalement axées sur l?exportation vers les marchés africains.
Une grosse part des investissements chinois en Afrique ira dans les activités minières et dans l?exploitation du pétrole. La Chine veut développer des sources de matières premières sûres sur lesquelles elle peut compter pour maintenir son rythme de croissance. Elle se tourne vers les pays africains qui regorgent de ces ressources et qui sont aujourd?hui beaucoup plus ouverts aux investissements étrangers.
Le projet mauricien des Chinois ne suit pas cette logique. Les entreprises chinoises cherchent surtout à contourner les obstacles commerciaux afin de pouvoir exporter dans des marchés difficiles. Les blocs régionaux tels le Common Market of the Eastern and Southern Africa et la Southern African Development Community auxquels appartient Maurice ouvrent aux opérateurs un accès préférentiel.
En tout cas, il cadre parfaitement avec la volonté du pays de se transformer en une plate-forme d?affaires ouverte. L?idée du village industriel intégré serait un ?test case? évident pour d?autres ambitieuses quêtes de capitaux et de savoir-faire industriel.
La Chine est un des principaux exportateurs d?investissement extérieurs directs (IED) parmi les pays émergents. D?ailleurs, elle compte créer dix villages industriels intégrés à travers le monde. Maurice pourra s?insérer dans des chaînes de valeur mondiales en passant à des activités plus avancées, si elle parvient à se faire une place sur la nouvelle carte industrielle que les Chinois sont en train de dessiner.
En attendant de convaincre les entreprises indiennes de la portée stratégique du ?gateway? Maurice en ce qu?il s?agit des exportations et des investissements sur le continent africain.
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