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Centre Idrice-Goumany : 25 ans + 12 de… conception
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Centre Idrice-Goumany : 25 ans + 12 de… conception
Septembre 1981, le Centre Idrice-Goumany voit le jour, douze ans après l’adoption d’une motion de Monaf Fakira, en date du 20 novembre 1969, réclamant sa construction. Tout vient à point à qui sait attendre. Cela explique peut-être la patience illimitée de la Plaine Verte qui ne désespère toujours pas de voir fonctionner adéquatement la foire de la Cité Gabriel-Martial et sa piscine couverte.
L’inauguration de ce centre social, fin septembre 1981, fournit l’occasion au président de la commission administrative nommée, le Dr K. Nundoochand, de rappeler les péripéties de la mise à exécution de ce projet.
Le Centre Idrice-Goumany coûte Rs 4,5 millions alors qu’on ne dispose initialement que de Rs 2,5 millions à cet effet. Le mobilier seulement coûte un demi-million. Le bâtiment couvre une superficie de 24 000 pieds carrés. Il comprend les bureaux du Bien-être social, des écoles maternelles, un court de badminton, un gymnase, une bibliothèque, une salle de lecture, une autre de conférence, un studio, une chambre noire pour photographes, une discothèque, une salle de jeux.
Nundoochand confesse qu’il s’agit sans doute d’une période record de gestation et peut-être même une des plus pénibles pour cette municipalité (NDLR : L’on ne sait si Rivaltz Quenette partage cette opinion pessimiste). L’accouchement, non plus, n’est pas de tout repos ni sans douleur. Il nécessite, en fait, une vraie césarienne, pratiquée par le ministère des Finances.
Après la décision municipale du 20 novembre 1969, suit un gel du projet pendant cinq ans. Officiellement, la raison en est le manque de fonds. La présence de Gaëtan Duval sur le fauteuil mairal pourrait aussi expliquer cela. Décembre 1973, opération travailliste PMSD nous pas lé dans conseil minisipal, suivie de la nomination d’une première commission administrative. Les cordons de la bourse s’entrouvrent. Il faut quand même attendre le 6 janvier 1975 pour voir poindre une première lueur d’espoir : le ministère des Administrations régionales, dirigé par Jean Ah Chuen, serait en faveur de centres sociaux municipaux. Les promoteurs du futur Centre Idrice-Goumany se remettent au travail et soumettent les plans définitifs, œuvre de MM. Raouf Ramdin et Gérard Lefébure. La commission administrative les approuve le 24 novembre 1976. Il était temps car les élections municipales, attendues depuis 1972, ont lieu au mois d’avril suivant. Elles permettront au MMM de contrôler les rouages municipaux du Port Louis.
L’on recommande alors un travail d’équipe entre techniciens municipaux et ceux du ministère des Travaux. Cette suggestion ne fait pas l’unanimité. L’emplacement choisi, à la Plaine Verte, doit aussi passer du domaine public à celui municipal. Fin novembre 1976, on lance l’appel d’offres de construction. Il n’y a pas comme des élections générales pour donner le coup d’accélérateur à des projets émulant la Belle au Bois-Dormant.
Les soumissions reçues compliquent la situation. La commission administrative, nommée après la démission en bloc des conseillers MMM, en décembre 1979, dispose d’une enveloppe de Rs 2,5 millions. Les soumissionnaires réclament des sommes supérieures à cette somme. En septembre 1977, la firme Universal Construction Ltée décroche enfin le contrat. Kader Bhayat en pose la première pierre, le 18 novembre 1977. Les affaires ne traînent plus avec une nouvelle administration à la mairie de Port Louis. Les travaux butent toutefois sur un macadam. Un conduit d’eau traverse l’emplacement. Les travaux de déviation coûteront Rs 27 500 additionnelles à la Vieille Dame (la municipalité de Port Louis). Les cyclones de l’été 1979/80 (Claudette, les Hyacinthe, Jacinthe) compliquent une situation déjà complexe. Que dire alors de la dévaluation de 30% de notre infortunée roupie du 24 octobre 1979 et de ses conséquences inflationnistes. Fort heureusement, même un gouvernement travailliste, avec Ringadoo aux Finances, n’a rien à refuser à une nouvelle commission administrative nommée, en froid avec Gaëtan Duval.
Nundoochand espère qu’avec le Centre Idrice-Goumany, la Plaine Verte perdra son statut de « région défavorisée ». Laissons-le à ses illusions. Un bâtiment ne remplacera jamais un adjoint-maire, à qui le premier magistrat peut et doit déléguer une partie de ses pouvoirs et statuts, pour une région donnée.
Idrice Ameer Goumany voit le jour en 1859 à la rue Pagoda (aujourd’hui rue Hassen-Sakir), Port-Louis. Son père, Ameer, est commerçant. Il est issu des premiers musulmans, venus à l’Isle de France, de Cochin, pour servir comme bateliers. Sa mère se prénomme Marie Rose César. Après de bonnes études primaires, le jeune Idrice est admis au collège Royal. Il décroche en 1878 sa Matriculation. Il aide d’abord son père, puis s’en va à Glasgow où il est reçu médecin et chirurgien. Il rentre à Maurice en 1887. Au début de 1889, éclate une épidémie de variole. Le Dr Goumany se porte volontaire au poste de médecin de la station de quarantaine de la Pointe aux Canonniers (aujourd’hui le club Méditerranée). Il multiplie les guérisons et enraye même l’épidémie. Il contracte cependant ce mal et meurt, le 28 juillet 1889, après une atroce agonie (G. Raynald, DBM, p 915). Il est enterré sur place. Sa tombe est considérée comme un monument historique, bien protégée et entretenue par la direction du Club Med.
Question à mille euros : la Cité du Port Louis célèbre-t-elle les 25 ans+12 du Centre Idrice-Goumany ?
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