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Ahmadinejad estime des sanctions ?peu probables?
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Ahmadinejad estime des sanctions ?peu probables?
Lors de sa quatrième conférence de presse depuis son élection à l?été 2005, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ne s?est pas départi de son attitude bravache vis-à-vis de la communauté internationale sur la question nucléaire, avant-hier. Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a donné jusqu?au 31 août à Téhéran pour suspendre notamment son enrichissement d?uranium, sous peine de sanctions, le président de la République islamique a estimé que ?le moment d?utiliser l?instrument du Conseil de sécurité est passé? et jugé ?peu probable que [les grandes puissances] veuillent l?utiliser?.
Il a répété que ?l?Iran a droit à une énergie nucléaire pacifique?, ?ne se soumettra pas à la menace et l?intimidation?, et ?prendra les décisions nécessaires, en proportion avec les mesures? que prendra le Conseil de sécurité. M. Ahmadinejad a par ailleurs estimé implicitement que la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil disposant d?un droit de veto, pourraient bloquer l?adoption de sanctions. ?Nous ne pensons pas que certains oublieront la sagesse et la prudence au point de vendre leur propre réputation et celle du Conseil de sécurité?, a-t-il indiqué.
<B>?Débat télévisé en direct? avec M. Bush </B>
M. Ahmadinejad a aussi indiqué que la République islamique avait ?tout dit dans sa réponse?, mardi dernier, à une offre de coopération des grandes puissances, visant à ce qu?elle suspende son enrichissement d?uranium, et cette réponse constitue un cadre pour poursuivre les négociations et une ?occasion exceptionnelle? de résoudre le conflit sur le nucléaire, a-t-il rappelé.
Le président iranien a suggéré de débattre, en direct, à la télévision, avec George Bush ?des questions du monde et des moyens de sortir de ces tensions?, à condition que ce débat ?ne soit pas censuré, surtout pour le public américain?. Cette offre ?n?est qu?une tentative de diversion des inquiétudes légitimes qu?ont non seulement les Etats-Unis, mais aussi la communauté internationale devant le comportement de l?Iran, du soutien au terrorisme à la volonté de posséder la capacité de produire des armes nucléaires?, a rapidement réagi un porte-parole de la Maison-Blanche. Washington n?avait pas non plus donné suite, en mai, à une lettre personnelle du président iranien à M. Bush, longue diatribe contre la politique américaine.
?Nous pensons que les privilèges particuliers dont profitent aujourd?hui les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont à l?origine de tous les troubles dans le monde?, a encore déclaré le président iranien, tout en assurant que Téhéran ?veut des relations avec tous les pays, sauf avec celui que nous considérons illégitime et imposé [Israël], et les Etats-Unis ne sont pas une exception?. ?Mais les Etats-Unis ont coupé leur relation avec nous pour faire pression?, a-t-il poursuivi, en accusant ?l?administration américaine de rêver encore à renvoyer la nation iranienne à il y a trente ans?, avant la Révolution islamique de 1979. Et d?estimer qu?il revient aux Américains de cesser de souhaiter un changement de régime en Iran, et ?puisqu?ils ont coupé les liens, de fournir eux-mêmes les conditions? de leur rétablissement.
<B>© Le Monde 2006
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
<B>Iran : quelle menace nucléaire ?</B>
■ <B>Le programme nucléaire de l?Iran représente-t-il vraiment une menace ?</B>
C?est d?abord une menace potentielle pour le Moyen-Orient. Une bombe iranienne ne manquerait pas d?avoir des effets politiques majeurs sur cette région. C?est ensuite une menace pour l?avenir du régime de non-prolifération nucléaire, qui est en jeu dans cette affaire. C?est enfin une menace potentielle pour l?Europe, qui sera bientôt à portée des missiles iraniens
■ <B>l?Iran pourrait être source d?une Troisième Guerre mondiale ?</B>
L?Iran est une menace, mais le risque de voir cette crise dégénérer à ce point est minime. Un éventuel conflit dans la région avec l?Iran serait dramatique, mais les risques qu?un tel conflit devienne une ?Troisième Guerre mondiale? me semblent extrêmement faibles.
■ <B>Quel est le délai probable d?obtention de l?arme nucléaire si l?Iran persistait dans ses recherches ?</B>
Il y a trois hypothèses possibles. Si le programme iranien continue d?aller au rythme qu?il suit depuis le milieu des années 1980, il faudra à Téhéran encore cinq à dix ans. Si les Iraniens décidaient d?aller au plus vite en utilisant la technologie de l?enrichissement de l?uranium, avec les installations que nous connaissons, Téhéran a encore besoin d?environ deux ans pour disposer d?assez d?uranium hautement enrichi pour faire une bombe. Troisième hypothèse : s?il y a des installations cachées, avec des centrifugeuses d?enrichissement plus rapides, alors ce délai pourrait être plus court.
■ <B>Et la Corée du Nord qui s?y met aussi...?</B>
Le statut juridique exact de la Corée du Nord vis-à-vis du traité de non prolifération nucléaire (TNP) est très incertain. Ce pays a déclaré qu?il se retirait du traité en janvier 2003, mais les autres pays membres du TNP ne considèrent pas tous ce retrait comme effectif. La Corée du Nord est en tout cas le premier pays qui ait déclaré son retrait du TNP.
■ <B> Y a-t-il un ?droit? à la bombe nucléaire ?</B>
La possession de l?arme nucléaire est régie en droit international par le traité de non-prolifération des armes nucléaires signé en 1968 qui divise de manière un peu artificielle les pays en deux catégories : ceux qui avaient fait exploser une arme nucléaire avant cette date, et qui sont donc considérés comme des puissances nucléaires ; et ceux qui affirment ne pas avoir l?intention de développer une telle arme, qui sont considérés comme des pays non nucléaires. Il y a donc deux catégories d?Etats au sein de ce traité. Enfin, il y a aussi les pays qui n?ont pas signé le TNP (Inde, Israël, Pakistan). Ces pays n?ont donc violé aucun accord en développant des armes nucléaires. L?Iran, en tant que signataire du TNP, s?est lui-même interdit la fabrication d?arme nucléaire.
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