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Une avancée historique !

7 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?« Equal Opportunity Act » (EOA), un des piliers du programme de l?Alliance sociale, est pour bientôt. À travers cette législation, la République mauricienne s?alignera sur d?autres pays dans la lutte contre les discriminations dans le domaine de l?emploi ? à l?embauche et dans le plan de carrière. Le défi que représente la nouvelle législation, c?est de trouver l?équilibre entre les principes fondamentaux et les réalités pratiques.

L?EOA est à l?ordre du jour dans plusieurs pays, notamment européens. En France, avec une forte composante de la population issue de l?immigration, la question est au c?ur du débat sur l?intégration. Des études montrent que dans ce domaine, la France est plus discriminatoire que l?Angleterre.

Le modèle français est en crise.

À Maurice, de par son passé colonial, les structures de propriété sont marquées par une forte concentration des richesses et les rapports sociaux de production coïncident avec les rapports ethniques ; et l?ethnicité pèse de tout son poids dans la vie sociopolitique. Ce qui a pour résultat que la question des pratiques discriminatoires ? tant dans la perception que dans la réalité ? est centrale, et que l?EOA vient répondre à une aspiration et légitime des citoyens mauriciens.

L?EOA est une nécessité. Bien conçu, et surtout bien appliqué, il contribuera à mettre fin aux pratiques discriminatoires tant dans les entreprises privées que publiques. Il permettra aussi de ne pas généraliser la perception dominante sur l?étendue et l?ampleur de ces pratiques dans les entreprises.

Une grande majorité de Mauriciens considère que notre société souffre d?un réel problème de discrimination. Et cela renvoie pour beaucoup à des pratiques héritées du passé ? chasses gardées, postes réservés à une catégorie de la population, népotisme ? au sein des entreprises historiquement associées au « Gros Capital ». Qu?en est-il des autres entreprises ? D?autres dénoncent aussi les pratiques discriminatoires associées aux institutions et organismes contrôlés par une « bourgeoisie d?État » : népotisme, clientélisme, favoritisme, et « noubanisme ».

L?EOA arrive à un moment où la mondialisation est en train d?imprimer une nouvelle dynamique de « développement » à Maurice. Depuis les années 60, le type de développement pratiqué a permis à l?État et ses appareils, d?absorber une partie de ses nouvelles élites montantes. Pour schématiser, au fil des décennies, s?est développée une sorte de Yalta sociopolitique : à certains le secteur privé, à d?autres le secteur public et parapublic.

En limitant le champ d?intervention et la participation de l?État dans le processus de développement, la mondialisation est en train de réduire les opportunités d?emploi dans la fonction publique et parapublique. Naturel-lement, ce sont les entreprises privées qui se retrouvent sous la pression des demandeurs d?emplois, dont ceux de l?encadrement. Et ce, au moment même où elles sont condamnées à se moderniser pour survivre dans un environnement de plus en plus compétitif.

Cette modernisation passe par une politique de ressources humaines privilégiant la compétence, d?où la nécessite d?attirer et de retenir les meilleurs cadres. Certaines entreprises à Maurice sont déjà engagées dans ce processus. Elles n?ont pas attendu le EOA ! Sachons apprécier à sa juste valeur cette évolution. Les directeurs des ressources humaines qui s?y sont engagés savent que les différentes composantes de la gestion prévisionnelle de ces ressources n?obéissent pas à des règles simples, et encore moins, simplistes. Celui ou celle qui est for « dan liv ek lor papie » n?est pas forcément celui ou celle qui est plus apte à un poste précis. En sus des diplômes, d?autres qualités sont nécessaires.

L?EOA est autant une exigence morale qu?une nécessite économique. Une société minée et frustrée par des pratiques discriminatoires se prive de ses intelligences et de ses compétences pour gagner la bataille du développement. Mais gardons-nous de présenter l?EOA comme la panacée à tous les problèmes qui empêchent de s?épanouir professionnellement et personnellement dans les entreprises.

Est-il besoin de souligner que pour réaliser tout le potentiel de l?EOA, il faut qu?il y ait davantage d?opportunités ? Et pour cela, il faut davantage d?entreprises productives, performantes et prospères. Pour que l?EOA soit une avancée historique, il faudrait d?abord débarrasser le débat de ses oripeaux épidermiques ! Toutes les entreprises, sans aucune exception, qu?elles soient publiques ou privées, sont concernées. Ce qui est en jeu, c?est la promotion des valeurs d?une vraie modernité au sein d?entreprises mauriciennes citoyennes.

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