Publicité

Grise mine des assureurs et sérénité des banquiers

18 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«C’était le branle-bas de combat. Nous avons eu une réunion marathon lundi pour savoir comment nous allions réagir. Quel marketing, mais aussi quels nouveaux produits proposer aux clients dont la priorité auparavant était de payer moins de taxes ? », lâche un cadre d’une des plus importantes compagnies d’assurances du pays. L’annonce de l’abolition des exemptions fiscales a semé un vent de contrariété chez les assurances.

Il n’y avait qu’à consulter la presse et les nombreux panneaux publicitaires pour savoir à quel point une partie des activités des assurances est liée aux abattements fiscaux. Chacun y est allé de son commentaire pour plaindre le contribuable qui paye des impôts, en lui proposant dans la foulée de souscrire une assurance ou un plan de pension pour en payer moins. Les craintes d’une baisse dans les performances du secteur sont donc réelles.

Mais Jacques de Navacelle, le directeur général de la Mauritius Union Assurance se montre moins nerveux que certains de ses collègues. « Bien évidemment, la réforme aura des conséquences. Mais c’est aussi une chance pour les assureurs. C’est à eux maintenant de trouver des produits attractifs. Je pense notamment que les fonds d’investissement dans l’immobilier pourraient connaître un essor certain. » D’aucuns prédisent que les jeunes salariés qui rentrent dans la vie active vont abandonner la « bonne habitude » de se ménager un petit filet de protection sous la forme d’une assurance vie. « Ils vont se dire que ça ne sert plus à rien de penser que sur le très long terme », se désole un agent d’assurances.

En revanche, chez les banquiers, l’humeur est plutôt au beau fixe, même si l’inquiétude planait en début de semai-ne. Les jeunes couples qui cherchent à investir dans une maison ou un appartement risquent-ils de ne pas le faire parce qu’ils ne disposeront plus de la possibilité de déduire les intérêts de leurs revenus imposables ? Cela leur assure, en effet, un impôt à taux zéro dans de nombreux cas. Cette technique est également utilisée par les ménages aisés qui voient dans le prêt logement le prétexte idéal pour faire des travaux qui ne sont pas indispensables, tout en bénéficiant d’abattements fiscaux conséquents. « Ils ont des millions en banque, mais empruntent quand même. Ceux-là vont désormais se dépêcher de rembourser leurs prêts », commente le directeur d’une filiale d’une grande banque.

Christian Montagard, le directeur de la Banque des Mascareignes ne voit arriver aucun orage. Pour lui, la grande majorité de ceux qui investissent dans l’immobilier le font parce qu’elle désire un logement ou cherche à investir sur le long terme, en tablant sur une appréciation de la valeur de la maison ou de l’appartement. Reste ceux qui ont de gros revenus et qui contractent des prêts logement uniquement pour bénéficier d’abattement fiscaux importants. « Ils ne sont pas si nombreux que cela », avance Christian Montagard.

Le banquier voit même poindre de nouvelles tendances concernant les prêts au logement. « Les plans épargne logement devraient connaître un regain d’intérêt. Car en épargnant durant 2 ou 4 ans, de nombreux jeunes qui débutent dans la vie active pourront bénéficier de prêts logement à des taux préférentiels. On compensera la perte en fiscalité par une baisse des taux. »

Publicité