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Pâques à la façon antananarivienne

19 avril 2006, 20:00

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Pique-niquer n’est plus très à la mode. Le fait que le week-end pascal se soit passé plutôt calmement dans la capitale confirme l’envie décroissante des gens de se défouler ou de profiter de la nature.

D’ailleurs, la gendarmerie et la police ont constaté cette baisse de la mobilité. Les forces de l’ordre sont, toutefois, restées en permanence à chaque pôle d’attraction des gens. Elles ont de même été suppléés par les pompiers. Sécurité et prudence obligent. Les commissariats de police ont manqué d’hommes et ne pouvaient donc pas répondre aux appels de renfort. Comme ce qui a été le cas au commissariat du 7e arrondissement.

La nuit du dimanche de Pâques, de nombreuses bagarres se sont succédées aux quatre coins des rues du quartier nord-est et bon nombre de personnes plaignantes sont venues se réfugier auprès de la police de mauvaise grâce.

Le nombre des cas d’accidents enregistrés cette année, s’élevant à 19 contre 64 l’année dernière selon le rapport reçu des autorités. De ce fait, il y a eu peu de morts et de blessés.

Un tour au sein du service d’urgence auprès de l’hôpital CHU/HJRA Ampefiloha, dimanche soir, a permis de constater moins de lits occupés. Seules quelques personnes attendaient sans trop de commentaires dans les salles d’attente. Les médecins de garde ont, eux-mêmes, eu le temps de bavarder entre collègues.

Les rues de la capitale sont largement moins engorgées que d’habitude. Ainsi, certains automobilistes ont profité au maximum pour se déplacer sans encombre au cours de ces deux journées sans embouteillage.

“Sur l’axe menant vers Ambohitrarahaba, c’était le calme plat. Au contraire des habituels bouchons qui consternent les riverains. Peu de voitures ont circulé”, explique une mère de famille habitant à proximité. De fait, elle et sa famille n’ont pas bougé de la maison pour se détendre dehors.

Embouteillage monstre dans la soirée</B>

Bref, la plupart des gens ont préféré rester chez eux pour faire la fête, profitant des deux journées de repos pour se relaxer. Pour ceux qui ont choisi de sortir, la plupart ont opté pour la marche, pour une raison et une autre.

Mais dame pluie a gâché, hier en fin d’après-midi, l’ambiance bon enfant. Du coup, l’axe routier menant à Ambohimangakely a rencontré un embouteillage monstre vers la soirée. Pire : des rizières ont été ravagées par les rafales de vent et la grêle.

Des cas analogues ont eu lieu à travers la route nationale 7. “J’ai eu du mal à arriver dans la capitale, bien que j’aie quitté Antsirabe tôt le matin”, signale un père de famille qui a fait l’expérience d’un déplacement de type escargot.

Finalement, le week-end pascal s’est passé sans trop de mal dans la plupart des cas. En tout cas, le calme a régné, contrairement aux fêtes de Pâques précédentes.

<I>L’express de Madagascar</I>

MAUVAIS TEMPS

<B>La pluie et la grêle ont fait beaucoup de dégâts</B>

■ Les pluies diluviennes accompagnées de grêle qui se sont abattues dans la capitale durant le week-end pascal ont provoqué beaucoup de dégâts matériels.

Rien que dans la commune rurale d’Ambohimangakely, plus de 79 riziculteurs ont perdu leur récolte non encore repiquée et environ 90 % des rizières – soit près de 20 hectares – ont été ravagées par la grêle. C’est le bilan provisoire donné, hier à midi. “Par ailleurs, 42 personnes ont vu leurs champs ou maisons détruits”, communique Jean-Baptiste Rakotomalala, chef du quartier d’Antanambao-Ambohimangakely, un des fokontany fortement touchés de la commune.

La commune d’Ambohimangakely, dans le district d’Antananarivo-Avaradrano, est peuplée par 60 000 âmes environ. Et 30 % des habitants vivent de l’agriculture. “C’est malheureux.

La production rizicole risque d’être médiocre cette année. Pourtant, nous étions convaincus que la production du riz “vaky ambiaty” serait bonne avec un rendement de cinq tonnes à l’hectare”, se désole un paysan.

C’est “effrayant” car les paysans de la commune craignent une insuffisance alimentaire. “Une partie du riz que nous plantons nous permet d’assurer une autosuffisance alimentaire annuelle. Et une autre, destinée à la vente, nous apporte des ressources financières”, confie un autre riziculteur, abattu. Les cultivateurs affirment qu’“ils ont projeté de repiquer leur récolte cette semaine”. “Nous avons attendu les dernières pluies qui, scientifiquement parlant, améliorent le son du riz. Malheureusement, nous avons tout perdu”, expliquent-ils. En tout cas, les paysans qui ne savent plus à quel saint se vouer, entendent demander de l’aide. “Nous sommes en train de dresser la liste des victimes de ce fléau naturel pour l’envoyer au Conseil national de secours”, fait savoir un responsable communal.

En agissant ainsi, les habitants d’Ambohimangakely sollicitent des dons en semences, de la nourriture et un appui financier.

MOYEN DE LOCOMOTION

<B>La marche à pied adoptée </B>

■ Chose inhabituelle. Les différentes hausses du prix à la pompe se sont faites sentir sur la bourse des ménages. Résultat : beaucoup se sont déplacés à pied pour les traditionnelles évasions pascales, notamment le lundi. Cette situation a été constatée aussi bien au nord de la ville d’Antananarivo qu’au sud ou encore à l’ouest. Ambohimanambola, Ivato, Ambatofotsy, Ambohimanga se trouvent être les endroits de prédilection.

Très tôt dans la matinée, une foule immense a fourmillé sur ces axes. Muni d’un panier contenant de quoi manger pendant la journée, chacun a quitté son foyer dans l’espoir de trouver un meilleur emplacement. Plus d’un affirme être dans l’impossibilité de louer un car pour l’occasion et par conséquent, être obligé de marcher faute de ressources financières. “Nous ne pouvons pas nous permettre de payer les frais de transport, alors que nous avons envie de prendre l’air. Ainsi, nous sommes obligés de nous déplacer à pied”, confie un père de six enfants ayant passé la journée d’hier en famille au bord de l’Ikopa. Pour sa part, Ra-Jean affirme qu’il ne fait que joindre l’utile à l’agréable. “Certes, la hausse des frais de location d’une voiture nous astreint à marcher. Mais il faut reconnaître que cet exercice est bon pour la santé”, note-t-il. À chacun de passer son week-end pascal à sa manière. En famille ou entre amis, certains ont profité dela journée d’hier pour aller à la pêche, jouer aux cartes, chanter ou danser.

Bref, se mettre à l’aise avec ce qui est à la portée des moyens. Notons que les périphéries de la capitale ont été privilégiées par ceux qui n’ont pu s’évader dans les grands pôles d’attraction comme Antsirabe, Ampefy ou encore Vatomandry.

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