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Qui décide de l?urgence ?

23 juin 2006, 00:00

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Vendredi 16 juin. 11 h 45. Albion. Les journalistes de l?express ont rendez-vous au centre communautaire. Dans le même bâtiment se trouve le centre de santé. Une femme arrive au même moment au dispensaire. Elle demande à un préposé d?appeler une ambulance pour son fils. Le responsable lui dit qu?il ne peut accéder à sa demande, mais il lui donne le numéro de téléphone de l?hôpital.

?Appelez à partir d?une cabine?, peut-on entendre. La mère est désespérée. ?J?ai demandé à la police d?appeler l?ambulance, mais un policier m?a dit que le dispensaire peut le faire ?, insiste-elle. Peine perdue. Elle quitte alors la véranda. Aussitôt qu?elle tourne le dos, des commentaires fusent à son sujet à l?intérieur du dispensaire.

Quelques minutes plus tard, la femme reconnaît la voiture de l?express et l?arrête. Elle s?appelle Noellette Vythylingum. Son fils de 26 ans a reçu des brûlures le 9 mai dernier et il venait de quitter l?hôpital. Or, ce jour-là, il avait mal aux poumons. C?est ainsi qu?elle s?est rendue à la police pour demander de l?aide. Elle ne pouvait payer un taxi. ?Il y avait un policier qui allait composer le numéro de téléphone de l?hôpital, mais son supérieur le lui a interdit. Il m?a alors demandé d?aller au dispensaire.?

Finalement, Noellette Vythylingum a pu faire son appel à partir du portable de son fils. Elle se demande ce qui se serait passé s?il n?y avait plus de crédit sur ce téléphone. ?Je ne leur demandais pas grand chose, juste de faire un numéro pour moi. Je raconte cela pour que les autres ne vivent pas cette expérience ?, dit-elle.

Du côté du ministère de la Santé, un officier explique que beaucoup de personnes demandent l?ambulance, même pour un cas mineur alors que priorité est accordée aux urgences.

Il ajoute que comme aucun médecin n?a examiné le malade au dispensaire d?Albion au moment où la dame a demandé de l?aide, le préposé ne pouvait savoir si c?était un cas urgent ou non et il n?a, probablement, pas voulu prendre la responsabilité d?appeler une ambulance, laissant quand même, dit-il, le numéro approprié à la dame.

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