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Le bref repos de nos petits guerriers

29 octobre 2006, 00:00

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Le calme est apparent. Les quelque 30 000 candidats au Certificate of Primary Education (CPE) n?auront que très peu profité de ce week-end de trêve avant la reprise des examens tant redoutés. L?ombre de l?histoire-géographie et des mathématiques, les deux matières qui les attendent lundi et mardi, plane encore sur leurs petites têtes.

Pas question de se laisser aller. Dans la course au A +, les parents se sont aussi investis à fond. Ils jouent le rôle de coach et de mentor. Et c?est bien malgré eux qu?ils harcèlent presque leurs gamins pour qu?ils apprennent leur leçon. « Un dernier effort et tu pourras regarder la télévision autant que tu le voudras », dit Daniella Dévaux à sa fille Shannen, 11 ans, scolarisée au C?ur sacré de Jésus, à Port-Louis. Les chaînes de télévision satellitaires ont été déprogrammées exprès pour la bonne cause, privant du coup toute la famille des chaînes payantes?

Le CPE est vécu comme un cauchemar. « Ce n?est qu?à la proclamation des résultats le 16 décembre que la tension va tomber. Entre-temps, c?est un stress permanent. Si Shannen n?obtient pas de bonnes notes, elle sera recalée. Je ne souhaite vraiment pas qu?elle passe encore une fois au broyeur du CPE », confie la jeune femme.

« Pas d?autre choix que de jouer le jeu »

La journée d?hier a donc été ponctuée de leçon d?histoire-géographie, matière que n?affectionne pas particulièrement la petite fille. Daniella s?est évertuée à la lui faire réciter. Les seuls moments de détente ont pris la forme d?Adrien, le petit cousin joufflu de Shannen. Quelques « coustics » sur le canapé, un peu de rigolade et la voilà de retour devant ses livres et ses cahiers. Une attitude studieuse qui disparaîtra dès la Form I, craint la maman. « On produit des machines à apprendre par c?ur. On les dégoûte des études, mais on n?a pas d?autre choix que de jouer le jeu. »

Autre famille, même scénario. Ryan Law, 11 ans, qui fréquente l?école Notre-Dame du Bon secours, à Port-Louis, s?accorde un moment de répit dans la boutique de décoration de sa maman, Madeleine. Seul écart de conduite ce samedi, jouer un peu au Gameboy et un déjeuner dans un petit restaurant de la capitale. « Il est un peu plus relax aujourd?hui parce qu?il a déjà passé trois des cinq matières », affirme sa maman. Après la virée, direction la maison pour les révisions.

Malgré son jeune âge, Ryan a l?air de bien supporter le stress. Ce n?est pas le moment de relâcher la pression après une année de leçons particulières six jours par semaine. Rentré à 19 heures, devoirs, puis les leçons à apprendre jusqu?à 21 h 30 et couché à 22 heures, c?est le rythme infernal auquel s?est soumis l?enfant qui a souhaité décrocher une place dans un collège d?élite.

« Cela a été dur pour nous aussi d?avoir à le faire travailler autant. Parfois, on n?avait pas le temps de se parler. Il s?est donné beaucoup de mal. Je serai triste s?il ne récolte pas ses A + », avoue Madeleine, tout en exprimant son adhérence au principe qu?il faut une dose de compétition en sixième. « Dans la classe », dit le jeune garçon, « tous les garçons veulent aller au collège Royal de Port-Louis. »

Comme tout parent, Madeleine est en droit d?espérer le mieux pour son fils, surtout après tant de sacrifices. Malgré l?optimisme affiché par Ryan, elle craint que l?exercice de notation ne vienne démolir ses espoirs. « C?est le flou de ce côté-là. Sur quels critères les examinateurs vont-ils se baser pour départager les enfants ? », se demande-t-elle.

C?est la raison pour laquelle les parents ne veulent rien laisser au hasard. C?est la dernière ligne droite vers l?accès à une star school. Pour le petit dernier qui a deux ans, Madeleine réfléchira à deux fois avant de l?inscrire à l?école publique.

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