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Mgr Margéot défend la liberté religieuse

5 juin 2006, 20:00

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En ce début de juin 1981, l?évêque de Port-Louis, Mgr Jean Margéot, profite de la messe annuelle, en l?honneur de la journée mondiale des Moyens de communications sociaux, pour rappeler la position de son diocèse comme celle de l?Eglise catholique romaine sur la liberté religieuse. Il commence par la définir : ?Cette liberté consiste en ce que les hommes doivent être soustraits à toute contrainte, de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit de telle sorte qu?en matière religieuse nul ne soit forcé d?agir contre sa conscience ni empêché d?agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé avec d?autres.?

Il estime que l?actualité de ce deuxième trimestre de 1981 justifie pleinement, sinon urgemment, ce rappel de la déclaration du Concile oecuménique de Vatican II à l?effet que ?le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine?. Ce droit à la liberté religieuse doit être reconnu de telle manière qu?il fasse partie inhérente du code civil en vigueur dans un pays donné.

En cela le Concile de Vatican II est en parfait accord avec la Déclaration universelle des droits de l?homme. A l?article 18 de cette charte, il est stipulé ceci : ?Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.?

Mgr Margéot souligne le côté positif des liens étroits existant entre liberté religieuse et liberté de pensée. Il précise que la liberté religieuse inclut forcément la liberté de culte, autrement dit la liberté de pratiquer les prescriptions de sa religion, à titre personnel ou collectif.

La Constitution de Maurice respecte également la liberté religieuse. A l?article 11, il est stipulé ceci : ?Personne ne sera empêché de jouir de sa liberté de conscience.? La Constitution de Maurice reconnaît le droit à la conversion religieuse, autrement dit la totale liberté de changer de religion et de croyance, soit seul soit avec d?autres, soit en privé soit en public, de manifester, de propager sa religion et ses croyances.

Mgr Margéot rappelle parallèlement le devoir des chrétiens de promouvoir l?unité et la charité entre les hommes, entre les Mauriciens. Cette tâche revêt une urgence particulière pour Maurice. En dépit de nos différentes sensibilités religieuses nous avons en commun le devoir de constituer un peuple religieux, d?édifier une nation religieuse. Au-delà de nos divergences culturelles et ancestrales, nous sommes appelés à vivre ensemble, à bâtir ensemble une grande famille mauricienne, à resserrer les liens d?amour et de fraternité entre compatriotes d?origines diverses.

Mgr Margéot va même plus loin lorsqu?il demande à ses oreilles de ?respecter la Vérité que véhiculent les diverses religions pratiquées à Maurice : ?Vis-à-vis des Mauriciens non chrétiens, les catholiques pousseront le respect à l?égard de l?hindouisme jusqu?à reconnaître ce rayon de Vérité? Ils ne doivent rien rejeter de ce qui peut être vrai dans les autres religions.?

L?actualité, à laquelle l?évêque du Port-Louis se réfère plus particulièrement, concerne le conflit surgi entre des membres de Salut, mission et guérison et des hindous de la région de Bassin, Quatre-Bornes. Ce conflit a donné lieu à des incidents fort regrettables, au cours desquels des statuettes religieuses ont été endommagées. Ces actes de vandalisme, considérés à juste titre comme des sacrilèges par les croyants concernés, donnent lieu à une manifestation anti-Salut, mission et guérison, à Quatre-Bornes.

La manifestation anti-Salut, mission et guérisoon attire environ 1 500 personnes à la place Jules-Koenig. L?initiative en revient au mouvement Deen Bandhu et au Hindu Yudh Yuvak de la route Bassin. Des résolutions, votées à la fin de la manifestation, demandent au gouvernement Ramgoolam de prendre les mesures qui s?imposent. La manifestation est présentée par la presse travailliste comme une démonstration de force contre les mouvements de déculturation de la communauté mauricienne hindoue.

Même si l?assistance demeure en deçà des espérances, le message émis est parfaitement clair. Les personnes présentes font comprendre qu?elles sont conscientes de la menace que constituent, pour leurs convictions religieuses ancestrales, les menées entreprises par quelques missionnaires et autres prosélytes.

Prennent la parole à cette occasion MM. Aubeeluck du Yudh Yavak, Ramsewak de Deen Bandhu, Appadoo de l?Andra Maha Sabha, Mootoosamy, représentant d?une société tamoule. Ils rappellent que les hindous sont, par nature, tolérants et pacifiques. La situation peut changer du tout au tout, pour peu qu?on menace leurs croyances et leurs pratiques religieuses. Ils multiplient les mises en garde contre les actes de provocation. Certains orateurs évoquent la crainte que la communauté majoritaire ne se retrouve minoritaire, à brève échéance, si les autorités concernées tolèrent plus longtemps l?effritement dont ils s?estiment les victimes.

Sarita Boodhoo distribue, à cette occasion, un pamphlet intitulé : ?What?s wrong with the Hindu ??

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