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Tagore, la finesse du langage dans le temps
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Tagore, la finesse du langage dans le temps
Poète et philosophe, il incarne ces deux visages à la fois. Rabindranath Tagore était surnommé ?Le Poète? en Inde. On a célébré son 145e anniversaire le 6 mai dernier, en silence. Un voyage entre les lignes de ses nombreux poèmes nous dessine le véritable portrait du personnage. Immense. Fascinant. Les portes de la poésie s?ouvrent sur le mythique Tagore.
Le Poète aimait la délicatesse. L?assemblage des mots. La sonorité des mélanges. Ses poésies se métamorphosaient aisément en chansons. Et vice versa.
L?important pour Rabindranath Tagore était de prôner des messages clés. Non à la violence? oui à la paix ! Ces vers fusionnaient sur des paroles sincères, venant du c?ur, à la sensibilité accrue. André Gide s?est plu à traduire quelques-unes de ses belles poésies.
Le Poète aimait la vie. Celle vécue à Calcutta. Son poème Ma vie n?est qu?amour, transpire d?une douceur désarmante. Il nous dresse sa vision de la vie. Il dira : ?Ma vie n?est qu?amour, bien-aimée. Mon plaisir et ma peine sont sans fin, ma pauvreté et ma richesse éternelles. Mon c?ur est près de toi comme ta vie même?? Cette vie miroite au fond de ses yeux, comme un univers parsemé de richesse à goûter. Un ?royaume? dont on ne mesure pas les limites.
L?écrivain inscrit ses écrits aussi sous forme de prières. À ce dieu, inconnu qui le fascine et qui le fait renaître. Pleurant sa peine à ce ?seigneur?. Le Poète s?émeut devant ce ?seigneur? qui nourrit ?jusqu?à la germination de la semence, jusqu?à l?épanouissement le bouton, et la fleur mûrissante jusqu?à l?abondance du fruit?. Au-delà de sa philosophie, Tagore marchait au pas de ses préceptes.
Il existe comme une sorte de faiblesse que Le Poète met à nu. Il mettait à nu ses pensées, ses aspirations, ses souhaits et ses résolutions. Quand des yeux tendres nous contemplent, il nous griffe un profil troublant. ?Quand le destin nous devient avare et que les mondes de l?amour s?évanouissent ; quand les caresses, quand les sourires nous sont comptés ou refusés ; (?) alors, il est temps pour vous, Poète, fermant le cadenas votre porte, d?unir les mots aux mots et les rythmes aux rythmes.? Extrait de La Fugitive.
Les mots parlent d?eux-mêmes. Saisissants. Intemporels. Il est vrai que Rabindranath a grandi dans une famille d?artistes. Il a cerné son talent en fouillant son âme poétique. Son recueil Cygne qui a été traduit du bengali, s?est imposé dans toute l?ardeur possible.
Ce poème s?agrippe au sens. Tagore parle de la mort. Pour celui qui aime fougueusement la vie, son cher regret serait de ne plus voir la lumière ou de contempler les beautés alentour. ?Et mon c?ur, écrit-il, il ne viendra plus en hâte au fougueux appel du soleil levant.? Tout cela pour signifier que la vérité finalement, c?est ?le désir de vivre?.
Prix Nobel de littérature en 1913, Rabindranath Tagore est considéré comme l?un des pères de la littérature moderne indienne.
1 000 poèmes, 2 000 chansons, il aimait tout et touchait à tout. Pièces de théâtre. Écriture musicale. L?artiste s?essayait à diverses formes d?art. Il voulait panser quelques plaies aussi à l?aide de sa plume. Il s?y est mis. À c?ur. Et à corps. L?homme était pour lui une source inépuisable. De son nom, Robindra qui signifie ?le soleil?, il en a tiré toute l?énergie du monde.
Pourtant, la nature s?est laissée bercée par ses écrits. Elle l?a voulu, ce Poète. Même avant de mourir, Rabindranath Tagore a tenu à souffler quelques mots. Un poème sans titre. C?était le 7 août 1941.
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