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Nouveaux contours

18 septembre 2006, 00:00

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La recomposition politique est en marche. Certes, garder le secret est inhérent au jeu politique et les stratégies des uns et des autres ne sont pas dévoilées avant les échéances électorales mais il y a des signes d’une évolution.

C’est dans l’opposition que les changements sont perceptibles. Le MSM, victime d’une scission qui a produit l’Union nationale, est moins vindicatif envers le leader du nouveau parti et moins rancunier envers son ex-allié, le MMM. Vendredi dernier, à Vacoas, Pravind Jugnauth s’est dit disposé à mettre un terme à la lutte fratricide qu’il avait déclenchée avant la Fête du travail. Il est “disposé à causer” avec Paul Bérenger. Aucune condition n’est exigée, alors que jusqu’ici Pravind Jugnauth insistait sur un retour préalable d’Ashock Jugnauth au MSM. Du coup, le regroupement des forces de l’opposition est dans le domaine du possible.

Ce nouveau positionnement de Pravind Jugnauth peut surprendre dans la mesure où il survient peu de temps après son curieux tête-à-tête avec Navin Ramgoolam. Officiellement, ils ont parlé du système électoral, mais on peut penser que ce n’était qu’un prétexte. Le MSM, alors encore très remonté contre Paul Bérenger, voulait en fait démontrer que ses options étaient ouvertes et qu’il n’allait pas fatalement s’allier au MMM. Pour sa part, le PTr espérait approfondir la méfiance entre les partis de l’opposition. Beaucoup, au MSM, ont mal accueilli cette rencontre. Ils estiment que les difficultés économiques du moment pousseraient une frange de l’électorat travailliste dans l’opposition et que le MSM a toutes les chances de bénéficier de ce désenchantement éventuel. Mais, pour cela, il faut qu’il prenne ses distances du PTr et se rapproche du MMM.

La perspective d’une unité au sein de l’opposition ne peut que réjouir le MMM dont le leader n’a cessé de lancer des appels du pied à son ancien partenaire. Le MMM, qui était au bord de l’effondrement après ses revers électoraux successifs de l’année dernière, surfe sur la vague de mécontentement qui a accompagné les augmentations de prix et les nouvelles taxes. Toutefois, son différend avec Pravind Jugnauth le prive de la possibilité de présenter une alternative crédible à la majorité actuelle. Seul, son parti n’apparaît pas aux yeux des électeurs comme ayant une chance de remporter la victoire aux législatives. Cependant, en alliance avec le MSM, il devient une force capable de conquérir le pouvoir. L’union des deux peut créer une synergie comme en septembre 2000 à la suite de l’accord Medpoint.

Il y a un autre sujet sur lequel la réflexion progresse au MMM. Elle concerne l’identité de celui que le parti désignera comme son candidat au poste de Premier ministre. D’une part, il existait un doute sur la volonté de Paul Bérenger de solliciter à nouveau un mandat premierministériel. De l’autre, personne n’a encore émergé du lot comme son successeur naturel. Cette équation change depuis peu. Le doute qui a régné sur le dilemme de Paul Bérenger se dissipe. On sait qu’il a retrouvé le goût du combat et qu’il ne renonce plus d’emblée à contester la première place dans le paysage politique national.

Ironiquement, ce sont les difficultés d’Ashock Jugnauth à s’imposer dans le paysage politique qui ont permis de débloquer la situation au sein de l’opposition. Celui-ci peine à sortir de l’ombre et, en outre, a commis bien des maladresses lors de ses sorties publiques. Son équipée devra être brève. S’il s’était frayé une place d’avant-garde, cela aurait compliqué les choses pour les deux autres partis de l’opposition. Au mieux, il peut maintenant aspirer à être un appendice du MMM dans une alliance élargie.

Quelle que soit l'issue de toutes ces tractations, ce qui comptera le plus pour le pays, ce n’est pas de savoir qui va avec qui, mais pour quoi faire ?

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