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Procès de présumés policiers violeurs

9 mai 2006, 00:00

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Aentendre quelques politiciens et autres travailleurs sociaux, sans doute plus amnésiques que leurs confrères et collègues, la criminalité serait en hausse constante, à Maurice. C?est oublier trop facilement les zones d?ombre de notre histoire contemporaine. Ces oublis sont tout de même significatifs. Ils sont la preuve que nous ne retenons pas suffisamment longtemps les leçons des méfaits des pires membres de notre société. La raison peut tenir au fait que nous sous-utilisons la portée pédagogique des sanctions infligées aux auteurs de ces méfaits, en ne les rappelant pas utilement à temps et à contretemps. Trop souvent, nos journaux, encouragés par des autorités gouvernementales léthargiques, se contentent d?annoncer, à grands renforts de sensationnalisme, les délits commis ici et là. Ils subissent ensuite les piétinements des enquêtes en cours et les méandres des points de droit, les uns plus tortueux et moins limpides que les autres, qu?accouchent volontiers nos légistes, les uns plus zélés que les autres. Les lecteurs se lassent des inévitables répétitions et l?affaire s?enterre graduellement parce que trop c?est trop. Se glisse alors imperceptiblement dans le subconscient des Mauriciens l?idée que, au-delà du bla-bla-bla policier et juridique, les coupables hyper protégés s?en sortent relativement bien tandis que les ?ti-dimoune? payent cher à la place de ceux jouissant d?une intolérable impunité sociale, sinon politisée.

Deux policiers, postés dans un de nos villages, passent en jugement, en ce début de mai 1981. Ils sont accusés d?avoir violé deux villageoises, après avoir été priés de mettre fin à une bagarre familiale. Les charges d?accusation ne font guère honneur à notre force policière et révèlent des faiblesses d?encadrement et d?éventuelles motivations psychologiques. Une dispute nocturne éclate, en janvier 1977, dans le village, entre un père de famille et son fils, pour ?ène problème curry?. Leurs concubines se trouvent également au logis. Lassé des remarques désobligeantes de son fils, le père de famille s?en va au poste prier les deux pandores de service d?aller rétablir l?ordre sous son toit. Nos policiers demandent au fils querelleur et aux deux femmes de les suivre au poste. Et là surprise ! ils malmènent le fils et lui intime l?ordre de vider les lieux. Ils séquestrent les deux femmes, les menacent avec leurs armes à feu, les contraignent à se dévêtir, les violent, les obligent à prendre un bain, sans doute pour effacer les traces de leurs méfaits, et ne les laissent partir qu?à la fin d?une nuit d?horreur.

Conseillée par une parente, elles se rendent immédiatement aux Casernes centrales pour consigner une déposition en bonne et due forme. Le CID ouvre aussitôt une enquête et procède à l?interpellation des deux policiers qu?il accuse de viol. Ils sont formellement reconnus par leurs deux accusatrices, lors d?une parade d?identification. Ils retiennent les services de Me Gaëtan Duval, Madun Gujadhur et Satish Geemul. Me D. Seetulsingh soutient l?acte d?accusation.

Deux récidivistes notoires sont encore moins recommandables, après les méfaits commis par eux à la Baie-du -Tombeau, en ce début de mai. Libérés le 12 mars 1981, après une réduction d?un douzième de leur peine d?emprisonnement, les voilà qui rééditent leurs tristes exploits. Ils n?hésitent pas à s?attaquer à un couple, prennent un enfant en otage pour extorquer de l?argent à leurs victimes, tiennent en respect le mari, obligent la femme à se dévêtir avec l?intention d?abuser d?elle.

Le mari profite d?un moment d?inattention du bandit, le tenant en respect, pour lui asséner des coups de vase à fleur sur la tête. Il parvient à le désarmer et fonce au secours de sa femme en bien mauvaise posture. L?autre bandit essaye de reprendre l?enfant en otage dans l?espoir de contrôler à nouveau la situation. Le mari ne lui en donne pas le temps. Il fonce sur lui. Une lutte s?ensuit. L?épouse en profite pour appeler au secours. Le mari parvient à immobiliser l?agresseur de sa femme. Celle-ci appelle la police et réclame du secours. La police tarde tellement à s?amener sur les lieux qu?elle se fait devancer par deux Rosehilliens, amis du couple, prévenus par téléphone. L?agresseur, toujours immobilisé mais non sans peine, consent à révéler l?identité de son complice, ayant pris la fuite après avoir été assommé et désarmé. Arrêté peu après, il nie toute participation, arguant être souffrant et même alité. Effectivement, il montre aux enquêteurs des blessures récentes mais aussi terriblement accusatrices.

L?enquête policière permet d?élucider une série de vols dans la région de Baie-du-Tombeau. La population de cette localité à vocation balnéaire croît sans cesse. Elle réclame mais vainement l?installation sur place d?un poste de police. Ce ne sont pourtant pas les ?night-clubs? qui font défaut et qui réclame un contrôle policier constant.

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