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Une «success story»

4 août 2006, 20:00

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Avant de devenir l?un des groupes phare de la scène musicale locale, la bande à Tony Farla a commencé au bas de l?échelle, jusqu?à l?explosion musicale, médiatique et populaire avec Boom

Explosion et la consécration avec le Kora Awards du Meilleur espoir de l?Afrique de l?Est en 2002. Retour en mémoire, sur le parcours atypique de trois garçons passionnés, qui font de la musique pour réveiller les consciences.

● 1997. Maléré. Le premier album de Negro Pou Lavi, autoproduit avec un budget dérisoire passe quasiment inaperçu. Le hip-hop et le Rn?B ne sont pas encore très connus des Mauriciens. Seulement ceux qui connaissent le genre, écoutent Sexy eyes, le titre phare. Pour d?autres esprits mal intentionnés, cette nouvelle musique est déjà étiquetée. Le groupe ne se décourage pas et fait la tournée des «fancy-fairs».

● 1999. Zis bondié ek nou koné. Le deuxième album, également autoproduit avec un budget tout aussi dérisoire, se fait plus remarqué. Des titres comme Adieu mon amour, Merci mama et le titre éponyme, plaisent à ceux qui croisent le chemin des Negro Pou Lavi, dans les kermesses et les «sound-systems». Le groupe ne connaît quasiment aucun retentissement sur la seule radio du pays d?alors ou dans la presse.

Un passage à l?île de la Réunion dans le milieu de l?underground du hip-hop, leur donne espoir et l?envie de persévérer. Lors d?un rare passage dans l?émission de Sandra Mayotte, alors animatrice à la MBC radio, Gérard Louis, qui écoute l?émission, repère le talent des Negro Pou Lavi. Ce dernier les contacte après l?émission et propose que Cassiya Productions produise leur prochain album. Il émet néanmoins une condition : compte tenu des conjonctures du marché, il leur demande d?ajouter une once de reggae à leur prochain album. Emballé par cette proposition, Negro Pou Lavi intègre Cassiya Productions.

● 2001. L?année de l?explosion musicale. L?album Boom Explosion fait sensation. Negro Pou Lavi est de toutes les tournées, en France, à la Réunion, aux Seychelles. Tony Farla devient également animateur sur la première radio privée de l?île : Radio One.

● 2002. Negro Pou Lavi est nommé aux Kora Awards, les Victoires de la musique africaine, dans la catégorie Meilleur groupe de l?Afrique de l?Est. La récompense leur échappe, mais ils remportent le trophée du Meilleur espoir africain. Leur joie est immense.

● 2003. Shalom, le quatrième album des Negro Pou Lavi fait un autre tabac.

● 2004. L?album Love and persévérance avec les titres comme Persévérance et surtout la ballade Béni nou l?amour cartonne sur toutes les radios. Persévérance est élue chanson de l?année sur trois des quatre radios du pays.

● 2005. Negro Pou Lavi crée Soul Production, sa boîte qui fait de l?événementiel. Julian Marley se produit en concert chez nous, invité par Soul Production. Kulcha Shop ouvre ses portes au Harbour Front à Port-Louis. Neuf mois plus tard, Negro pu la vi inaugure sa boîte de nuit, le Kulcha Club à Grande-Rivière.

● 5 août 2006. Le concert événement pour marquer les dix ans de Negro Pou Lavi se déroulera à partir de minuit. Outre les Negro Pou Lavi, Gérard Louis, le complice, l?arrangeur des morceaux reggae du groupe, Natty Jah, Sandra Mayotte, Nasty Black et Exotical Man, invitent tous les fans de Negro Pou Lavi à souffler les bougies pour marquer d?une pierre blanche l?anniversaire du groupe.

Paroles de fans

Depuis dix ans que Negro Pou Lavi égrène ses messages « peace and love », ce sont des fans par milliers qui se sont laissés séduire. C?est le cas de Marilyne Gilberte, de Bois Marchand, une grand-mère de huit petits-enfants, bien dans sa peau et fan de la première heure de Negro pu la vi. « Depuis Boom Explosion, je me reconnais dans les chansons de Negro pu la vi. Tony est un bon garçon, j?ai l?habitude de le croiser à l?église. Ses chansons portent haut des messages d?amour et ça fait du bien de les écouter », raconte-t-elle en riant.

Avec son mari Rodolf et sa fille Shirley, Marilyne sera ce soir au concert événement des Negro Pou Lavi. « Bizin fer enn létour ! », s?exclame-t-elle. Marilyne qui veille sur Chloé, l?une de ses petites-filles, trouvera le moyen de se rendre au Kulcha Club, même si elle devra s?organiser. « Pas tro gagn lé tem pou allé tou lé sémaine. Mai là, Chloé pas Chloé, mo bizin aller ! »

Même son de cloche du côté de Kenny. Ce jeune homme habitant Pointe-aux-Sables, ne jure que par Negro Pu la vi. « Pou moi, éna enn sél grup ki compté dan Moris, c?est Negro Pu la vi. Zot morso recherché, zot mesaz mari seryé. Mo mari fier ki zot in arriv aussi loin et mo koné zot pou alle enkor pli loin », a-t-il déclaré enthousiaste. C?est cela l?effet Negro Pu la vie. Une identification totale des fans avec le groupe. Rendez-vous donc ce soir sur les douze coups de minuit au Kulcha Club, pour fêter en musique, dans la joie et la bonne humeur, les dix ans de Negro Pou Lavi.

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