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Les enfants-soldats abandonnés à leur sort

13 octobre 2006, 00:00

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L?organisation de défense des droits de l?homme Amnesty International a publié, avant-hier, un rapport sur les enfants-soldats en République démocratique du Congo, portant sur 2005 et 2006 dans les régions de l?est du pays et dans la capitale, Kinshasa.

?Au moins 11 000 enfants sont toujours dans les groupes armés ou ne donnent pas signe de vie, plus de deux ans après le lancement par le gouvernement d?un programme national destiné à libérer et réintégrer les enfants-soldats dans la société civile? congolaise, dénonce Amnesty. En juin 2003, dans le cadre du processus de paix et de transition politique, le gouvernement de la RDC avait lancé le programme Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), qui s?adressait aux quelque 150 000 combattants (troupes gouvernementales et groupes armés) dont 30 000 enfants-soldats, parmi lesquels environ 12 500 filles.

Le rapport s?attarde ainsi sur le sort réservé aux filles ?qui représentent 40 % des enfants utilisés par les forces et groupes armés?, selon Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d?Amnesty, qui précise que ?dans certaines régions, il y a moins de 2 % de filles parmi les enfants retirés des groupes armés et auxquels s?applique le programme de DDR?. Selon le rapport, la plupart d?entre elles ne sont comptabilisées nulle part, abandonnées ou faussement identifiées comme des ?dépendants? des combattants adultes. Beaucoup ont le sentiment de n?avoir pas d?autre choix que de rester dans le groupe armé car elles craignent d?être torturées ou tuées si elles essaient de s?évader. Traumatisées par des années de violence, elles ont parfois un enfant avec elle et ?peu d?efforts ont été faits pour veiller à ce qu?elles bénéficient du soutien et de l?assistance dont elles auraient pu se prévaloir?.

Inefficacité du programme national

Selon le rapport, les enfants démobilisés ? garçons ou filles ? ont trop rarement reçu les soins nécessaires et n?ont pu accéder à une scolarité normale ou à une formation professionnelle, certains ayant été enrôlés à l?âge de 6 ans. Lors des entretiens avec les délégués d?Amnesty International, des enfants ont indiqué qu?ils craignaient de devoir retourner dans des groupes armés, malgré les atrocités qu?ils y ont subies, simplement pour survivre.

?Non seulement le gouvernement n?a pas libéré les milliers d?enfants qui sont encore incorporés dans les forces ou les groupes armés, mais de nouveaux enfants continuent d?être recrutés, et c?est même le cas de certains jeunes récemment démobilisés qui avaient retrouvé leur famille?, ajoute M. Hondora. ?Le nouveau gouvernement doit faire sa première priorité de s?assurer que les enfants associés aux groupes armés soient libérés, protégés? et bénéficient d?opportunités en termes d?éducation ou de travail ?qui leur permettent de rester au sein de leurs communautés?, ajoute-t-il. ?C?est le seul moyen d?empêcher ces enfants d?être recrutés à nouveau ou plus tard abandonnés.?

© Le Monde 2006 Distribué par The New York Times Syndicate

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