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Un Club M héroïque
3 septembre. Voilà une nouvelle date qui aura une place de choix dans le livre d?or du football mauricien. En tenant en échec la Tunisie dimanche au stade George V dans le premier match du groupe IV dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2008, le Club M a signé un beau résultat qui s?ajoute aux succès sur l?Afrique du Sud ou l?Angola dans un passé pas très lointain.
?Ce nul a valeur de victoire.? Ces mots lâchés par le coach national, Sarjoo Gowreesungkur, à la fin du match, traduisent l?importance de la performance réalisée par les Mauriciens. En vérité, ce nul vierge est bien synonyme de succès pour le Club M. Tout simplement parce que Maurice et la Tunisie ne sont pas du même acabit. Les Mauriciens font figure de Petits Poucets devant des Tunisiens qui jouent dans la cour des grands.
Avant cette empoignade, beaucoup s?attendaient à voir Maurice prendre une raclée contre la Tunisie avec ses stars d?Europe et ses neuf ?mondialistes?. Et pourtant, les Mauriciens ont tenu le choc. Avec le coeur et les tripes, les protégés de Sarjoo Gowreesungkur ont fait mentir les pronostics.
Si les Tunisiens, grands favoris de cette poule qualificative, ne sont pas repartis avec les trois points en jeu, la faute à la vaillante équipe de Maurice qui n?a rien lâché durant toute la rencontre.
Dans tous les secteurs du jeu, les Mauriciens ont joué intelligemment. Dominés largement par les Aigles de Carthage, ils n?ont pas souvent été en difficulté grâce à une bonne mise en place tactique et le respect des consignes à tous les niveaux.
La renaissance avec Sarjoo ?
Côté tunisien, des occasions franches il n?y en a pas vraiment eues. On ne doit d?ailleurs compter que deux tirs cadrés sur l?ensemble de la rencontre. Il faut dire que l?adversaire a été maladroit comme il faut reconnaître que derrière, le Club M avait tout verrouillé. Avec un Orwin Castel intraitable, qui a stoppé le penalty d?Hamed Namouchi, les Diolle et Jubeau ont assuré sur les flancs alors que Mourgine et L?Enflé n?ont laissé que très rarement déferler la vague blanche.
C?est dans l?entre-jeu que tout s?est joué. À cinq au milieu, Maurice a étouffé l?animation offensive tunisienne.
Les Nafti, Mnari et Namouchi n?ont pu assurer la liaison avec leurs attaquants. La raison étant le positionnement des deux récupérateurs, Periatambee et Bax, de même que Bayaram, qui ont effectué un travail de sape.
Et, sur les flancs, Cundasami et Godon ont bloqué les débordements.
Devant, que dire sinon que Giovanni Jeannot a fait ce qu?il a pu et aussi ce qu?il fallait. Seul contre tous, il a pressé haut pour gêner la relance. Esseulé en attaque, il a tiré son épingle du jeu sur des contres. Du reste, il est passé près d?un hold-up parfait sur une reprise frontale.
L?équipe de Maurice a été héroïque avec surtout des éléments locaux inactifs depuis plus de trois mois et en manque de compétition, d?autant plus qu?elle n?a eu que trois semaines de préparation.
Trois semaines depuis qu?il a pris les rênes du Club M, Sarjoo Gowreesungkur peut se réjouir de cette prestation. Un air de renouveau semble souffler sur cette sélection où du sang neuf est tout doucement injecté auprès des anciens.
Le plus dur est à venir maintenant. Dans un mois, il faudra confirmer aux Seychelles.
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