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Des villages touristiques pour démocratiser le tourisme
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Des villages touristiques pour démocratiser le tourisme
Cinq villages touristiques verront le jour dans différentes régions de Maurice. Le ministère du Tourisme et des Loisirs avait identifié 12 sites dans un premier temps. Ils ont été réduits à cinq. Et on évoque déjà les noms de villages comme Pamplemousses, Trou-d?Eau-Douce ou le très authentique village du Morne. Xavier Duval, le ministre du Tourisme, a même parlé de Quatre-Bornes, ville centrale et lieu déjà privilégié pour ses commerces et son marché.
C?est le discours du budget 2006-07 qui a donné la définition des villages touristiques : des stands, des restaurants et des espaces de loisirs destinés aux touristes et réservés aux petites et moyennes entreprises. Ils serviront également à promouvoir l?artisanat et l?art mauriciens mais surtout à devenir un ?instrument puissant pour démocratiser l?industrie touristique?.
Le ministère du Tourisme travaille activement à l?élaboration du plan final concernant le choix des sites et leur mode de gestion. ?Nous devons nous assurer que les communautés locales en retirent des bénéfices directs?, y souligne-t-on.
Des formules diverses sont déjà utilisées. Chamarel, identifié il y a quelques années comme la quintessence du village touristique, n?a jamais fonctionné (voir encadré). Actuellement, plusieurs centres commerciaux, fréquentés par les touristes, à Port-Louis, Curepipe mais aussi Pamplemousses ou Rivière-Noire, proposent des espaces aux artisans et aux petites et moyennes entreprises. Le Craft Market du Caudan Waterfront et l?Astrolabe du Port-Louis Waterfront connaissent des fortunes diverses. Le Ruisseau Créole, dernier-né, se targue d?avoir ?réussi l?alchimie entre les marques internationales et les produits locaux?, fait ressortir Thierry Jauffret, directeur du centre commercial.
Son bazar accueille une vingtaine de petits entrepreneurs sur les trente stands disponibles. Ils proposent surtout des produits locaux à des prix qui démarrent à Rs 50.
Mais les commerçants, eux, font grise mine. ?Le taux de fréquentation est trop faible et sur une trentaine de visiteurs, nous ne faisons guère plus de cinq ventes par jour?, se plaint Jay Mootoosamy, un des occupants du bazar. Herboriste réputé, il a également un emplacement au marché de Port-Louis, moins huppé certes, mais beaucoup plus fréquenté?
?Il faudra donc voir comment appliquer le concept. Nous voulons une formule participative?, insiste Xavier Duval. Le secteur privé semble prêt à jouer le jeu. Déjà, le projet de développement touristique intégré Anahita, de CIEL Properties, prévoit la création d?un ?carrefour d?échanges? dans son projet comprenant hôtels, villas et golf. Ce sera ?un endroit où pêcheurs, agriculteurs, plaisanciers et petits commerçants pourront trouver leur compte?, explique CIEL Properties. L?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice trouve, elle, l?idée de villages touristiques ?intéressante?. Mais selon Patrice Legris, le directeur de l?association, le choix des sites sera déterminant. ?Ils devront être situés dans des endroits qui sont très fréquentés par les touristes.?
Mais il met aussi l?accent sur la qualité des produits. Pour lui, il ne faudra pas faire de compromis avec la qualité, quitte à développer un programme de formation à l?intention des artisans et autres petits entrepreneurs.
La formule des villages touristiques est-elle valable pour Maurice ? En Afrique ou en Asie, où les traditions artisanales sont fortes, elle connaît un certain succès. Mais à Maurice, en revanche, elle n?a pas de bases aussi solides. De plus, les touristes sont très à cheval sur l?authenticité et se méfient des ?bricoles?. La chance de Maurice est qu?actuellement la tendance mondiale s?oriente de plus en plus vers un tourisme solidaire où les dépenses vont aussi aux collectivités locales.
ÉCHEC
Chamarel : le chaos !
■ Identifié en 2003 comme le premier des villages touristiques, Chamarel a voulu mettre en place des tables d?hôte et un centre d?artisanat. Mais après trois ans, les résultats ne sont pas concluants, aux dires des habitants du village. Rico L?Intelligent, le président du conseil de village, se plaint des tables d?hôte qui poussent comme des champignons. ?La formule a échoué parce qu?une seule personne en vit et que les taxis font la pluie et le beau temps avec leurs demandes de commission?, accuse le président du conseil de village. Avec l?annonce de la création de villages touristiques, il estime qu?il faudra intégrer Chamarel car c?est ?l?un des villages les plus fréquentés? par les touristes. A condition toutefois d?y ?mettre un peu d?ordre??
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