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Ocean Tropical Fruits porte ses fruits

7 avril 2006, 00:00

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Prendre sa valise, acheter un billet, atterrir dans l?inconnu et pêcher ses clients en feuilletant l?annuaire. Cette technique de marketing originale a rapporté à Ocean Tropical Fruits une clientèle solide et friande de ses ananas et letchis. Ce qui lui a valu, mercredi, le ?most outstanding agribusiness entrepreneurship award? décerné par l?Etat. Une deuxième distinction qui en appellera d?autres. A coup sûr.

En 2006, le principal exportateur de fruits locaux a fixé la barre à 500 tonnes d?ananas et à 150 tonnes de letchis. Plus du centuple de ses 600 kilos d?ananas qu?il avait exportés vers l?Italie en 1999. Son chiffre d?affaires annuel se situe à Rs 25 millions.

Dormir sur ses nouveaux lauriers n?étant pas son fort, le jeune directeur, Vikram Hurdoyal, pousse chaque année la barre d?exportation un peu plus haut. Son objectif, dans quatre ans, sera d?acheminer un total de 1 000 tonnes à l?étranger, légumes inclus.

Modeste dans le parler et les gestes, Vikram Hurdoyal a quand même de grandes visées. A 27 ans, il compte monter son usine de mise en boîte de fruits et de jus. Un projet de Rs 25 millions dont la production sera destinée exclusivement au marché étranger et aux touristes. ?J?emploie 12 personnes aujourd?hui. Avec l?entrée en opération de cette usine, ce sera 50 jobs?, affirme-t-il.

Avant de s?y atteler, Vikram Hurdoyal a de nombreuses contrariétés à gérer, à commencer par le fret aérien qui ronge ses bénéfices, où la nouvelle concurrence africaine a un avantage géographique. ?Exporter par avion un kilo de fruits me revient en moyenne à Rs 70. Le fret, seul, est de Rs 47?, affirme le directeur d?Ocean Tropical Fruits.

Qui plus est, des Etat africains, tels le Ghana et la Côte d?Ivoire se sont lancés dans la culture et l?exportation d?ananas. Mais jusqu?ici, Vikram Hurdoyal a su obtenir et préserver les faveurs des marchés européens en jouant sur la qualité. Le directeur fait ressortir que l?ananas local se situe dans la ?cinquième gamme?, celle des fruits de luxe alors que ses concurrents sont dans l?échelle inférieure.

Son salut viendrait, sans nul doute, de Madagascar, où il a effectué une mission de prospection fin janvier 2006. Sur une base pilote, il acheminera, par voie maritime, trois ou quatre conteneurs de letchis. Au cas où ses clients français, suisses, belges ou de Dubayy seraient satisfaits, une nouvelle étape s?annoncera pour son expansion.

Aujourd?hui, son entreprise surfe d?une branche de succès à l?autre. ?Je n?ai jamais participé à des foires internationales. J?en ai profité, en tant que visiteur à ces manifestations, pour nouer des contacts avec des clients. A Maurice, je n?ai pas sollicité de l?aide financière du gouvernement, ni obtenu une roupie pour le marketing?, insiste le directeur.

Même s?il s?est souvent cassé les dents, sa formule aventureuse a porté ses fruits. A tous les coups. Ce 17 avril, il repart en voyage d?affaires. Dans l?inconnu autrichien et allemand. En marchant dans les rues. En quête de marchands?

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