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La privatisation de la Central Water Authority enclenchée

30 octobre 2006, 00:00

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Un manque à gagner d?au moins Rs 1 milliard au cours de ces cinq dernières années. C?est ce que connaît la Central Water Authority (CWA), principalement à cause des fuites sur son réseau. Or, elle n?a pas les compétences techniques pour venir à bout de ce problème qui perdure depuis des années.

La solution serait donc de confier sa gestion à une entreprise étrangère privée. Un rapport d?un comité présidé par le ministère des Services publics sera donc présenté au gouvernement à ce sujet d?ici un mois. A la suite des élections de 2005, le nouveau directeur de la CWA, Robin Soonarane, avait en effet décidé, avec l?aval du ministère des Services publics, de rouvrir le dossier relatif à la privatisation de cet organisme, comme recommandé par l?International Funding Corporation (IFC) en 2004. Le rapport confidentiel de cette filiale de la Banque mondiale avait dormi au fond d?un tiroir en raison de l?approche des élections.

Harry Boolauck, qui a tout récemment succédé à Robin Soonarane à la tête de la CWA, confirme que ?ce rapport de l?IFC a été rouvert. Il est effectivement à l?étude par un comité présidé par le ministère des Services publics depuis assez longtemps. Un rapport sera soumis bientôt au gouvernement et c?est au cabinet de décider de la marche à suivre en termes de management contract qu?il faudra pour la CWA.

<B>Compteurs défectueux</B>

Il précise qu?on ne peut ?aveuglement octroyer de contrat de gestion à une firme étrangère sans étudier les implications, les paramètres. Il faut que la CWA soit gagnante ainsi que les consommateurs avec ce management contract ou la formule Private Public Partnership (PPP).?

D?ailleurs, un haut responsable de l?IFC, M. Samuel, des Etats-Unis, était à Maurice le mois dernier pour faire le suivi des travaux du comité présidé par le ministère des Services publics. Il comprend également la CWA, la Wastewater Management Authority, les ministères des Finances et des Infrastructures publiques. Le comité compte orienter ses recommandations vers la privatisation ou le PPP.

Un proche de ce secteur affirme que ?la CWA n?a pas d?autre choix, elle a accumulé beaucoup de retard et doit, pour sa survie et pour répondre aux besoins des consommateurs, opter pour la privatisation, comme l?ont recommandé les experts de l?IFC.?

La CWA avait connu une forme de privatisation en 1999 avec le Parti travailliste au pouvoir. Ce contrat de gestion octroyé à l?entreprise Vivendi-Lyonnaise des Eaux a été résilié en 2000 avec l?arrivée au pouvoir de l?alliance MSM-MMM. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre, d?alors, sir Anerood Jugnauth, avait fait appel à l?IFC pour conseiller sur la meilleure façon de gérer les problèmes de la CWA.

Ce rapport avait fait état de fuites dans le réseau de l?ordre de 46 %, sans compter les fraudes et les compteurs défectueux. Il avait expliqué que la CWA ne dispose pas de technologie de pointe telle que l?ultrason pour détecter les fuites d?eau en profondeur. Elle ne peut gérer ses réservoirs à long terme à travers une simulation de réservoir en temps réel. Les experts avaient recommandé l?introduction de la télémétrie, une technologie utilisée dans de nombreux pays développés pour mieux gérer les ressources en eau.

Si le cabinet donne son aval pour enclencher la privatisation de la CWA, à travers la formule de PPP, l?IFC aura pour tâche de préparer les documents en vue de lancer un appel d?offres international. Cet appel d?offres indiquera clairement quel type de gestion le gouvernement mauricien souhaite pour la CWA et la durée du contrat.

Un haut responsable dans le secteur technique à la CWA précise que tous les détails devraient figurer dans cet appel d?offres. Il est aussi prévu que la formule de concession soit appliquée à cette privatisation de la CWA. Cela veut dire que toutes les infrastructures vont demeurer la propriété de la CWA mais le partenaire privé sera responsable des investissements et de la gestion de cette entreprise.

Plusieurs firmes étrangères se sont taillé une réputation mondiale dans la gestion de l?eau, notamment Thames, Severn Trent en Grande-Bretagne, Vivendi, Suez, Lyonnaise des Eaux en France. En réduisant les fuites d?eau et en les ramenant à 25 % sur quatre ans, le partenaire privé sera gagnant car il aura beaucoup plus d?eau à vendre.

<B>Pas de hausse immédiate</B>

Harry Boolauck ajoute que privatisation ne veut pas dire perte d?emplois ni hausse des tarifs. Il faudra toujours des ressources humaines pour creuser des trous pour détecter des fuites, des plombiers pour intervenir sur le réseau, des techniciens, etc. ?Au contraire, grâce à cette formule de partenariat avec le privé, si le gouvernement le souhaite, l?île Maurice pourra même vendre ses services aux pays de la région dans le secteur de l?eau. Ce qui n?est pas le cas pour le moment. On pourra même investir dans un business lucratif, embouteiller l?eau de source et pourquoi pas la vendre sur le marché local et de l?exportation.?

Il précise d?autre part que PPP ne veut pas dire hausse des tarifs immédiate. ?L?objectif c?est d?offrir un service de qualité aux consommateurs pour ce qu?ils paient. Avoir de l?eau régulièrement.? A titre comparatif, un mètre cube d?eau coûte Rs 4,50 à Maurice, Rs 12 à Madagascar et entre 16 et Rs 17 dans de nombreux pays d?Afrique et autant dans les pays d?Europe de l?Ouest.

Un haut responsable dans le secteur de l?eau explique que ?si l?on maintient le statu quo, les Mauriciens connaîtront toujours des problèmes d?eau. A quoi bon investir des centaines de millions de roupies dans des réservoirs si on perd 46 % d?eau dans les fuites et on n?arrive pas à les repérer et les réparer ??

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