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?La musique classique est presque sensuelle?

19 juin 2006, 00:00

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● Vous étiez sur la scène du conservatoire François Mitterrand le 17 juin pour un concert. Qu?avez-vous interprété ce soir-là ?

Ce concert a pu mettre en valeur l?orgue électronique. C?est un instrument particulièrement riche, d?ailleurs la directrice du conservatoire étudie la possibilité de faire l?acquisition d?un orgue authentique. J?ai interprété des morceaux de musique classique de Chopin, Debussy, Ravel, Granados, entre autres. Ce concert était aussi organisé pour l?association Pils.

● Il est vrai que l?orgue n?est pas souvent mis en valeur chez nous. Où avez-vous appris à en jouer ?

Je n?ai pas fait d?études en musicologie spécialement. Je faisais partie de l?Organ Scholar quand j?étudiais le sanskrit à l?université d?Oxford à Londres. C?était bien plus qu?un passe-temps, c?est à travers la musique classique que j?ai découvert l?orgue...

● Vous êtes un inconditionnel de la musique classique. Que retrouvez-vous dans cet univers ?

À vrai dire, la musique classique, celle française du début du 20e siècle, c?est comme du bon vin. C?est une introspection. La musique classique est un langage sans mot, une expérience profonde et? presque sensuelle. C?est tellement subtile. Pour moi, c?était comme si nous plongions un peu plus dans l?être car il est vrai d?affirmer que la musique classique donne une impression d?infini, des moments exquis?

●Votre passion n?est pourtant pas votre métier?

Oui. Je suis traducteur à la Clay Sanskrit Library en Angleterre. Je traduis des manuscrits du sanskrit à l?anglais. La Clay Sanskrit Library est réputée en Angleterre pour ses traductions de grands classiques indiens. Nos éditions sont publiées par la New-York University Press. Mon métier me permet néanmoins de voyager à travers le globe. J?ai fait six mois à la Réunion, puis Madagascar, Pakistan? Je suis à Maurice depuis janvier.

● Qu?est-ce qui vous a poussé à devenir traducteur?

J?ai toujours été fasciné par l?Inde. C?est un pays qui grouille de monde et qui est un véritable nid culturel. C?est cela qui m?a permis de me rapprocher du sanskrit. Dès l?âge de 18 ans, je savais que c?était ma voie. Et je continue à faire des découvertes. Car à travers mon métier de traducteur, je découvre des pays étonnants. Maurice, par exemple, possède beaucoup de caractère. Malheureusement je repars au début de juillet.

Propos recueillis par Tania HUËT

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