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Ils ont un handicap physique et ils sont actifs
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Ils ont un handicap physique et ils sont actifs
On ne présente plus Girish Hurloll, la star du concours de chant Hum Bhi. Il a 18 ans, il habite Trou-D?Eau-Douce, il est malvoyant depuis l?âge de deux mois et c?est un grand chanteur. Des professionnels l?ont d?ailleurs approché pour chanter pour un film indien et il s?envole pour l?Inde en novembre pour montrer ses talents.
Aarti Burtony, qui a 20 ans, et Trivita Mathoora (voir encadré) qui en a 22, ont beau être aveugles, elles étudient en ce moment, à l?université de Maurice. Dharmanand Kunniah arrive difficilement à se mouvoir. Qu?importe, il a réussi son BSc en économie à l?université de Maurice et il travaille actuellement à la HSBC de Curepipe.
Il y a aussi le cas de Sarwan Custnea et Sailesh Ramsaha. Leur handicap physique ne les empêche pas de briller dans le sport et au niveau africain. Quant à l?avocat Coomara Pyaneandee (voir encadré), également Chairman du Training & Employment of Disabled Persons Board (TEDPB), il est la preuve même qu?on peut être malvoyant et avoir sa place au barreau.
« Une ?inclusive society?où chacun a sa place »
Toutes ces personnes, nous les avons rencontrées le 25 octobre à l?université de Maurice. Le TEDPB et le Loïs Lagesse Trust Fund ont organisé une réception pour rendre hommage à leur courage et leur participation active dans la société. « On a voulu à travers cet événement, sensibiliser le public au sujet des handicaps, montrer que les handicapés font partie intégrante de notre société et faire en sorte que nous ayons une inclusive society où chacun a sa place », explique Chetanand Bundhoo, General Manager de TEDPB.
Ce board, qui a été mis sur pied en 1996, a pour but d?assister les handicapés dans la formation et de les aider à trouver du travail. Il a aussi pour mission de veiller à ce que leurs droits soient respectés, de travailler en collaboration avec l?État, les ONG et les entreprises privées pour assurer le bien-être des handicapés. « Maurice compte environ 40 000 handicapés et en mars 2006,
le gouvernement a dévoilé une nouvelle stratégie pour le secteur, c?est-à-dire valoriser les personnes à travers les principes de Rights, Choice, Independence and Inclusion », souligne le directeur de TEDPB.
Les deux témoignages qui suivent sont des exemples vivants du vécu de nos handicapés. Ils ont certes besoin de plus de volonté pour réaliser leurs projets. En sus d?une multitude d?obstacles face auxquels ils ne peuvent rien, ils espèrent que la société ne les enferme plus dans des « préjugés ».
Trivita Mathoora, étudiante en histoire et affaires internationales
« J?ai arrêté de voir de l??il droit à cinq mois. J?ai ensuite perdu mon ?il gauche à l?âge de quatre ans. Si j?ai des moments de déprime quelquefois à cause de cela, je dois dire que je ne le vis pas si mal. C?est plus facile quand on est non-voyant depuis petit. Et puis, c?est vrai que je ne peux pas voir physiquement, mais je vois au-delà des choses, je les comprends, je les sens et peut-être même que je vois mieux que les voyants.
Je voulais étudier la psychologie. C?est un domaine primordial dans notre société. Mais comme ce cours n?est pas disponible à Maurice et que je ne pourrai pas me débrouiller seule à l?étranger, j?ai opté pour l?histoire et les affaires internationales à l?université de Maurice. Cela permet de comprendre la civilisation.
Je voudrais d?ailleurs remercier la faculté des sciences sociales, mes amis et les professeurs. Ce n?est pas facile non plus pour eux. Je suis plus lente, il faut m?accorder plus de temps et ma machine à écrire le braille est bruyante et peut gêner. Mais je sens qu?ils me comprennent. Je dois beaucoup aussi à Madame Gungaram du Centre Loïs Lagesse qui transcrit mes bouquins en braille et ma mère qui m?accompagne à l?université et s?occupe de mes livres.
Le bonheur, c?est de pouvoir réaliser ce que l?on veut faire. Je suis en troisième année universitaire et je crois que j?ai accompli déjà beaucoup. Mon désir, c?est de vivre normalement, de trouver un travail après ma licence. J?aime écouter les films français, ils sont plus proches de la réalité, j?aime aussi la musique. Pour moi, la musique et l?amitié sont deux des plus belles choses de la vie. Mon regret : je ne peux lire que les bouquins scolaires. Mon rêve serait de pouvoir étudier de près le système planétaire, il est tellement fascinant. Si je pouvais recouvrer la vue un instant, je voudrais voir mes parents. Me voir aussi? »
« Si vous regardez bien autour de vous, nous sommes tous confrontés à des handicaps dans la vie. Certes, être malvoyant, c?est affronter encore plus d?obstacles. En d?autres mots, on est condamné à toujours trouver des moyens pour surmonter le handicap. C?est à la fin une question de discipline et d?efforts.
Aujourd?hui, il ne faut plus rester renfermé sur soi et se mettre dans la peau d?une victime. Au contraire, il faut être daring et provocative, déclencher la réflexion chez les gens, s?imposer dans le monde pour que les autres comprennent que finalement vous n?êtes pas si différent d?eux. Avant, on croyait bien que les filles avaient un handicap parce qu?elles ne grimpaient pas aux arbres. C?est la preuve que la société ne sait pas tout, que les gens ont parfois des problèmes dans la tête.
Évidemment, les handicapés veulent vivre comme tout le monde, être acceptés, avoir la possibilité d?aller aussi loin qu?ils peuvent. Ils ne veulent pas de discrimination ni positive, ni négative. Ils veulent que lorsque les gens les regardent, ils voient leurs potentialités et non leurs incapacités et déficiences. Ils veulent pouvoir vivre leurs aspirations, qu?on mette à leur disposition le support nécessaire pour qu?ils atteignent leurs buts.
Je peux comprendre que parfois les gens ont peur d?approcher un handicapé parce qu?ils ne savent pas trop comment s?y prendre. Les handicapés aussi ont peur d?approcher les autres par peur d?être maladroits. Là encore, il y a une issue. La maladresse n?est pas réservée qu?aux handicapés et c?est un défaut qui se corrige. C?est donc le mindset qu?il faut changer. Et cela ne dépend pas que de nous mais de tout un chacun. »
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