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Affaire Bassin-Blanc : possible suspension de l?enquête judiciaire
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Affaire Bassin-Blanc : possible suspension de l?enquête judiciaire
?On est en train de reconstituer un énorme puzzle dont les pièces sont éparpillées et enfouies ici et là.? La Major Crime Investigation Team (MCIT) se trouve, en effet, devant des éléments nouveaux, récoltés lors de l?interrogatoire de Bipin Ittoo qui s?est poursuivi hier. Face à l?éventualité d?un développement dans l?affaire du double drame de Bassin-Blanc, cette équipe a donc sollicité une rencontre officielle avec Abdurafeeck Hamuth, le Directeur des poursuites publiques (DPP) au plus vite.
La MCIT compte ainsi demander au DPP de suspendre l?enquête judiciaire qui a lieu actuellement en cour de Souillac pour que l?enquête policière puisse se poursuivre. L?ASP Prem Raddhoa, responsable de la MCIT, estime que ce serait une suite logique. La famille Sandooram se montre d?ailleurs favorable à cette démarche.
Les cadavres des amants Tagoresingh Sandooram et Anshi Ittoo avaient été découverts à Bassin-Blanc le 14 novembre 2002, trois jours après leur disparition, soit le 11 novembre 2002. Ce jour-là, seule leur voiture y avait été retrouvée. Et un gardien de chasse de la région avait affirmé avoir vu la Land cruiser Toyota, immatriculée EK 65 de couleur noire, à bord de laquelle se trouvaient les deux amants. Ils étaient, dit-il, poursuivis par des individus en voiture et à pied. La MCIT compte notamment interroger ce gardien.
Comme lui, d?autres témoins qui n?avaient pas été interrogés le seront d?ici quelques jours. Selon les enquêteurs, ils ?apporteront un nouvel éclairage?. Car, indiquent des sources proches de la MCIT, des éléments qui n?avaient pas été pris en consi-dération lors de l?enquête initiée en 2002 après ce double drame ?maquillé en suicide? ont permis de donner une nouvelle orientation à cette affaire. Le frère d?Anshi Ittoo, Bipin, aurait permis aux enquêteurs de ?noter plusieurs contradictions qui n?avaient pas surgi lors de la première enquête?. Son interrogatoire va se poursuivre aujourd?hui et pendant encore quelques jours.
Les enquêteurs ont également noté que la voiture des Ittoo n?est pas un alibi solide. Bipin avait indiqué que le jour de la mort de Tagoresingh Sandooram et de sa s?ur, sa voiture était en panne et qu?il était allé acheter des pièces de rechange avec son cousin. Et Anshi Ittoo, que son père déposait normalement au collège Medco à Port-Louis, avait été priée ce jour-là de voyager par le bus pour la même raison. Or, les enquêteurs affirment, après vérification, que la voiture n?est jamais tombée en panne et que les pièces de rechange étaient destinées à d?autres voitures en réparation dans leur garage.
?Donner priorité à l?enquête policière?
L?enquête judiciaire doit-elle, pour toutes ces raisons, être suspendue ? Selon un juge de la Cour suprême, contacté hier, cette décision relève du DPP. ?Parce que c?est ce dernier qui a ordonné cette enquête, ayant jugé qu?il n?y avait pas suffisamment d?éléments à l?époque pour faire la lumière sur ce drame.? Mais, dit-il, avec les nouveaux éléments dont fait état la MCIT, l?enquête judiciaire ?peut être suspendue pour donner priorité à l?enquête policière?.
De son côté, Me Zakir Mohamed, avocat de Bipin Ittoo, continue d?affirmer que l?arrestation de son client ne repose sur aucun fait nouveau. Ce qu?il avait dit lors des enquêtes qu?il avait données en 2002, il le maintient. Et rien, dit-il, n?a changé depuis.
Nitin Dawoojee à la Commission des droits de l?homme
Nitin Dawoojee s?est rendu hier à la Commision des droits de l?homme, accompagné de son avocate, Me Pareemala Mauree. Le cousin de Bipin Ittoo, en détention dans le cadre de l?enquête sur le décès de sa s?ur, Anshi et de l?amant de celle-ci, Tagoresingh Sandooram, a affirmé aux membres de la commission avoir été victime de brutalités policières avant d?être abandonné à des centaines de mètres de chez lui, quelques heures plus tard.
Les faits remonteraient au 29 mars. Nitin conduisait un school bus, vers 7 h 30 lorsque deux véhicules lui ont barré la route. Des individus, a- t-il expliqué, en sont sortis avant de l?embarquer de force. Ces derniers lui auraient ensuite mis une cagoule sur la tête alors que la voiture se dirigeait vers un lieu inconnu. Sur place, a-t-il déclaré à la presse le lendemain de son arrestation, les policiers lui ont demandé de fournir des détails sur ses déplacements le 11 novembre 2002. Ses explications n?ayant pas plu aux policiers, ils l?auraient frappé. ?Zot dir mwa sa mem file Bassin-Blanc la sa. Zot finn donn mwa kout sa lor latet.?
Ses ?tortionnaires? l?auraient aussi déshabillé avant de lui plonger la tête dans un seau d?eau plusieurs fois. Nitin affirme aussi avoir reçu des coups de pied et de poings sur tout le corps avant que les policiers ne lui rendent ses vêtements et l?embarquent à nouveau à bord d?un véhicule vers Quatre-Bornes. Peu après sa ?libération?, Nitin s?est rendu au poste de police de Quatre-Bornes pour y consigner une déposition.
L?enquête initiée par la Commission des droits de l?homme devrait permettre de situer le bien- fondé de ces allégations et en identifier les principaux responsables. Bipin Ittoo devrait, quant à lui, comparaître devant le tribunal de Souillac ce matin. L?enquête judiciaire sur l?affaire Bassin-Blanc a débuté devant ce même tribunal depuis maintenant deux semaines.
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