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Monique Andréas : Une femme de c?ur à la COI

15 avril 2006, 20:00

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Vêtue d?un élégant tailleur en soie vert anis, un ravissant bracelet « cigarette » malgache au poignet, Monique Andréas-Esoavelo-mandroso, la secrétaire générale de la Commission de l?océan Indien, se confond en excuses. Son précédent rendez-vous l?a mise en retard. Elle est vraiment désolée.

On nous l?avait décrite comme une femme discrète, voire très réservée. C?est vrai que depuis le 1er juillet 2004, date à laquelle elle a pris ses fonctions, elle n?a pas fait beaucoup parler d?elle. Et pourtant, on lui doit, entre autres, l?organisation du 3e sommet des chefs d?Etat ou de gouvernement de la COI, en juillet 2005 à Tananarive, qui a été un succès. On découvre une femme dynamique, simple qui s?exprime sans détours, parle volontiers de son parcours, de ses manques, de son goût immodéré pour les bijoux et les vêtements.

« J?ai toujours aimé m?habiller. C?est mon côté femme. Quand j?étais jeune, mon frère en avait assez de perdre son temps à m?attendre pendant les essayages ! Je choisis les tissus ici, et je fais coudre à Mada. Maintenant, j?ai une couturière ici aussi. » Et qui avoue même ses craintes !

« Je n?ose pas rentrer chez moi à pied, de peur de me faire écraser, parce qu?il n?y a pas de trottoir. Pourtant, je n?habite pas loin. »

Son rôle ? Mettre en ?uvre et mener à bien la politique et les projets définis par les pays membres de la Commission (Maurice, Réunion, Madagascar, Comores et Seychelles) et financés en grande partie par l?Union européenne. Ainsi, le Comité interrégional de coordination ? qui regroupe quatre organismes régionaux dont la COI, qui le préside cette année, et le Comesa ? s?est réuni les 11 et 12 avril à Port-Louis pour se pencher, entre autres, sur la programmation du 10e Fond européen de développement.

L?enveloppe globale d?aide que se partagent ces organisations s?élève tout de même à 80 millions d?euros ! Et les projets vont de la protection de l?environnement marin aux technologies de l?information, en passant par la lutte contre le sida et bientôt le chikungunya.

Bref, pas de doute, son boulot, c?est du sérieux. D?autant qu?elle n?est pas femme à faire les choses à moitié. Sous son impulsion, la COI ? dont la présidence est assurée cette année par le ministre mauricien des Affaires étrangères, Madun Dulloo ? s?active.

Originaire de Fort Dauphin, au sud de Madagascar, Monique Andréas est la seconde d?une famille de sept enfants. Après une maîtrise de droit à l?université de Madagascar, elle entre au ministère des Finances et bénéficie d?une bourse française, ce qui lui permet de continuer ses études à l?Ecole nationale des services du trésor à Paris. Elle en sort inspecteur du trésor. Pas par amour des chiffres, mais par obligation familiale.

À partir de là, elle mènera une carrière de haut fonctionnaire, d?abord au ministère de la Population, puis aux Finances : directrice de la condition de la femme au ministère de la Population, directrice des Appuis aux structures décentralisées, directrice générale de la Décentralisation, secrétaire d?Etat et ministre de la Décentralisation et des provinces autonomes. Là encore, toujours du sérieux.

Tromper la solitude qui l?envahit

Les responsabilités, elle connaît, pour avoir dû les assumer jeune. « J?ai été nommée très tôt à un poste de direction. Ca m?a mûri. » Et puis, lorsque son père meurt, elle a été obligée avec son frère aîné de prendre la relève. « Mon père était commissaire de police. Ma mère avait encore des enfants à charge. Je ne voulais pas que ma famille subisse le contre-coup financier de sa mort. »

Femme de tête, certainement, exigeante, sûrement ? puisqu?elle le dit ? le c?ur, pourtant, n?est jamais loin. ça se sent à sa voix chaleureuse et son rire spontané. ça se ressent lorsqu?elle évoque ses frères et s?urs. À Madagascar comme à Maurice, on a le sens de la famille. Et ils lui manquent.

C?est la première fois qu?elle est en poste à l?étranger. Seule, puisque son universitaire d?époux ne l?a pas suivie. « Je ne me sens pas dépaysée, mais c?est un peu dur parfois. Heureusement, mon propriétaire habite dans la même cour. » Il y a bien un neveu qui vit avec elle, mais c?est peu pour quelqu?un qui a toujours été très entouré. « J?ai perdu une s?ur. J?ai donc élevé ses enfants. » Alors, pour tromper la solitude qui l?envahit de temps à autre, il y a le jardinier avec qui elle essaye d?apprendre le créole, les dîners entre Malgaches, la littérature, la mer, et le travail bien sûr, y compris le week-end. Mais, ce week-end, Monique Andréas n?a pas résisté à l?envie de rentrer à Fort Dauphin. Pour fêter Pâques. Avec toute sa famille.

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