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Petit poisson est devenu grand

18 juin 2006, 00:00

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Finie l’ère où le tennis de table se résumait à Rajessen Descann et Ravi Bhurtun. Un nouveau champion a fait son entrée dans la cour des grands. Il s’agit du jeune Rhikesh Taucoory qui a remporté le Ravior Grand-Port Open. Un premier titre chez les seniors, acquis aux dépens de Ravi Bhurtun.

« Cela faisait plus d’un an que j’essayais de m’affirmer chez les seniors. Je butais à chaque fois soit en demi-finale soit en finale. Mais, samedi, c’était la bonne. Je suis ravi d’avoir enfin remporté un tournoi senior », se réjouit Rhikesh Taucoory.

Motivé à bloc, ce jeune de 18 ans a, désormais, les yeux rivés sur les championnats d’Afrique qui auront lieu en décembre et les Jeux des îles de l’océan Indien prévus en août 2007 à Madagascar.

Mais ses ambitions vont au-delà du continent noir. Après avoir participé aux Jeux du Commonwealth en mars dernier à Melbourne, Rhikesh Taucoory rêve de faire partie de l’équipe de Maurice pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008.

Il est prêt à tout donner pour pouvoir réaliser son rêve. À tel point qu’il envisage sérieusement de poursuivre sa formation dans un pays étranger.

Passionné de physique, Rhikesh Taucoory s’est inscrit aux cours d’ingénierie en mégatronics, à l’Université de Maurice et celle de Bordeaux I. « J’ai déjà obtenu une réponse favorable de l’université de Bordeaux. Grâce aux contacts établis par l’entraîneur national, Patrick Sahajasein, lors de son séjour à Bordeaux en mars dernier, j’ai la possibilité de m’entraîner avec le CAM, un club bordelais, ou encore le CREPS de Talence », précise le pongiste.

Cependant, une autre possibilité s’est présentée à lui, après que Sharon Bhurtun a refusé la bourse de la Solidarité olympique en vue des Jeux olympiques de 2008. Une bourse qui offre la possibilité de poursuivre une préparation dans le centre de haut niveau de Guangzhou en Chine jusqu’à l’échéance 2008.

<B>La Chine ou la France ?</B>

L’Association mauricienne de tennis de table, à travers le Comité national olympique mauricien (CNOM), a fait une requête auprès de la Solidarité olympique (SO) pour que cette bourse soit attribuée à notre interlocuteur. Vu son jeune âge, le CNOM a recommandé à l’instance internationale de considérer son cas, jusqu’aux JO de 2012. La SO n’a, toutefois, pas encore répondu à la demande du CNOM.

« Ce serait une opportunité en or pour la suite de ma carrière d’athlète et professionnelle. La Chine est la meilleure nation du tennis de table au monde. Son niveau d’éducation est également très élevé. Toutefois, si je n’ai pas une réponse d’ici fin août, je devrais considérer sérieusement l’option France car la rentrée scolaire est prévue pour début septembre », souligne-t-il.

C’est à l’âge de 12 ans, soit en 1999, que Rhikesh Taucoory s’est mis au ping pong. Soutenu par Ravi Bhurtun, entraîneur de l’école de tennis de table de Quartier-Militaire, il a vite gravi les échelons. En 2002, il intégra la sélection nationale dirigée à l’époque par le directeur technique national (DTN), le Chinois Huang Min. Il décrocha, durant la même année, sa qualification pour le championnat du monde cadet, suite à sa médaille de bronze obtenue au championnat d’Afrique juniors. Il est sélectionné en 2003 pour les Jeux des îles de l’océan Indien. Avec la sélection masculine, il décrocha l’or dans la compétition par équipes de ce rendez-vous indianocéanique. Ce fut alors le déclic pour la suite de sa carrière. En équipe avec Rajessen Descann, Ravi Bhurtun et Jean-Michel Appasamy, Rhikesh et ces derniers offrirent la médaille de bronze à Maurice lors des championnats d’Afrique 2004. En 2005, il participa, pour la première fois, aux Championnats du monde qui s’étaient tenus en Chine. Cette année, il a eu l’occasion de défendre les couleurs mauriciennes aux Jeux du Commonwealth de Melbourne.

Un palmarès pour le moins éloquent pour ce jeune qui ne compte que sept ans d’entraînement dans les jambes.

Rhikesh Taucoory se dit, toutefois, redevable envers son mentor, Ravi Bhurtun, qui l’a toujours soutenu tant dans sa carrière sportive que dans ses études. « Ravi m’a appris à jouer au tennis de table. En tant qu’enseignant, il m’a aussi aidé à trouver la juste mesure entre le sport et les études », confie-t-il.

Le joueur n’oublie pas non plus le soutien de l’entraîneur national, Patrick Sahajasein, celui de la fédération et de surtout de ses parents. Il a tenu également à féliciter la nouvelle équipe dirigeante de l’AMTT qui, selon lui, « oeuvre dans l’intérêt de la discipline ».

« Le nouveau comité prône l’ouverture vers l’extérieur. Je pense que c’est une bonne chose pour l’avancement du tennis de table et pour les pongistes », estime-t-il.

Le pongiste faisait référence, ici, au déplacement d’une équipe de jeunes en France pour un stage de trois semaines – au CREPS de Talence plus précisément. Ce stage précédait les Championnats d’Afrique juniors qui s’étaient tenus à Alger.

Athlète discipliné et dévoué, on ne peut que souhaiter bonne chance à Rhikesh Taucoory pour la suite de sa carrière.

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