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Concert : Mathieu Boogaerts fascine et provoque
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Concert : Mathieu Boogaerts fascine et provoque
Loi des contrastes. Ou pas tant que cela finalement. Des univers marqués, décalés, mais ébouriffants, perçants, forçant notre attention. Entendre Damien Elisa c?est forcément l?écouter. Écouter Mathieu Boogaerts c?est forcément le regarder.
Heureuse association proposée mercredi soir au conservatoire de musique François Mitterand. En première partie, du rock pure jus made in Mauritius. Une voix râpeuse s?enroulant autour d?une série d?onomatopées. ?Ki sa sa sa ? Ki sanla sa ? Damien Elisa sa.?
Du sommet de son crâne rasé assorti d?une petite tresse sur le côté (un crâne qu?il touche souvent, comme quelqu?un qui ne veut pas oublier qu?il est là pour nous faire swinguer), jusqu?au bout des doigts, le pianiste-chanteur a chauffé un conservatoire moyennement rempli. Avec efficacité. Terminant même son tour de chant un peu trop vite à notre goût.
Orchestrant le défilé des saisons de l?émotion. Sa préférée étant un été torride, où la chaleur ne serait pas que dans les airs interprétés par Damien Elisa, mais aussi un peu dans nos veines. Veines restées ouvertes d?avoir eu trop peu de notes à l?harmonica. Ce souffle jadis posé sur un tube de Kaya.
Comprenez qu?après cela, Mathieu Boogaerts, débarquant sur scène comme tombé du lit, cela fait un peu étrange. Bizarre. À la fois déconcertant et drôle. Mais plus drôle que déconcertant. T-shirt rose près du corps, pantalon bleu pendouillant à l?entrejambe, pieds nus. La recherche chez Mathieu Boogaerts n?est certainement pas une question d?apparence.
Elle pointe son nez dans les rimes, dans les chutes des petites histoires qu?il raconte dans ses chansons. Des morceaux où les détails du quotidien sont passés à la loupe grossissante d?un humour impitoyable, décalé, parfois assassin. Des histoires d?amour qui finissent souvent mal, des sentiments broyés par l?incompréhension.
Que dire du jeu de scène, sinon qu?il interpelle lui aussi. Pour prolonger le vibrato de sa guitare, Mathieu Boogaerts n?hésite pas à payer de sa personne. À esquisser un twist incomplet, comme si ses genoux fléchissaient en cours de route, refusant de poursuivre cette danse endiablée qui ferait tâche avec le rythme gentillet de la plupart des compositions de Boogaerts.
Que dire aussi des soupirs et des onomatopées suggestives articulés au micro par le beau gosse de batteur qui accompagne Mathieu Boogaerts. Sourires garantis.
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