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Comités d?audit : Difficiles à faire fonctionner

7 mai 2006, 00:00

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«C?est une bonne initiative. Elle aidera sans conteste à une meilleure gestion des ministères. » Le directeur de l?Audit, Rajun Jugurnath, rappelle à quel point l?institution de comités d?audit à chaque ministère constitue une avancée. Dans son rapport pour l?année financière 2003, soumis début 2004, le directeur de l?Audit recommandait la mise en place de ces comités. Tous placés sous la direction centrale d?un Audit Monitoring Committee au ministère des Finances. Deux ans après, l?idée a fait son chemin. Ces comités sont désormais en cours de constitution. Mais les choses pourraient ne pas toutes se dérouler comme prévu?

Rajun Jugurnath se refuse à tout commentaire sur les problèmes liés au fonctionnement des comités d?audit. Mais d?autres professionnels relèvent d?éventuelles failles du système. À commencer par le choix des membres de ces comités. « Où va-t-on trouver les personnes compétentes ? », se demande un haut fonctionnaire des finances. Le Code of Corporate Governance mais aussi les règles de l?Audit établissent un principe de base applicable aux comités. Ceux qui seront appelés à auditer la performance, la gestion des projets et les comptes d?un ministère doivent être des personnes étrangères à celui-ci.

<B>Une chasse aux compétences</B>

Or pour chaque ministère, il va falloir que le comité soit constitué de personnes ayant des formations en comptabilité, mais aussi dans le champ de compétence du ministère concerné. Ainsi, le comité d?audit du ministère de l?Agro-industrie devra aussi bien regrouper des professionnels de la comptabilité, de l?agronomie ou de la gestion de projets d?investissement, par exemple.

Mais comment trouver un ingénieur agronome dans un autre ministère que celui de l?Agro-industrie ? « Il va falloir penser à recruter des éléments du privé si l?on ne trouve pas les compétences requises dans le public », avance un expert-comptable. C?est une véritable chasse aux compétences qui devra donc être organisée au sein des ministères et dans le privé. Afin que chacun apporte sa précieuse collaboration au sein des comités.

Mais réunir les bonnes personnes ne suffit pas. Il va encore falloir que le comité obtienne l?entière collaboration des hauts cadres du ministère qu?il « surveille ». Pour cela, c?est une véritable politique de livre ouvert que chaque Chief Executive Officer ou Permanent Secretary devra adopter. En effet, chacun d?entre eux devra informer le comité d?audit de sa gestion des projets de développement en route ou convenir avec celui-ci des objectifs que le ministère et son staff se sont fixés pour l?année.

Mais la politique de transparence n?est pas sans conséquence. « Il va falloir qu?on fasse signer une clause de confidentialité à tous les membres », avance un haut fonctionnaire. La question des informations sensibles ou de nature confidentielle concerne surtout les membres des comités d?audit qui viendraient du privé.

Un ingénieur d?une grande entreprise de construction qui connaîtrait les projets de développement d?un gros ministère pourrait céder à la tentation d?informer ses supérieurs des projets à l?étude et des sommes qui y seront consacrées.

<B>La peur des sanctions</B>

À la peur des fuites succède celle des sanctions, dans ce gouvernement comme dans d?autres avant. En effet, certains ministres sont allergiques aux critiques. Comment alors prévenir qu?un fonctionnaire recta, appliqué et critique envers la gestion d?un ministère ne fasse l?objet d?un transfert qui le ferait travailler à 50 kilomètres de chez lui ? « C?est une question qu?il va falloir trancher. Les fonctionnaires qui siégeront dans les comités d?audit devront avoir une totale tranquillité d?esprit. Afin que ni le Chief Executive ni le ministre ne puisse intervenir dans les travaux. Ou les amener, d?une manière ou d?une autre, à se montrer moins critiques et pointilleux envers le ministère », estime le haut cadre du ministère des Finances.

Mais instituer un comité d?audit par ministère, cela coûtera de l?argent. Aucu-ne estimation n?a encore été faite. Mais d?ores et déjà tous les observateurs s?accordent à dire que les membres devront être rémunérés, a fortiori ceux qui viennent du privé.

« Des comités d?audit ne doivent se réunir qu?une fois tous les trois mois. L?Audit Monitoring Committee, basé au ministère des Finances ne devrait se réunir qu?une fois par semestre », commente l?expert-comptable. Ce qui ne devrait pas gonfler les allocations des membres. Pour que le gouvernement réalise des économies, il va bien falloir qu?il consente à quelques dépenses utiles. Le financement des comités d?audit, s?ils fonctionnent efficacement, devrait en faire partie.

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