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Basant Roi critique la gestion de la dette du gouvernement
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Basant Roi critique la gestion de la dette du gouvernement
L?Etat cherche à alléger le fardeau de sa dette. Se donne-t-il les moyens d?une gestion saine de ses emprunts ? Le gouverneur de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi, y apporte le réponse en dénonçant les nombreuses failles dans l?administration de la dette publique.
Il intervenait lors d?un forum sur la gestion de la dette, hier, au Domaine les Pailles. Le séminaire est organisé par le ministère des Finances avec le soutien de la Banque mondiale, du Commonwealth Secretariat, le Département du trésor américain et l?African Development Bank. ?Une gestion efficiente de la dette est virtuellement impossible en l?absence d?un marché développé pour les instruments de dette. La Banque de Maurice a, à plusieurs reprises, tenté de donner un coup de fouet à son développement dans le passé?, souligne Ramesh Basant Roi.
Toutefois, nombre de ces initiatives ont eu des effets limités, explique-t-il. Il énumère les nombreuses entraves à l?épanouissement d?un marché d?obligations efficient : le nombre de bons de Trésor qui sont mis aux enchères est décidé sur une base ad hoc et non suivant un calendrier préétabli ; les investissements dans les dettes à longue échéance sont relativement restreints car les taux de rendement ne sont pas attrayants ; le manque d?autonomie des gestionnaires de la dette de l?Etat.
?Le debt manager au ministère des Finances ne devrait pas se bousculer pour obtenir une signature auprès de ses supérieurs s?il décide d?aller sur le marché.?
Le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, qui agit comme ministre des Finances par intérim a, lui, annoncé plusieurs mesures qui seront bientôt introduites pour une meilleure gestion des emprunts de l?Etat. Le gouvernement compte émettre une plus grande variété d?instruments de dette avec des caractéristiques plus attrayantes et assorties de maturités variées.
Mieux planifier les remboursements
L?émission des obligations se fera selon un programme établi pour que les investisseurs puissent mieux planifier leurs investissements. Un marché secondaire d?instruments obligataires actif permettra de planifier ses emprunts et ses remboursements le plus économiquement possible.
La question de la dette est inquiétante dans la mesure où le montant des ressources financières emprunté par le gouvernement central et par les agences parapubliques représente aujourd?hui 70 % du produit intérieur brut. En d?autres mots, le service de la dette absorbe 30 sous sur chaque roupie de revenu courant de l?Etat. ?Dans la plupart des pays, la réforme de la gestion des dettes a été motivée par des crises sévères. A Maurice, nous ne voulons pas attendre une crise pour démarrer la réforme?, affirme Vasant Bunwaree.
José Maurel, directeur adjoint de la Debt Management Section du Commonwealth Secretariat, a parlé de l?expertise de son organisation dans ce domaine. ?La gestion de la dette ne peut se substituer aux politiques macroéconomiques saines?, suggère-t-il, tout en insistant que l?administration des créances de l?Etat opère de concert avec les politiques monétaires et fiscales.
Pour le Dr Sen Narainen, conseiller au ministère des Finances, une gestion saine des emprunts n?est pas uniquement une question de réduire le coût du service de la dette. ?Elle concerne également la gestion des risques, la stabilité macroéconomique et la responsabilité fiscale.?
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