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Vieillir aurait pu coûter plus cher

16 juin 2006, 00:00

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Vivre plus longtemps et mieux a un coût. Si les Mauriciens ne le savaient pas, le voile de leur ignorance a été brutalement déchiré vendredi dernier par le ministre des Finances Rama Sithanen. Il faudra travailler plus longtemps.

Chaque année, quelque 9 000 personnes atteignent l?âge de la retraite qui est actuellement à 60 ans. Si tout se passe selon les plans du gouvernement, à partir de 2018, il faudra attendre ses 65 ans pour toucher la retraite universelle assurée par l?état. Et aussi la retraite contributive gérée par le Fonds national de pension.

L?évolution vers la retraite à 65 ans se fera de manière progressive à partir d?août 2008. La transition dure donc dix ans. Vous avez du mal à vous situer dans ce schéma ? Eh bien, si présentement vous avez 58 ans ou plus, ne vous prenez pas la tête. Vous pourrez toucher une full pension quand vous aurez 60 ans. Mais attention, il faudra atteindre cet âge fatidique avant août 2008 !

Idem pour ceux qui ont actuellement 53 ans ou moins. Vous pouvez retourner à la Coupe du monde de football. Vous aurez à travailler cinq ans de plus que vous avez peut-être prévu. Pas de retraite avant 65 ans. A moins d?avoir de solides raisons médicales pour soutenir une demande de retraite prématurée. Bien entendu, vous pouvez toujours arrêter de travailler et accepter une retraite inférieure à l?optimal.

Ceux qui souscrivent déjà à un plan d?épargne-retraite privé n?ont pas à s?inquiéter non plus. Comme le dit Félix Maurel, chief executive de La Prudence Mauricienne, ce type d?épargne est régi par les termes du contrat liant le gestionnaire du fonds et son client. Ce contrat ne change pas. Cependant, les fonds privés sont généralement flexibles et le client devrait pouvoir continuer à contribuer jusqu?à 65 ans ou plus s?il le souhaite. Il pourra ainsi prétendre à une retraite plus élevée. La question devra être reprise à titre individuel avec l?administrateur du plan de retraite.

Période de transition

Si en revanche vous êtes actuellement âgé entre 53 ans et 58 ans, vous êtes directement concerné par la période de transition vers la retraite à 65 ans. Cette période démarre en août 2008 et prend fin dix ans plus tard en 2018. Il vous faudra attendre entre un mois et cinq ans avant de pouvoir toucher votre retraite.

La formule est désormais connue. Il faudra prolonger son âge de la retraite d?un mois tous les deux mois. Le ministère de la Sécurité sociale fera circuler un tableau travaillé avec précision auquel chacun pourra se référer. Celui-ci sera disponible notamment dans les bureaux régionaux de la sécu, dans les centres sociaux et les Citizens? Advice Bureau. De plus, le ministère compte envoyer des courriers personnalisés à ceux qui sont concernés par la période de transition deux ou trois mois avant qu?ils ne deviennent éligibles à leur retraite. En attendant, nous publions à titre indicatif une grille préparée avec l?aide du ministère, que le lecteur pourra compléter à loisir (voir plus loin).

Cela fait une bonne quinzaine d?années maintenant que Maurice envisage de réformer son système de pension. Les tentatives passées se sont soldées par un échec faute de consensus entre les différents partenaires mais aussi en raison d?un certain laxisme politique. Pour apprécier cette réforme à sa juste valeur, il convient de comprendre pourquoi on en est là.

?Ceux qui souscrivent déjà à un plan d?épargne- retraite privé n?ont pas à s?inquiéter? Ce type d?épargne est régi par les termes du contrat liant le gestionnaire du fonds et son client. Ce contrat ne change pas.?

D?abord, il faut se dire que c?est la population active qui assure la retraite aux plus âgés. L?argent de la pension de vieillesse provient des rentes de l?Etat à partir de taxes diverses. La retraite contributive est assurée par la contribution que font employés et employeurs au Fonds national de pension.

Chaque cinq ans, à l?occasion d?une évaluation du National Pension Scheme, les actuaires prédisent la faillite du système. La population vieillit, font-ils remarquer. Le Bureau central des statistiques soutient ce constat dans une de ses dernières études : pour chaque 100 enfants qui ont moins de 15 ans, le pays compte actuellement 39 adultes de plus de 60 ans. Dans 40 ans, ce sera 137 vieux pour chaque 100 enfants.

Bientôt, il n?y aura plus assez de jeunes pour travailler et contribuer à la retraite des anciens. C?est une question de quelques décennies. Actuellement, sept jeunes soutiennent la retraite d?un ancien. Dans 40 ans, ils ne seront plus que 2,3.

Pour maintenir le niveau, il faudra trouver d?autres sources de financement. La population active pourrait avoir à contribuer davantage. Ou alors, il faudrait puiser des revenus d?investissements. ?Le hic, c?est que ces revenus ne sont pas intarissables?, relève Nunkumar Deerpalsingh, ancien commissaire des pensions au ministère de la Sécurité sociale et aujourd?hui conseiller à ce même service.

Il explique pourquoi l?augmentation de l?âge de la retraite se présente comme la meilleure solution pour l?avenir. D?abord cela permet d?éviter une hausse de la contribution mais, dit-il, mais elle permet surtout d?ajuster le système à l?évolution sociale et démographique de Maurice.

Les secteurs primaires, en particulier l?agriculture, emploient de moins en moins de personnes, soit 55.1 % de la main d??uvre en 1968 contre environ 8 % maintenant. C?est dire que la pénibilité des tâches diminue, aidée par les avancées technologiques. Même dans le secteur manufacturier, les opérations sont grandement automatisées. Ces facteurs, qui se conjuguent avec une amélioration continue des services de santé et du niveau d?éducation des Mauriciens, font que les personnes âgées d?aujourd?hui sont beaucoup plus fortes qu?hier.

Utilisation judicieuse

En outre, l?augmentation de l?âge de la retraite permet une utilisation plus judicieuse des ressources humaines, poursuit Nunkumar Deerpalsingh. ?Développer le capital humain coûte très cher. L?éducation, la formation, le recyclage sont des investissements importants qui occupent une bonne partie de la vie de l?adulte. Ce n?est pas intelligent de laisser partir cette ressource à 60 ans alors qu?elle est parfaitement en mesure de contribuer. Ce serait du gaspillage !?

L?ancien commissaire des pensions fait peu de cas des critiques formulées contre l?extension de l?âge de la retraite. Cette réforme est-elle anticonstitutionnelle ? ?La section 94 de la Constitution est un héritage colonial garantissant effectivement une retraite aux fonctionnaires. Mais cette clause n?est pas prohibitive. Elle ne prévoit pas de pénalités en cas de non-observation. C?est une question civile qui peut être réglée. Qu?est-ce qui empêcherait, par exemple, l?employeur d?offrir des incitations pour encourager le salarié à rester en emploi plus longtemps ??

Garder les anciens plus longtemps menace-t-il l?emploi des jeunes ? Nunkumar Deerpalsingh rejette cette accusation aussi. ?Toutes les études menées par les organisations internationales, y compris l?Organisation internationale du travail, indiquent le contraire. L?expérience de pays comme la France démontrent aussi que c?est un faux débat. Au contraire, la création d?emploi dépend du niveau d?activité dans une économie qui, à son tour, dépend de la qualité des ressources qui sont déjà là. De fait, les anciens contribuent à créer des emplois et non le contraire.?

Souvent, l?objectif de toute une vie de travail est de jouir d?une bonne retraite. Cette vérité prosaïque est peut-être difficile à avouer mais elle est bien évidente dans ce débat passionné que suscite tout projet de réforme de la retraite. Les politiques sont des participants des plus intéressés. Les personnes âgées constituent 12 % de leur électorat maintenant. Ils seront 23 % dans 40 ans. Cela suffirait à lui seule d?encourager le gouvernement à ne pas céder aux arguments dépassés.

COMPRENDRE

Le système public des retraites à Maurice est connu comme le National Pension Scheme (NPS). Il fut introduit en juillet 1978, par la promulgation du ?National Pension Act? (1976), texte de loi qui est resté, pour l?essentiel, inchangé depuis.

Le NPS donne droit à deux types de retraites. Le premier est la Basic Retirement Pension (BRP), plus connue comme la pension de vieillesse. Elle est universelle, un montant minimal payé par l?Etat à toute personne de nationalité mauricienne qui a vécu au pays pendant un certain nombre d?années avant d?atteindre ses 60 ans.

Une personne a droit à la BRP même si elle n?a jamais travaillé de toute sa vie. Le montant touché dépend de l?âge du bénéficiaire. S?il se trouve dans la tranche des 60 à 70 ans, il percevra Rs 2 200 par mois. La retraite augmente passé le cap de 70 ans.

Le deuxième type de pension prévu sous le NPS est contributif. Il est destiné uniquement aux personnes qui travaillent. Le Fonds national de pension (FNP) est constitué à cette fin. Il est géré par un comité d?investissement qui fait fructifier l?argent pour le compte des contribuables.

Le salarié contribue 3 % de son salaire à cette caisse et son employeur 6 %. Déduite à la source par l?employeur qui la verse ensuite au FNP, cette contribution s?élève donc à 9 % par tête de salarié. Elle est supérieure dans l?industrie sucrière : 3,5 % pour l?employé et 7 % pour l?employeur. Le salarié accumule ainsi des points de pension qui détermineront le montant de sa retraite.

Les banques, les compagnies d?assurances et autres fonds privés offrent de plus en plus une autre possibilité aux Mauriciens : celle d?acheter aussi un plan de retraite taillé sur mesure. Cela aide le retraité à étoffer ses rentes quand il cessera de travailler. Ces plans sont flexibles. Ils permettent au contribuable d?augmenter sa participation, de se retirer ou encore de rester plus longtemps, mais avec l?accord du gestionnaire du fonds. Jusqu?ici l?Etat à encouragé l?adhésion à ce type de plan, en exonérant toute contribution, de même que les ?lump sums? perçus, de l?impôt.

Le pour et le contre?

?Pension à 65 ans ? Avek sa travay la, 60 tan mem pa sir pou resi arive !? Réactions spontanées de Gino Ramaya et de Jean Collet, deux maçons de 42 et 45 ans respectivement, à la décision du gouvernement de prolonger officiellement l?âge actif des Mauriciens.

La maçonnerie n?est pas un travail pour les faibles. Elle exige des efforts physiques considérables et de l?endurance au quotidien. Gino et Jean sont dans le métier depuis qu?ils sont en âge de travailler. Ils commencent à en ressentir les séquelles. ?Mo santi mo pa pou kapav fer sa travay mason la lontan. Nou finn rod travay. Nou fer stamp kart somer depi enn ta banane me ziska ler pa nanien mem.?

Il n?y a pas que l?augmentation de l?âge de la retraite. Ces pères de famille de Cité Florida, quartier pauvre de Baie-du-Tombeau, disent leur amertume sur l?ensemble du budget. ?Tou zafer kout ser aster?, se plaint Gino, père de quatre enfants. ?Lor la diri ek la farinn pe monte. Gouvernma dir li pou rann nou lor bil kouran. Be mwa mo bil vinn ziska Rs 1000. Tou le tan mo pe dwa CEB de mwa. Kouma gouvernma pou ed mwa ?? se demande Jean, chef d?une famille de cinq enfants.

Plus loin à Terre Rouge, Krishna Ramlall fait vivre sa petite famille du lopin d?un demi-arpent loué à un propriétaire. Il y fait pousser de fines herbes et des salades. Il fait écho aux plaintes des deux maçons concernant la cherté de la vie et accueille l?augmentation de l?âge de la retraite avec un haussement d?épaules. ?Mem si ti gagn pansion a 60 tan, mo ti pou bizin kontinye al karo. Ou krwar ek sa Rs 2 000 gouvernma la kapav viv ??

Devendra, 53 ans, est technicien dans une compagnie privée de la capitale. Avec l?amendement de l?âge de la retraite, il estime qu?il aura à travailler environ deux ans de plus avant de pouvoir toucher une full pension. ?Mais je ne pense pas que je vais attendre jusque là. J?ai investi dans deux plans de retraite privés. Ma cadette va à l?université cette année et je vais prendre ma retraite dès qu?elle aura terminé ses études.?

Son collègue Jayen est plutôt content de l?extension de l?âge de la retraite. A 55 ans, il ne se sent pas prêt à aller s?occuper uniquement des roses de son jardin. ?Le pays a besoin de la contribution de tous. Il faut travailler aussi longtemps que la santé vous le permet mais je suis rassuré de savoir que des portes de sortie seront prévues pour ceux qui n?en peuvent plus.?

Dans le même bureau, Pierre, 63 ans, est un jeune retraité qui est retourné à l?emploi depuis trois ans. ?Quand on travaille dans le privé, il faut faire très attention. Si on n?a pas assuré ses arrières, on risque de se retrouver très vite sur la paille, une fois l?âge de la retraite atteint. Moi, j?ai pris mes précautions mais il m?a quand même fallu reprendre le travail car je courrai le risque de voir mes maigres économies partir comme du sable entre les doigts.? Néanmoins, Pierre aurait préféré que le gouvernement accorde aux citoyens le choix de décider de travailler après 60 ans.

QUESTIONS À BERNARD YEN DIRECTEUR GÉNÉRAL, HEWITT LY LTD

?La transition vers la retraite à 65 ans aurait dû être plus longue?

● Les actuaires, y compris Hewitt LY Ltd, anciennement Bacon, Woodrow and Legris, ont tous recommandé la réforme du système de pension à Maurice afin d?en améliorer la viabilité dans le temps. Comment accueillez-vous la proposition d?étendre l?âge de la retraite à 65 ans ?

Nous approuvons l?intention derrière la proposition budgétaire. L?amélioration continue de l?espérance de vie et le vieillissement de la population a malheureusement un coût. Ce serait irresponsable de la part d?un gouvernement de ne pas se prémunir contre les implications de ce phénomène sur les finances de l?Etat. Cependant, nous aurions préféré que les autorités prévoient une plus longue période de transition.

● Deux ans ne suffisent pas ?

Selon notre expérience, il faut prévoir au moins cinq ans pour permettre aux gens de s?ajuster. Retarder le début de la période de transition par trois ans de plus aurait eu un impact économique minimal. En revanche, cela aurait atténué le choc pour ceux qui seront immédiatement concernés par cette réforme. L?Angleterre, par exemple, s?est donné 15 ans pour permettre aux Anglais de se préparer à la retraite à 65 ans. L?augmentation de l?âge de la retraite leur avait été annoncée au début des années 90 alors qu?elle ne prend effet qu?entre 2010 et 2020. Ici, elle concerne toute la population et on se propose de la réussir en bien moins de temps !

● Quelle est l?urgence d?étendre la réforme du ?Basic Retirement Pension Scheme?(BRP) aux plans privés et contractuels ?

Une telle généralisation peut s?avérer nécessaire pour la viabilité à long terme du système des pensions à Maurice mais ce n?est pas certain. Ce n?est même pas progressiste. En particulier dans le secteur privé où l?entreprise est la mieux placée pour décider des questions relevant de l?âge normal de la retraite et du design d?un plan de pension. Elle est plus à même d?en gérer les implications sur sa trésorerie et sur ses ressources humaines. Il vaudrait mieux lui laisser cette liberté dans le cadre du ?Private Occupational Pension Bill ?en préparation.

● N?est-ce pas pousser la volonté de réforme trop loin que de limiter les futures hausses du BRP uniquement à un taux équivalant l?inflation ?

L?indexation de la retraite universelle à l?inflation est une bonne chose. Cependant, l?intention du gouvernement de limiter toute hausse à la compensation du pouvoir d?achat indéfiniment est inquiétante. Il faudrait, au contraire, prévoir un réajustement vers le haut si cette prestation perd du terrain par rapport à l?évolution de la moyenne nationale des revenus par tête. Il faut veiller à ne pas éroder le statut social des retraités.

● L?épargne pour la retraite sera imposable à partir du mois prochain. Quelles pourraient en être les implications pour les fonds de pension ?

Le discours du budget ne laisse planer aucun doute que la plupart des exemptions fiscales liées aux produits d?épargne vont disparaître. Nous espérons avoir tort mais il nous semble à ce stade que même la contribution aux plans de pension sera imposable à partir du mois prochain. De même, l?investissement accumulé et aussi le ?lump sum? payable à la maturité de tels plans pourraient ne plus être exemptés. Cela ne motive certainement pas l?épargne pour la retraite. Il pourrait même entraîner un effondrement de ce type d?épargne, ce qui à son tour fera monter la pression sur la retraite universelle payée par l?Etat.

● En éliminant les exemptions, le gouvernement cherche à se prémunir contre l?abus. N?est-ce pas là un objectif noble ?

Nous conseillons vivement au gouvernement de prendre des mesures qui préviennent l?abus plutôt que d?éliminer toutes les exemptions. Il y a une distinction à faire entre les produits d?épargne à court terme qui peuvent être encaissés à tout moment et les plans de pension qui bloquent l?argent jusqu?à la retraite et qui produisent un revenu imposable pendant la retraite. L?exemption des contributions aux plans de pension est essentielle pour éviter la double imposition que le ministre des Finances a tenu à éviter dans le cas des dividendes, notamment. Il faut éviter d?amener des changements sans nuances qui pourraient nuire de manière irréversible au système des retraites à Maurice.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Shyama SOONDUR</B>

SYSTÈME DE PENSIONS

<B>L?employeur préfère avoir le choix</B>

La réforme de toutes les pensions est-elle la prérogative de l?Etat ? Ou alors, conviendrait-il mieux de laisser le devenir du Fonds national de pension et des fonds de retraite privés aux soins de ceux qui y contribuent, à savoir, les employeurs et les employés ? Il y a sûrement une position de compromis à dégager. Un souhait pour plus de flexibilité par rapport à l?augmentation de l?âge de la retraite se fait entendre dans les rangs des contribuables.

La retraite à 65 ans n?est pas sans implications pour l?entreprise, sur le plan financier aussi bien que sur celui de la gestion des ressources humaines. Eddy Jolicoeur, directeur des ressources humaines du groupe Rogers, aurait préféré que la prolongation de la vie active demeure une option plutôt que de devenir une obligation. Tant pour l?employeur que pour l?employé. ?Il faut que l?entreprise puisse disposer de la flexibilité voulue pour se protéger contre le manque de renouvellement.?

Eddy Jolicoeur fait remarquer que les meilleurs employés travaillent déjà au-delà des 60 ans s?ils le souhaitent et si l?entreprise le leur demande. ?On les retient consultant ou sous contrat. Dorénavant ce sera à l?intérieur de l?organigramme et ce n?est pas sans conséquences.? Le défi est certainement de taille pour le directeur des ressources humaines, qui devra revoir le plan de succession et de promotion et gérer l?ambition, somme toute légitime, des plus jeunes. ?La mobilité d?emploi va s?accentuer mais ce n?est pas nécessairement une mauvaise chose.?

L?autre challenge : améliorer l?adaptabilité au changement et ce n?est pas toujours une partie facile. Eddy Jolicoeur évoque la situation de ces employés qui ont vécu les années de prospérité. ?Ce sont aujourd?hui des personnes plus âgées, habituées à leurs confort mais devant évoluer dans un contexte dynamique et agressif. Il faudra les préparer psychologiquement à rester plus longtemps, à accepter les nouvelles méthodes de gestion et les exigences de la productivité??

Le directeur des ressources humaines du Rogers Group est au courant de la tendance mondiale vers la retraite à un âge plus avancé. Il accepte volontiers les raisons qui motivent cette évolution. Néanmoins, en l?absence d?une idée plus précise de la manière dont le gouvernement mauricien entend procéder, il fait écho aux appréhensions déjà exprimées ici et là et se préoccupe du sort de ceux qui pratiquent des métiers nécessitant de gros efforts physiques ou une sécurité optimale.

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