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KMS Ltd, la colère du sac en plastique
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KMS Ltd, la colère du sac en plastique
La taxe sur les sacs en plastique fait un malheur chez les principaux fabricants. Mais il y a de ceux qui ont su tenir le pari. Le groupe KMS s?est installé, depuis peu, dans ses locaux à Petite-Rivière, produisant toujours des sacs, pour une base de clientèle diversifiée, à coup de réinvestissement. Rude cheminement, résume le directeur, Philippe Koo, très critique à l?égard des institutions financières du pays.
Tout débute à Coromandel, en 1978. Dans un local loué à une roupie le mètre carré, l?entreprise, composée de deux machines et trois employés, dont le directeur, produit des sacs en plastique pour y glisser chemises et pantalons que produisent les usines à la chaîne.
?À l?époque, la zone franche avait à peine démarré à Maurice. Les sacs en question étaient importés de Hong Kong et j?étais un agent dans ce business. Et je me suis demandé pourquoi ne pas lancer ce business à Maurice?, relate Philippe Koo.
La première commande fait peur, soit un million de sacs en plastique, à fournir dans un délai restreint. Assurer l?avenir de l?entreprise ou périr avant même de démarrer. Au même moment, la banque rechigne à lui avancer la somme de Rs 100 000 pour se procurer des matières premières de l?étranger. Le patrimoine paternel lui vient à la rescousse.
Et aujourd?hui, le groupe KMS est installé dans ses bâtiments de 2 000 mètres, sur des terres de quatre arpents, construits au coût de Rs 40 millions. Il emploie 80 personnes, dont une vingtaine d?Indiens. Le chiffre d?affaires annuel avoisine les Rs 75 millions.
Mais les écueils d?hier n?ont cessé de miner l?expansion du groupe. Philippe Koo le concède. Les banques ont toujours résisté à lui avancer de l?argent pour développer son usine. Auparavant, le crédit-bail n?existait pas. Et, non sans fierté, il affirme que c?est chaque sou de ses profits accumulés sur deux à trois ans qui a été réinjecté dans les équipements.
<B>De gros acheteurs décommandent </B>
Ce qui ne l?empêche pas de fulminer. ?Pour ouvrir une ligne de crédit ou obtenir une avance de Rs 100 000 à Rs 200 000 dois-je mettre mes biens immobiliers en gage ? Au Japon, si une banque n?accorde pas d?emprunt à une entreprise, c?est l?État qui s?en charge pour chercher les raisons?, fait-il ressortir, en brandissant des lots de documents.
Après avoir été au c?ur de la zone franche dans les années de boom, le directeur du groupe KMS s?interroge sur le bien-fondé de la mesure budgétaire de Rama Sithanen, qui introduit une taxe de 15 % sur les sacs en plastique disponibles dans les commerces. Du jour au lendemain, affirme-t-il, de gros acheteurs ont décommandé. Des usines sont maintenant en proie à de graves difficultés financières.
Loin des tumultes, le groupe KMS a su diversifier au bon moment, grâce aux accords avec des usines de textile, des boutiques et des acheteurs du continent africain. L?expansion continuera, assure Philippe Koo.
Avant d?en arriver là, souligne le directeur, il lui faudra résoudre la dure équation des grains de plastique dont le prix ne cesse de grimper sur le marché mondial, et la disponibilité des banques à lui avancer de l?argent pour constituer son stock trimestriel de matières premières?
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