Publicité
Des tubes au bout du fil
Une chanson pour mieux nous faire patienter. Au lieu du bip monotone, une voix connue de la musique locale passe le message. Non, pas un texte parlant de fléaux sociaux, voire de chikungunya, mais juste pour dire que l?interlocuteur n?est pas disponible pour le moment.
?Faites de la musique?, avait dit Jack Lang, ministre de la Culture français, initiateur de la fête de la Musique, célébrée aujourd?hui. Sa formule a été reprise par les opérateurs de téléphonie mobile. Un marché juteux dont le ressort est bien l?amour du rythme. L?envie de dédier une chanson à l?être cher, de se faire plaisir en écoutant sa chanson préférée ou de s?amuser avec son interlocuteur.
Au-delà de la simple envie de se faire ou de faire plaisir, la musique a trouvé là une nouvelle forme d?expression. Une sorte de fashion statement (c?est à qui aura le dernier tube du moment sur son portable), les musiques s?échangent, se comparent, se copient ou se recomposent sur les portables à l?aide de certaines options. Des ponts supplémentaires entre les technophiles en dehors de ceux conditionnés par la machine.
Dans la rue, le bus ou au bureau, la sonnerie donne des pistes sur l?identité de l?utilisateur du portable, (ses goûts, voire son degré de ringardise !), quand il ne dérange pas carrément les autres, obligés d?endurer des décibels intempestifs à répétition. Qui a dit que la musique adoucissait les m?urs ?
Véritable baromètre de la popularité des chansons, les sonneries à télécharger, les musiques d?attentes sont une source de revenus pour les auteurs-compositeurs. Depuis deux ans, le conseil d?administration de la Mauritius Society of Authors (MASA), a établi une grille de tarifs pour les deux opérateurs de téléphonie mobile, Emtel et Cellplus. ?Cela s?appelle le Blanket License?, explique Gérard Louise, directeur de la MASA. Un permis qui couvre les ?uvres locales et internationales utilisées dans les quatre catégories suivantes : juke-box (disque à la demande), tone (sonnerie de portable), message téléphonique et logo.
Si les opérateurs s?acquittent de droits mensuels, à titre d?exemple Rs 20 000 par mois pour Emtel, selon Gérard Louise, c?est une fois l?an ? en décembre ? que la MASA verse des droits aux auteurs-compositeurs dont les chansons sont utilisées pour agrémenter les services de téléphonie mobile. Un petit pécule versé par-dessus les droits d?auteurs distribués trois fois l?an. ?Nous attendons le nouveau Copyright Act, pour établir les tarifs pour les téléchargements par Internet ?, ajoute Gérard Louise.
DEMANDEZ LE PROGRAMME
<B>Ton sur ton </B>
■ C?est à midi que la musique résonnera dans les rues de la capitale. Alors que l?orchestre de la police se produira devant l?Hôtel du gouvernement, le ministère des Arts et de la Culture prévoit des animations à divers points névralgiques de Port-Louis, dont le Victoria Square et l?Immigration Square, à La Chaussée, au Air Mauritius Building, près du marché central et du Renganaden-Seeneevassen Building. Pour sa part, le centre Nelson-Mandela pour la culture africaine propose à diverses formations de se produire au Fon Sing Building, à la rue Edith Cavell. Les municipalités ne sont pas en reste. A Port-Louis, rendez-vous devant le théâtre, à Quatre-Bornes, du côté de l?hôtel de ville, à Curepipe, à la place du marché, à Rose-Hill au square Raymond-Chasles et au stade sir Gaëtan-Duval.
Publicité
Publicité
Les plus récents