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Pudibonderie excessive
On vient de reculer de plusieurs années à cause du visa 18 apposé au long-métrage mauricien Bénarès.
Le Board of Film Censors a jugé utile sans raison valable de penser qu?un jeune de moins de dix-huit ans ne pouvait entendre le mot kok et tété. Ce comité vit peut-être dans un monde parallèle qui ne connaît pas le langage et le mode de vie des jeunes.
L??uvre cinématographique de Barlen Pyamootoo a été victime de rétrogrades. Ces derniers ne regardent de toute évidence pas les films américains et européens qui sont projetés au cinéma ou encore diffusés à la télévision. Est-ce à dire que certains mots passent mieux lorsqu?ils sont dits en français ou en anglais ? Cela veut alors dire que la langue créole, par ces deux simples mots, est obligatoirement plus vulgaire ?
Notre passé colonial implique-t-il qu?il faille faire preuve d?indulgence en ce qui concerne le français et l?anglais ? Si c?est le cas, nous ne sommes pas sortis de l?auberge. Le film de Barlen Pyamootoo s?est illustré par la poésie de ses dialogues et de ses images. Les acteurs ont fait un beau travail. Là où ils auraient pu se comporter de manière vulgaire ou même provocante par rapport aux prostituées, ils ont montré une délicatesse touchante. Les mots « prostituée » ou « pute » n?ont d?ailleurs jamais été utilisés durant le film.Le Board of Film Censors a agi de manière excessivement pudibonde.
Le nouveau président de ce comité n?a aucune raison d?être fier. Son parcours dans cette institution restera marqué par cette décision incomprise et décriée. Même s?il change d?avis et décide d?apposer un visa 15, cette première décision restera gravée dans les mémoires.
La décision du Board of Film Censors aura cependant le mérite de donner encore plus envie aux gens d?aller voir ce film qui a été si « choquant » au regard des censeurs. Ce film doit être vu par les Mauriciens. Le plus grand nombre devrait s?intéresser à ce travail réalisé au prix de nombreux efforts.
Cette semaine a été principalement marquée par cette décision incompréhensible. En ce qui concerne la MBC, le journal télévisé a peut-être établi un nouveau record cette semaine. Une présentatrice ainsi qu?un journaliste ont fait une course contre la montre lors de leurs interventions. Dommage. Le journaliste a certes fait une belle synthèse, par rapport à une séance parlementaire, avec de nombreuses informations. Mais le temps lui manquait pour tout dire. Il gagnerait à réduire son débit car une seconde d?inattention et nous avions perdu le fil. Mercredi soir, Ravin Bacchoo a réalisé une bonne émission avec la présence du ministre des finances et vice-premier ministre Rama Sithanen. Il avait invité des membres de la presse écrite.
Cet exercice a permis au public de mieux comprendre la situation économique et ses problèmes actuels.
Le tout dans un souci de transparence et d?objectivité. Un exercice à renouveler régulièrement.
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