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Réginald de Baritault, le visionnaire
Nous sommes le vendredi 19 mai 2006. 17 h 30. Réginald de Baritault, un homme très actif, est allongé dans un grand lit.
Il n?est ni sur un lit d?hôpital ni dans sa propre maison. Il est confortablement allongé dans le sein de C-Rex 23, un bateau ultra-rapide capable littéralement de percer les vagues sans modifier ni le degré de confort de ses passagers ni sa vitesse qui peut atteindre les 60 km/h.
« On a fait toutes nos classes ensemble. Qu?est-ce qu?il parlait en classe ! Je pensais qu?il allait se faire pilote. Jamais je n?aurais cru qu?il serait l?initiateur du projet d?un bateau révolutionnaire », témoigne son ami Muslim Bhatoo, président du conseil d?administration de la Tourism Authority.
Les félicitations provenant du monde politique, des amis, des collaborateurs, vendredi, contrastent singulièrement avec le scepticisme qui a marqué le début du long pèlerinage de Réginald de Baritault lorsqu?il tentait de convaincre les hommes d?affaires de la capitale qu?il n?était ni un rêveur ni un extraterrestre et qu?il était tout simplement un visionnaire.
Et le petit homme qui sillonnait les rues de Port-Louis est reconnu aujourd?hui comme le concepteur d?un prototype de bateau unique dans le monde. « Ma première visite à Maurice date de 55 ans. Beaucoup d?entre vous n?étaient pas encore nés. Il y a eu beaucoup de changement dans le pays. Mais, je dois avouer que la création de ce prototype de bateau est la réalisation du siècle pour votre pays », soutient Dag Pike, l?éditeur de Speed at Sea, magazine spécialisé dans la couverture des engins maritimes à grande vitesse. Grâce à Dag Pike, Réginald de Baritault est sûr que l?information sur son ?uvre sera présente dans les meilleurs magazines spécialisés au monde.
Réginald de Baritault n?est pas seulement un visionnaire mais il a aussi de la chance. Cette chance qu?il a cru pouvoir trouver ailleurs, se cachait sous son nez. Une rencontre avec Patrick Bouic, directeur de Diégo Cruise Ltd, a suffi pour que la vision entre de plain-pied dans l?industrie du divertissement touristique. Le bateau que propose Réginald est le modèle que cherche Patrick Bouic pour des croisières couvrant le trajet Maurice-St-Brandon-Maurice. Le premier bateau qui sort des chantiers a son premier client.
<B>Une équipesoudée</B>
Dans l?équipe de la fabrication, il y a certes les indispensables Néo-zélandais, Dave et Désirée Stuart, Mike Watson et Gavin Smith, mais il y a surtout une équipe soudée dont Johan, âgé seulement de dix-sept ans. Ils sont tous là à contempler l??uvre qu?ils ont contribuée à créer.
« Zame mo ti pu kwar ki enn zur, nu ti pu kapav faire enn travay kum sa », explique Eric Joineau sous les regards amusés des Vishal Massamy, Clarel Jinally, Joan Parsuramen et Jean-Pierre. « C?est moi qui ai entrepris tous les travaux en inox », s?empresse de souligner Serge Raujib. « Et moi, les travaux de boiseries », rétorque Jean Marie. « J?ai fait la peinture », déclare Afzal Bundhoo.
Avec le lancement officiel de C-Rex 23, Maurice s?est définitivement forgé une place dans le domaine de la fabrication de bateaux de plaisance et celui des loisirs haut de gamme. Avec bien sûr la signature d?un visionnaire, Réginald de Baritault.
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