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Lithographie : imprimer sans se tromper

9 octobre 2006, 00:00

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Dessiner sur la pierre calcaire comme sur une feuille de papier. A l?encre ou au crayon gras, préciser les contours d?un paysage tourmenté. Ou plus prosaïquement, d?une tête de taureau. C?est désormais une réalité à l?école des Beaux-Arts du Mahatma Gandhi Institute (MGI) à Moka.

L?initiative est à mettre au crédit de Neermala Luckeenarain, responsable du département de gravure aux Beaux-Arts. Sous son impulsion, deux formateurs de la Visva Bharati University de Santiniketan, en Inde, sont à Moka pour une dizaine de jours.

Jusqu?à jeudi, Pinaki Barua et Nirmalendu Das apprendront aux élèves de quatrième année avec spécialisation dans la gravure, les rudiments du ?grainage?, c?est-à-dire le procédé de lissage de la surface des pierres, ce qui permet leur réutilisation. ?Ce n?est pas difficile mais il faut des muscles?, nous confie Yogeshwaree Lilkunt, l?une des étudiantes.

Il s?agit d?abord de polir la surface de la pierre avec du sable et de l?eau. Puis de répéter le mouvement régulier avec les particules plus fines de la poudre de carbone. ?La lithographie est l?une des techniques de gravure les plus sensibles?, explique Pinaki Barua. Une fois les pierres prêtes à l?usage, la main de l?artiste devra y tracer sans se tromper le dessin qu?il veut imprimer. Les formateurs initieront également les étudiants au maniement de la presse. Il s?agira alors pour l?artiste de graver une collection, en clair d?imprimer le même dessin plusieurs fois. ?On peut faire jusqu?à 150 copies, mais en général un artiste fait huit à dix tirages?, poursuit Pinaki Barua.

?La spécificité de cette technique c?est qu?elle permet de restituer plus de détails, comme les lignes fines ou les pointillés. Elle donne une plus grande liberté d?expression qu?à travers la gravure sur bois ou l?eau-forte?, précise Neermala Luckeenarain. ?C?est pour cela que les livres anciens ont été imprimés grâce à cette technique.? Les deux Indiens expliqueront la technique du blanc-noir et la chargée de cours prendra le relais pour ce qui est de la couleur.

Un travail de longue haleine

A titre de comparaison, le résultat des lithographies avec les pierres calcaires ressemble à celui obtenu avec l?utilisation des feuilles d?aluminium, provenant notamment des plaques offset utilisées dans l?imprimerie. C?est l?une des autres techniques qu?enseigneront les formateurs de Santiniketan.

La lithographie est une discipline qui pour l?heure n?est pas encore au programme des Beaux-Arts. ?Mais nous allons l?introduire pour les étudiants de dernière année jusqu?à ce qu?un remaniement du programme l?inclut formellement.? Pour Neermala Luckeenarain, c?est un travail de longue haleine qui aboutit avec cette nouvelle visite chez nous des deux formateurs et artistes de Santiniketan.

Pinaki Barua et Nirmalendu Das étaient déjà chez nous en janvier 2006 à l?occasion de l?atelier international de gravure, justement organisé par Neermala Luckeenarain et l?école des Beaux-Arts.

A l?époque, la presse pour lithographie (d?une valeur tournant autour de Rs 200 000) n?était pas arrivée à bon port.

Depuis 1994, la chargée de cours passionnée de lithographie, s?offre des séjours réguliers dans la grande Péninsule pour y pratiquer cet art. L?année dernière, elle a la chance de passer trois mois à Santiniketan, dans le Bengale, haut lieu de la connaissance où plane l?esprit de Rabindranath Tagore, fondateur de plusieurs écoles et universités. C?est le déclic. ?Je me suis dit pourquoi ne pas faire de la lithographie à l?école des Beaux-Arts.? Première étape : l?organisation de l?atelier international, puis la présente visite de Pinaki Barua et Nirmalendu Das.

EXPOSITION

Couleurs de Maurice dans le monde

■ Chargée de cours mais surtout artiste. A l?affût des manifestations internationales, Neermala Luckeenarain ne rate pas une occasion d?exporter l?art mauricien. Ainsi, ses ?uvres ont été exposées à Durban en Afrique du Sud. Thème de l?événement : la violence contre les femmes. Ce qui a inspiré un tableau centré sur le tsunami à l?artiste.

Une autre ?uvre de la Mauricienne est actuellement visible à la 12e Triennale de la gravure de Taiwan. Les créations signées Neermala Luckeenarain ont également retenu l?attention du jury de la 7e Triennale mondiale de l?estampe et de la gravure originale, à Chamalières, en Auvergne. Une manifestation qui a commencé le 7 octobre et qui se poursuivra jusqu?au mois prochain.

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