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Une journée pour enregistrer un bébé ?
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Une journée pour enregistrer un bébé ?
Eh oui les amis, c?est cela le titre de mon article. Je vais vous montrer comment dans cette île paradisiaque on peut passer une journée entière à l?état civil. La veille, moi et mon épouse avons regroupé tous les papiers et documents nécessaires pour l?enregistrement.
La veille, je croyais déjà que c?était dans la poche.
Alors, gaillard, je me rends à Candos. Là où mon adorable bébé était né. A la recherche du lieu où se trouve l?état civil. On me dirige à 500 mètres de l?hôpital vers une espèce de maison. Je suis chaudement accueilli par un type portant des savates et la chemise en dehors du pantalon.
?Ouais qui bizin ??
?Bonjour Monsieur, je viens pour l?enregistre... ?
?Ale atann laba. Taler la kan ti apel zot zot pa ti rod rentre !?, m?interrompt-il.
?Mais mo fek arrivé la monsieur. ?
?Oui asise ou taler bann la va guet ou.?
Donc après une vingtaine de minutes d?attente, nous nous décidons à quitter la queue, vu que rien ne bougeait. Et un préposé crie de son bureau : ?He ou la, pann dir ou atann laba dan lasal, padibout devant mo biro.?
Nous nous exécutons. Dix minutes additionnelles et j?ai l?honneur d?entrer dans un bureau sale et crasseux.
?Bonjour Monsieur, je viens pour l?enregistrement de mon b....?
?Non pa sa biro la sa, lot biro sa.?
?Oui Monsieur, je répondis poliment, mais mo pe atann depi lontem.?
?Kot ou bann papie, kot ou reste ??
?Floréal?, répondis-je timidement.
?Be ki ou pe fer la, al Curepipe, plutot, ici ena enn ta dimounn et ou pou bizin atann boucou la.?
Je m?exécute. Une fois de plus, armé de patience, je prend la voiture pour me rendre à Curepipe. A la rue Rémono, je pousse un ouf de soulagement vu qu?il est encore 11 h 35 et que les bureaux ferment à midi. J?ai fait aussi rapidement que j?ai pu.
?Bonjour Monsieur, je viens pour l?enregistrement de mon b...?
?Be la ounn vinn trop tard, ena deza de dimounn devan ou. Vini dan lapremidi à 13 heures .?13 heures ? alors qu?écrit en gros et en grand sur une pancarte, je vois : LUNCH time 12 h to 12 h 30. Tant pis, je m?exécute, armé de patience jusqu?aux dents, cette fois-ci. Car je dois bien finir par avoir ce maudit document. Une petite migraine se pointe également.
Mais à 13 heures pile, je suis devant les bureaux. Très enthousiaste. Ouf ! A la fin, j?aurai l?acte de naissance de mon bébé.
Je suis accueilli dans les bureaux, et après avoir soigneusement vérifié tous les papiers, on me lance :
?Be la mo pa pou capav, ou l?act mariaz enn photocopi, mo pou bizin original la sinon travail la pa pou capav fer la.?
?Monsieur, s?il vous plaît, depi gramatin mo pe saye enrezistre mo zenfant. ?
?Non pa enn badinaz sa, ale rod ou papier original et revini avant 15 h 30, sinon pou fini ferme.?
Je ne sais pas ce qui m?a retenu de péter complètement les plombs. J?étais comme perdu, anéanti et incompris. Mais à la fin de la journée, vers 14 h 30, j?ai pu enfin avoir l?acte.
Quelle joie ! J?aurais même pu embrasser la bonne femme qui m?a fait signer les papiers.
Mais je me demande, comment, à l?aube de 2007, on peut avoir une administration aussi nulle que cela. Je sais que rien ne changera, même si j?écris une centaine de lettres. La mentalité d?approximation est solidement ancrée. Que ce soit à l?hôpital ou dans un poste de police, on peut entendre de tout. Comme par exemple : ?Pa ou qui paye moi isi !? Et cela l?attitude de ceux-là leur paraît complètement normale, embourbés dans leur royaume de mauvaises manières.
J?ai l?impression qu?au secteur public, s?ils ne font pas tout de travers, eh bien rien ne marche. ?Going slower is going backward.? Au lieu de changer les mentalités, je crois qu?il vaut mieux que je change de ciel, vu que l?herbe est plus verte ailleurs !
<B>Soorej MUNRAJ </B>
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