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CPE : les syndicats réclament l?abrogation ?avant le 17 avril?

7 avril 2006, 00:00

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Confortés par le succès de la mobilisation mardi contre le contrat première embauche (CPE), les syndicats ont exigé le vote d?une loi abrogeant le CPE ?avant le 17 avril?, alors que débutaient les premières rencontres avec les parlementaires de l?UMP.

Les douze syndicats de salariés, étudiants et lycéens, ont affirmé, dans une déclaration commune, que l??hypothèque du CPE devait être très rapidement levée? afin de ?permettre l?ouverture de discussions ou de négociations sur l?emploi et la formation des jeunes, la précarité et le chômage?.

Cela passe ?par le vote avant les vacances parlementaires le 17 avril d?une loi abrogeant le CPE?, faute de quoi ils se disent prêts à décider d?un ?nouveau temps fort de mobilisation?.Ils se réuniront à nouveau lundi pour ?faire le point des positions des parlementaires? et prendre une décision sur les suites du mouvement, n?excluant ?aucun moyen d?action?.

L?Unef a lancé de son côté un appel à ?intensifier? la mobilisation dans les universités, alors que Jacques Chirac appelait les jeunes à reprendre le chemin des cours.

Au lendemain de la journée de mobilisation -mardi- la cinquième en deux mois - qui a rassemblé de 1 à 3,1 millions de manifestants, les syndicats veulent pousser leur avantage alors que les vacances scolaires approchent.

Les 12 (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires, Unef, confédération étudiante, UNL et Fidl) ont commencé à être reçus à tour de rôle, par Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, présidents respectifs des groupes UMP à l?Assemblée et au Sénat. Ceux-ci ont convié l?ensemble des partenaires sociaux à une discussion, ?sans préjugés, sur le contenu de la proposition de loi? sur le CPE, préparée par les groupes UMP.

Le leader de la CFDT, François Chérèque, a inauguré les discussions, se disant ?plutôt optimiste?. ?On a eu une écoute, mais ils nous ont dit qu?ils nous répondraient après avoir reçu tout le monde?, a-t-il déclaré à la sortie, alors que le président de la CFTC, Jacques Voisin, a estimé que la situation lui paraissait ?bloquée?.

De son côté, Bernard Thibault (CGT) a expliqué que lors de la rencontre, il n?y avait ?pas eu de propos laissant entendre qu?une abrogation était possible ou impossible?, ?ce ne sont pas des négociations, tout est encore ouvert?.

Quant à Jean-Claude Mailly (FO), il a affirmé avoir dit à ses interlocuteurs ?qu?il n?y avait pas 36 solutions: il fallait porter le coup de grâce au CPE?.

Éffondrement des institutions

Au même moment, à l?Assemblée nationale, le Premier ministre Dominique de Villepin a prévenu qu?en tant que ?chef du gouvernement?, il ?tirerait naturellement toutes les conclusions nécessaires au fil des prochains jours?.

?Le gouvernement, c?est le service de l?intérêt général et c?est pour cela que je serai au rendez-vous, ne laissant à personne d?autre le soin de tirer les conclusions qui s?imposent parce que je n?ai pas d?autre objectif, pas d?autre préoccupation que de servir l?intérêt national?, a-t-il ajouté, répondant au premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande.

M. Hollande, à l?unisson des syndicats, a estimé pour sa part qu?il était ?possible d?en terminer avec le conflit avec un vote d?une proposition de loi d?ici le 17 avril?. Le PS a en outre annoncé le dépôt d?une proposition de loi visant à l?abrogation du CPE et du CNE, qui sera débattue le 16 mai à l?Assemblée.

François Bayrou, le président de l?UDF, a évoqué ?un effondrement des institutions?, jugeant ?le moment venu? de passer à la VIe République.

Comme leurs homologues du PS et de l?UDF, les députés et sénateurs communistes ont annoncé leur intention de rencontrer également les organisations syndicales.

SONDAGE

72 % des Français se disent mécontents du gouvernement

Quelque 72 % des Français ne se satisfont pas de l?action du gouvernement de Dominique de Villepin en matière économique et sociale, selon un sondage CSA réalisé en pleine crise du CPE et parue hier dans L?Humanité.Selon le baromètre mensuel du quotidien réalisé le 29 mars, au lendemain de la quatrième journée nationale de mobilisation contre le CPE, 72 % des personnes interrogées ne sont ?pas satisfaites?de ?l?action menée par le gouvernement en matière politique et sociale?, 30 % d?entre elles sont ?peu satisfaites?, 42 % ?pas du tout? satisfaites et 6 % ne se prononcent pas. 22 % se disent satisfaits (3 % ?très satisfaits? et ?19 % assez satisfaits?). Parmi les sympathisants de droite, 52 % des sondés sont satisfaits. Ils sont 6 % chez les sympathisants de gauche. Dans le précédent baromètre réalisé les 22 et 23 février, 64 % des sondés n?étaient pas satisfaits, contre 68 % fin janvier, et 66 % début janvier. Sondage réalisé le 29 mars d?après la méthode des quotas auprès d?un échantillon national représentatif de 1 003 personnes de 18 ans et plus.

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