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L?industrie du bois tient son plan d?action

30 juillet 2006, 20:00

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Dhiraj Unjore est outré : la hausse des coûts des matières premières fait monter en flèche le prix de ses portes. Son petit atelier, à Saint-Pierre, roule au ralenti. ?Un client, touchant Rs 3 000 par mois, ne peut se payer une porte de la même valeur !? Sombre avenir ? Enterprise Mauritius (EM) ne partage pas cet avis. Son plan d?action, dévoilé vendredi, vise à ouvrir le marché local aux petits et à soutenir ceux engagés sur une grande échelle.

Le secteur du bois et de l?ameublement emploie 10 484 personnes pour 4 419 entreprises de trois catégories distinctes. La première consiste en sept firmes axées vers l?exportation. La seconde, forte de 37 sociétés, produit pour les chaînes de magasins locales. La troisième, le plus vulnérable, comporte 4 374 petites et moyennes entreprises (PME), qui fabriquent pour des particuliers. Le plan d?action définit les possibilités pour les dynamiser.

Hôtels, projets IRS, corps parapublics, chaînes de magasins et commandes gouvernementales : tant de gros clients à courtiser pour la production locale. Et le ministre des Finances, Rama Sithanen est d?accord pour que l?Etat favorise les meubles mauriciens. Les organismes publics en ont été informés. Lors d?une réunion avec les hôteliers, le président d?EM, Amédée Darga, leur a communiqué ce souhait du gouvernement.

Qui plus est, une requête a été faite au ministère du Commerce pour limiter les importations en meubles destinés aux diverses foires. Ce type de mobilier, de Chine et de Malaisie notamment, pèse Rs 300 millions (2005).

Pour percer sur le plan local, la PME est appelée à revoir son attitude. ?Soyez compétitifs ?, a affirmé Amédée Darga. Les clients ne paieront pas Rs 2 000 pour un meuble local alors qu?à l?importation, le prix serait réduit de moitié. Ils ne devront pas négliger leur clientèle première: les particuliers. Amédée Darga exige une approche professionnelle, basée sur la qualité, le prix et le customer care : ?d?ici un an, il faudrait que le particulier dise qu?il se rendra chez un menuisier pour placer sa commande?.

Les PME sont appelées à se regrouper pour satisfaire de grandes commandes, comme 2 000 chaises pour un hôtel. Valeur du jour, les menuisiers sont dans l?incapacité d?en fabriquer dans le délai imparti. S?ils se partagent les différentes étapes de fabrication, la commande est à portée de main.

Un tel objectif ne serait pas atteint si le menuiser se cantonne à opérer dans son coin. Il devra se faire connaître des autorités, s?enregistrer et accéder au soutien technique et aux conseils que EM se propose d?offrir. En prélude, un recensement sera effectué. Une nouvelle entité privée, la Central Furniture Supply Limited (CFS), sera créée. Ses attributions seront multiples: études de marché, support logistique pour le design et gestion des projets des acheteurs. Le CFS agira, par ailleurs, en tant qu?interface entre les PME et les acheteurs.

Face au souci majeur qu?est le financement pour les PME, l?Etat propose, en sus de l?Enterprise Development Fund, que ceux éligibles aient droit à des micro-crédits de Rs 50 000 de la Banque de développement et à une participation maximale de Rs 300 000 au capital. L?Empowerment Fund, de son côté, apportera un financement oscillant entre Rs 300 000 et Rs 3 millions, l?équivalent d?une part de 49 % dans le capital pour une durée de cinq ans.

Les menuisiers n?ayant pas de local pourront aspirer à des emplacements dans des bâtiments industriels, dont à Bel-Air, Forest-Side, Pamplemousses, Tyack, l?Escalier et Surinam. Des parcs industriels seront aménagés à Terre-Rouge, La Tour Koenig et Highlands. Les menuisiers devront abandonner la fabrication de meubles en compétition directe avec une importation qu?ils ne pourront pas concurrencer.

L?objectif sera aussi de dénicher des marchés porteurs à 45 entreprises structurées en Europe, au Moyen Orient et en Asie. En Afrique, Maurice a un avantage face aux gros producteurs que sont la Chine et la Malaisie dans la mesure où le pays bénéficie d?une entrée sans droits de douanes.

L?exportation est du domaine du possible. Si une entreprise mauricienne fabrique des chaises pour l?Armée française, qu?est-ce qui empêche une autre de concevoir du mobilier de luxe pour les cheikhs et les riches d?Asie?

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