Publicité
Revoir les critères pour les investisseurs étrangers : l?opposition insiste
Par
Partager cet article
Revoir les critères pour les investisseurs étrangers : l?opposition insiste
Les incitations pour les investisseurs étrangers, prévues dans le budget, préoccupent l?opposition. Son leader, Nando Bodha, estime que le gouvernement doit revoir certains de ces critères. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam rassure en soutenant que des garde-fous existeront et que toute personne qui donnera des informations erronées sera sanctionnée. C?était lors de la Private Notice Question (PNQ), hier, à l?Assemblée nationale.
Nando Bodha est préoccupé par le risque que des personnes d?intégrité douteuse obtiennent des permis et puissent travailler sur le sol mauricien au détriment de la réputation du pays et de son économie. Navin Ramgoolam dit partager la même inquiétude. Cependant, il rassure la chambre que « les procédures simplifiées pour l?obtention des permis n?équivalent pas à un octroi aveugle des permis ».
De plus, le Premier ministre rappelle que l?Immigration Act stipule qu?un ressortissant étranger peut être dépourvu de son statut de résident si l?intérêt public l?exige. « Le permis de résident est révoqué au cas où la personne a fait une fausse déclaration, a induit en erreur un officier de l?immigration ou a été condamné à l?occasion d?un délit criminel menant à la prison.»
Devant la crainte de Nando Bodha, qui évoque que les anciennes dispositions pour ce genre de plan prévoyaient des emplois étrangers pour des secteurs spécifiques, Navin Ramgoolam, tente de le convaincre : «Plus que jamais nous avons besoin des investissements étrangers. Les filets de protection n?existent plus et nous devons nous ajuster aux changements.»
Nando Bodha fait ressortir les risques qu?implique le fait qu?un ressortissant étranger puisse obtenir un occupational permit avec seulement Rs 3 million (contre Rs 50 millions auparavant) et ce, en trois jours. Navin Ramgoolam, réplique qu?il était impératif d?éliminer toutes les barrières pour les investisseurs étrangers, qui doivent faire une « course d?obstacles » avant d?obtenir des permis pour investir à Maurice. C?est la clé de la réussite des pays comme Singapour, Dubayy, et Hong-Kong, a fait remarquer Percy Mistry, dans une de ses analyses.
Non satisfait, Nando Bodha, relance Navin Ramgoolam sur les critères. Et celui-ci ajoute : « Le passé n?a pas produit de résultats. Et puis, il ne faut pas prendre tout le monde pour criminel.» Très inspiré par le modèle singapourien, Navin Ramgoolam rappelle qu?en un jour, un ressortissant étranger peut initier un projet d?investissement dans ce pays.
<B>Attitude xénophobe</B>
Le whip de l?opposition, Showkutally Soodhun, a voulu savoir si les investisseurs bénéficieront de l?éducation, des services médicaux et du transport gratuits. Le Premier ministre estime que ces investisseurs sont couverts par des assurances et que leurs enfants fréquentent souvent les écoles privées. Si l?opposition a fait comprendre qu?elle n?est pas contre l?ouverture, Navin Ramgoolam plaide cependant pour qu?on n?adopte pas une attitude xénophobe.
Quant au député MSM Joe Lesjongard, il a voulu comprendre les implications de « unrestricted jobs » pour les épouses. Navin Ramgoolam lui a rétorqué qu?il faut encore qu?elles répondent aux critères de sélection.
Pour Alan Ganoo, le fait que les étrangers pourront acquérir des biens immobiliers après trois ans est inquiétant, d?autant que leur valeur est toujours en hausse. Le leitmotiv de Navin Ramgoolam se résume en une phrase : « Le monde change, il faut s?adapter. Nous avons besoin d?investissements. Nous ne devons pas avoir peur des défis.»
En expliquant la philosophie du budget sur cette question, le Premier ministre soutient que le gouvernement a voulu «rationaliser » et rendre les procédures plus transparentes pour les demandes de permis de travail, de résidence et pour l?acquisition des biens.
Il rappelle que sous le présent Permanent Residence Scheme et Scheme to attract professionals in emerging sectors, le droit pour l?achat des biens est automatique. Ces deux schemes seront abolis à la suite des nouvelles mesures annoncées dans le budget. Ainsi, le nouveau Permanent Residence Permit sera octroyé à un étranger et sa famille après trois ans d?activité, conformément aux conditions d?entrée. Le permis sera valide pour dix ans et permettra un « unrestricted work and residence as well as purchase of real estate ». Un comité a été mis sur pied pour travailler sur ces mesures.
Navin Ramgoolam fait ressortir que l?investissement étranger a été « très très faible » ces dernières années. En moyenne, il était à 4,5 % de l?investissement total. Alors qu?à Singapour, ce chiffre est de 60 % et à Hong-Kong de 40 %.
De plus, la contribution de l?investissement privé au produit national brut est en déclin. Il s?élevait à 17 % en 2000 et 13,8 % en 2003. En 2005, il était de 14,7 %. L?idéal serait 20 % pour propulser l?économie sur la voie d?une meilleure croissance, affirme le chef du gouvernement.
Face à un environnement international « hostile » (la fin de l?accord multifibre, les réformes du régime sucrier européen, l?augmentation du coût de l?énergie), les piliers de l?économie ressentent les secousses de la libéralisation du commerce, fait remarquer Navin Ramgoolam. Sans compter les maux nationaux : déclin de la croissance, fort taux de chômage, déficit budgétaire élevé et dette élevée. D?où la nécessité d?être plus compétitifs, pour « donner de l?emploi à nos chômeurs, pour créer des postes plus productifs et pour permettre au gouvernement de respecter ses engagements pour plus de justice sociale et d?équité ».
Navin Ramgoolam précise que 25 247 personnes détiennent un permis de résidence. De plus, depuis 1989, 108 compagnies étrangères ont obtenu des permis pour acquérir des terres ou autres biens immobiliers, sous le Non Citizens (Property Restriction Act). Sous le scheme pour attirer des professionnels dans des secteurs émergents, six personnes ont eu l?autorisation d?acheter des biens, alors que 50 autres peuvent le faire sous le Permanent Residence Scheme.
Publicité
Publicité
Les plus récents