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La riposte d?une déesse
Ramayana revisited. Avec humour. Avec de constants voyages dans le temps. Bousculant les notions de rêves et de réalité. Le narrateur se débat.
Il a beau se pincer les bras jusqu?au sang et se donner des claques. Rien à faire. Impossible de se réveiller. Il faut accomplir sa destinée.
Le lecteur, pris par la main, par les tripes, par les sentiments, est entraîné dans le labyrinthe d?un rêve. D?un cauchemar, parce que le danger est souvent palpable.
Et si la fantaisie lui prend de formuler une question, il s?entendra dire : ?I knew this was Mithila. Indus Valley. India 1 000 BC. (Hey, don?t ask how, okay ? I just knew?)? Un narrateur qui sait aussi nous retenir par l?autodérision. ?Damn?If I had known (?) I would have worn my best too, and gone down there to hobnob with the chic of Mithila. Instead of huddling behind a pillar and almost losing control of my bowels as I became aware of the balcony guard.?
Seule bouée de sauvetage dans cet océan bleu comme les mythes, noir comme certaines réalités : Sita.
Version paradoxalement très personnelle
Pas l?innocente victime enlevée par Ravanna, incarnation du Mal, ?but divine co-mover of constantly renewed Cosmic Destiny?. Commentaire de Sooryakanti Nirsimloo-Gayan, préfacière de Return of the Goddess, roman fleuve de Kamini Ramphul publié à titre posthume par l?agence Immedia. Une ?uvre lancée la semaine dernière par le président de la République, sir Anerood Jugnauth.
Une version paradoxalement très personnelle (s?agit-il du rêve ? ou du délire structuré ?) d?un narrateur. Mais aussi universelle, car elle reprend les lignes directrices de l?épopée qu?est le Ramayana. Une reprise faite de chaleur (humaine mais aussi divine, comme les boules de feu du combat final).
Le tout cristallisé autour du personnage de Sita. Une déesse de retour parmi nous, qu?est-ce que cela pourrait donner ? Une star de cinéma (Kamini Ramphul nous balade du côté de Bollywood), une femme politique (elle a toujours les mots pour convaincre et galvaniser son entourage) ? Non. L?auteur choisit une jeune femme, élevée dans une région retirée, qui n?est jamais montée dans une voiture, qui n?est pas allée en ville, encore moins dans un hôtel.
?Her representation of Sita is the real tour de force?, commente la préfacière. ?Simply challenging the usual representation of the devoted wife who lovingly and dutifully follows her royal and divine husband into exile (?) Sita partakes of the essence of the divine on an equal footing with Him (?) vulnerable yet unsullied?.
Analyse motivée par le travail éditorial du duo Sooryakanti Nirsimloo-Gayan et Sushilla Gopaul. ?Kamini Ramphul had started dividing Return of the Goddess into parts and titling them, a task that she unfortunately left uncompleted?, explique l?éditeur Rama Poonoosamy. La mission du tandem : rendre Return of the Goddess compréhensible à tous ceux qui n?ont jamais lu le Ramayana. Nous en faisons partie. Return of the Goddess (451 pages) nous a captivés.
PARCOURS
Kamini Ramphul, partie trop tôt■ Née le 14 août 1965, Kamini Ramphul nous a quittés le 25 juin 2000. Trente-cinq ans de vie avec pour moteurs plusieurs passions. D?abord celle qui la destine à la filière scientifique. Et qui mène jusqu?au BSc en biologie marine obtenu au Queen Mary University de Londres. Un domaine qui lui ouvre les postes de l?enseignement avant que Kamini Ramphul ne devienne consultante en biologie marine.
Qui a dit que les sciences étaient incompatibles avec le goût pour la littérature ? La fiction, la philosophie, les grands classiques stimulent l?imagination de Kamini Ramphul, la poussant vers l?écriture. Son premier roman, ?The Winter Palace? est publié chez Minerva Press en 1994. Ses nouvelles figurent dans la Collection Maurice, publiée par Immedia de 1997 à 2000. Mieux, elle est lauréate du Prix Jacques Lacouture du Roman de la Jeunesse en 1997 avec ?Un jour dans l?autre monde?. Trois ans plus tard, sa pièce en trois actes Dead Black Garden lui vaut de recevoir le British Council ? Immedia Playwriting Award.
EXTRAITS
Night-time. City of Hardwar. State of Uttar Pradesh. India today
■ ?Let me go through all this again, like summarise it without the scripture quotes. So we can appreciate just how ridiculous it is?? Santosha suggested pleasantly. ?You want me to help you find a man. Good. And the only clue you have as to his whereabouts and his identity, is a poem, a riddle written a long, long time ago. Right?? (?)
?But that is not all. Oh no. Once you find this man, he must be protected from some ghastly evil power which you know nothing about, save that It hides in disguise and wants to corrupt the soul of this same man. For its own selfish purposes. And must therefore be discovered and neutralised. Or, horror, the whole of the Indian nation is lost, through THE man again. For he is called to be some great leader, and must perforce be kept pure. Right ?? (?)
?And now the best! To neutralise, whatever that means, this evil, whatever it may be, she,?- he pointed at the young woman and she met his protesting gaze calmly ? ?She comes forth! She, I am told, has the ?powers?, whatever that implies, to neutralise great evil. Right?? (?)
What do you think you are playing at, Brother ?? Santosha hissed, disgusted. ?What is this??
The New Ninja Turtles??
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