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Alain Noël croit dans l’élevage du cerf

5 avril 2006, 00:00

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Au début d’avril 1981, Alain Noël est encore administrateur de l’établissement sucrier d’Union Saint-Aubin.Il passera ultérieurement à la tête de Deep-River-Beau-Champ.Il n’est toutefois pas le fils de Sir Claudepour rien.En dépit de son jeune âge (tout juste une quarantaine d’années), il est une des têtes pensantes de l’industrie sucrière mauricienne des années 1970-80.Il ne faut donc pas s’étonner de le savoir membre d’une délégation technique, chargée d’aller étudier l’élevage intensif du cerf en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Ses compagnons de prospection sont Alain Lalouette, manager du projet “cerf” à Bel Ombre S.E. et futur administrateur de cette propriété sucrière, et Pierre Rouillard, responsable de la diversification agricole à la Chambre d’agriculture. C’est tout dire. Alain Noël rentre d’Océanie plus convaincu que jamais que l’avenir se trouve du côté de l’élevage du cerf à Maurice. Il est toutefois nécessaire de mettre en pratique de nouvelles techniques et de pouvoir surmonter les inévitables contraintes financières.

Première étape de cette tournée océanienne : Melbourne et son Abbey Farm, un parc où les touristes peuvent admirer les bêtes, les chasser si l’envie leur prend ou encore les acheter vivantes. L’élevage intensif du cerf commence en Australie quelque temps après la Nouvelle Zélande. En 1981, l’île-continent dispose de cinq fermes importantes comptant chacune plus de 750 unités. L’objectif à court terme est d’atteindre 12 fermes de 1 500 têtes.Les expériences portent sur plusieurs types de cerfs, y compris le nôtre dont le mâle peut peser 130 kg vif. En Australie, on privilégie le RedDeer (avec un mâle vif pouvant atteindre les 200 kilos) ou encore le SambarDeer (250 kg). Le Sambar peut croiser avec nos biches pour donner des produits améliorés.

La Nouvelle Zélande commence l’élevage intensif du cerf au début des années 1970. Le Red Deer, grand destructeur de récoltes, devient plus prometteur en élevage.Capturé, il s’adapte vite à ses nouvelles conditions de vie. L’Invermay Research Station effectue de prometteuses recherches, portant, entre autres, sur les croisements entre le Red Deer et le Wapiti, une espèce dont les mâles peuvent atteindre les 300 kilos et fournit un plus grand volume de bois.

Alain Noël explique pourquoi la Nouvelle-Zélande, connue pour l’excellence de ses élevages bovin et ovin (3 millions de vaches laitières, 7 m de bœufs et… 65 m de moutons), se lance dans l’élevage intensif du cerf.La raison en est, bien sûr, économique.Le rendement de carcasse à l’arpent est plus fort avec le cerf qu’avec les autres animaux. L’exportation de la venaison est également plus intéressante. Le marché des sous-produits (bois, tendons, queues) est très rémunérateur, sans parler de la vente d’animaux vivants.

L’élevage intensif du cerf néo-zélandais privilégie l’emploi à plein temps de techniciens compétents et expérimentés. Les fermiers font preuve d’une grande efficience, opérant avec un petit nombre de travailleurs. Les coûts de production demeurent très faibles.La disponibilité de vastes pâturages ne fait, bien sûr, pas de problème. Tout autre est la situation à Maurice où il faudra compter 15 têtes à l’arpent contre seulement cinq en Nouvelle-Zélande. Les paddocks y sont généralement de 15 arpents, convergeant vers un yard où les bêtes sont manipulées, toujours dans l’obscurité. Ces manipulations concernent aussi bien la coupe des bois, les injections de vaccin, la pesée que la sélection.Pour faire entrer les cerfs dans le yard, le fermier néozélandais a le choix entre des chiens de berger ou des motocyclettes tapageuses. Le mâle sert une cinquantaine de biches par saison.Le taux de fécondité avoisine les 90 %.

En dépit des indispensables apports de nourriture additionnelle, sous forme de concentrés, l’élevage intensif du cerf à Maurice offrira d’intéressantes possibilités touristiques. A Union S.E., il existe déjà un feedlot de 80 têtes et un troupeau de 350 cerfs dans les bois. A Le Val, le troupeau compte aussi 350 têtes. Le Dr K. Drew, le directeur de la station de recherches de la Nouvelle-Zélande, connaît bien la situation à Maurice pour y être venu à plusieurs reprises.Il est disposé à nous envoyer ses techniciens pour former les nôtres.

Sur le chemin de retour, MM. Rouillard et Lalouette font le crochet par Hong Kong. Ils y étudient les spécificités du marché des sous-produits ainsi que les règlements vétérinaires qui le régissent. En ce qui concerne la venaison, le marché local est encore suffisamment demandeur pour ne pas avoir à se préoccuper des problèmes d’exportation.

A partir du 1er avril 1981, la LivestockFeedFactory révise les prix de vente de ses concentrés de nourriture pour divers types d’animaux. Ils font de Rs2 140 la tonne pour la vache à Rs 3 200 pour le cheval spécial.

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