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Isolation

13 octobre 2006, 00:00

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En 1951 sortait sur les écrans américains The Thing From Another World, film signé Christian Nyby. On y voyait le personnel scientifique et militaire d?une base américaine dans l?Arctique se faire mettre à mal par une créature végétale venue d?un autre monde. Malgré ses accents maccarthystes, ce thriller s-f était assez réussi à grâce à une bonne réalisation et quelques bonnes interprétations. Sans compter qu?il y avait aussi comme sujet la découverte d?une vie extraterrestre. Tant et si bien qu?en 1982, John Carpenter, maître du thriller s-f minimaliste et efficace, signait un beau remake intitulé tout simplement The Thing, avec de beaux effets spéciaux, un suspense qui allait en grandissant et une conclusion héroïque. Il y avait aussi derrière l?histoire, un discours politique cette fois plutôt libéral.

C?est à peu près ce même sujet qu?a repris le réalisateur irlandais Billy O?Brien pour son premier long métrage, Isolation, mais situant le récit dans une ferme en pleine campagne irlandaise avec seulement quatre personnages? et quelques vaches. Il est question cette fois, non pas d?extraterrestres, mais d?embryons bovins mutants et tueurs aux incisives acérées, sortant d?un f?tus de génisse, et capables de se déplacer en toute discrétion, de se multiplier exponentiellement, d?occuper un corps et de le dévorer de l?intérieur, cela va de soi. Et, bien évidemment, l?héroïne de cette histoire, celle qui s?en tirera, sera la jeune femme du groupe ; tout comme dans Alien. C?est dire à quel point il serait peine perdue de chercher quoi que ce soit de réellement original dans Isolation.

Étant aussi l?auteur du scénario, Billy O?Brien assume pleinement cette lacune et se permet même de friser par moments le ridicule, sachant que la force de son film réside dans le traitement du sujet. C?est une belle démonstration de ce qui peut être accompli avec un minimum de moyens, une solide écriture scénaristique et une excellente mise en scène.

Quel que soit le degré de ridicule qu?on pourrait trouver à certaines situations, tout, dans ce film, est fait pour nous amener à les accepter. Ainsi, lorsque dès le début la caméra s?attarde sur l?état de délabrement général de la ferme et qu?on voit la table de la cuisine couverte de factures, on comprend tout de suite que les affaires de Dan Reilly (John Lynch), le brave fermier, ne sont pas florissantes et qu?il est un homme désespéré. La présence des deux gitans (Essie Davis et Sean Harris) en fuite sur le terrain d?à côté ? Pas besoin d?explication, celle-ci n?ajouterait rien au récit, de toutes les façons. L?important c?est que pour sauver sa ferme, ce brave exploitant agricole ait été obligé d?accepter qu?un généticien ? Crispin Letts (travaillant pour une multinationale ? Probablement) se livre à des expériences sur ses vaches. Tout cela nous est exposé sans bavardage inutile.

On retrouve cette même recherche d?efficacité dans la mise en scène, bien des séquences se jouant sur un simple regard, avec en plus un véritable sens de l?opportunité pour ce qui est des moments d?horreur. Les scènes de l?accouchement de la vache, celle de la découverte du cadavre de la vétérinaire ou de l?attaque du f?tus n?étant que trois exemples parmi tant d?autres. On admirera surtout dans de tels moments, cet équilibre que l?auteur parvient à trouver entre ?gore? et suggestion, parvenant à tout montrer tout en gardant l?essentiel ? le monstre, notamment ? entouré de mystère.

Isolation n?est finalement qu?un film de genre appliquant des recettes maintes fois éprouvées. Mais celles-ci sont cette fois appliquées avec un tel talent que c?en est un véritable régal.

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