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L?incompréhension persiste sur la baisse du prix de l?essence

4 avril 2006, 00:00

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Le prix de l?essence qui baisse de 10 % continue à provoquer des réactions diverses. Les compagnies pétrolières sont elles-mêmes perplexes sur les raisons de la baisse du prix de l?essence. Contrairement à ce déclare le comité de l?Automatic Pricing Mechanism (APM), elles affirment qu?elles n?ont pas enregistré de hausse anormale des ventes d?essence au dernier trimestre.

Si le consommateur se réjouit ? il déboursera Rs 3,50 de moins sur le litre, cette baisse de 10 % est incompréhensible pour les observateurs avertis. ?J?y perds mon latin. Ce n?est absolument pas logique de baisser le prix de l?essence. Il n?y a pourtant aucune échéance politique?, déclare un haut cadre d?une compagnie pétrolière. Cette baisse surprend donc car jusqu?à hier tous les éléments indiquaient qu?une hausse était inévitable.

Lors de la dernière augmentation du prix de l?essence le 3 janvier dernier, le communiqué de la State Trading Corporation (STC) laissait entendre qu?on se dirigeait vers une nouvelle hausse à la prochaine révision des prix, soit celle intervenue dimanche. La STC déclarait effectivement en janvier que l?essence aurait dû augmenter de 30 % mais que les règlements de l?APM limitent à 20 % la hausse maximale autorisée en un exercice.

De plus, les règlements de l?APM stipulent clairement que si la hausse due est supérieure à la hausse autorisée, elle doit être reportée automatiquement au prochain trimestre. En clair, la hausse de 10 % non répercutée en janvier aurait dû avoir été reportée au début d?avril. Même le ministre de l?Industrie et du Commerce, Rajesh Jeetah ? qui de mieux placé que lui ? ? était persuadé qu?une hausse était inévitable.

<B>Nouvel élément avancé par l?APM</B>

A l?Assemblée nationale le 21 mars, il justifiait le relèvement de 15 à 20 % du plafond maximal de hausse autorisée des produits pétroliers en invoquant des pertes accumulées de Rs 1,3 milliard par la STC au 31 décembre 2005. Rien que sur les produits pétroliers, précisait-il. Il avait même ajouté : ?It would take two more APM exercises for the STC to recover accumulated losses on mogas and gas oil, assuming prices of these products remain constant.?

De plus, jusqu?à dimanche, les seuls critères connus du grand public pour déterminer une hausse ou une baisse du prix du carburant sur le marché local étaient le coût CIF de l?essence et du diesel et la fluctuation du taux de change du dollar par rapport à la roupie.

L?APM a trouvé dimanche un nouvel élément : le niveau des pertes de la STC sur chacun des produits pétroliers. Ceux qui connaissent le mécanisme de l?APM estiment que ce critère n?a jamais figuré dans les règlements.

Les proches du comité de l?APM expliquent timidement que c?était peut-être ?implicite même si cela n?a jamais été dit?. ?Peut-être que cela a été mal communiqué?, tente un autre proche de ce dossier.

?Il y a effectivement des zones d?ombre. L?APM qui est un outil de transparence doit mettre clairement en avant tous ses critères et paramètres de décision, sinon ce ne sera plus crédible. Si on continue dans ce sens on pourra toujours trouver une raison demain pour justifier n?importe quelle décision?, déclare Eric Ng, économiste.

Par ailleurs, l?argument de l?APM à l?effet que la STC a pu rattraper l?essentiel de ses pertes sur l?essence grâce à des ventes records suscite divers commentaires. D?abord, un haut cadre d?une compagnie pétrolière déclare ne pas avoir noté de hausse de consommation de l?essence. ?Nos chiffres de ventes de janvier et février confirment que la consommation d?essence n?a pas connu de progression par rapport aux mois précédents. La hausse du prix de 20 % a sans doute été un frein. Mais en décembre, comme toutes les années, la consommation a été plus importante?, dit-il. Un autre haut cadre d?une autre compagnie pétrolière avance qu?une telle hausse de la consommation en un trimestre semble difficile à croire, même en tenant compte des fêtes de fin d?année.

<B>Prévisions</B>

Or selon des proches du comité de l?APM, la consommation d?essence a largement dépassé les estimations pour la période du 15 décembre au 15 mars. Elle a été de 47 millions de litres au lieu des 28 millions de litres estimés.

Les estimations sont difficiles à faire car personne n?a de boule de cristal. Mais il est quand même étonnant que les analystes de la STC, rodés à leur métier depuis des années, aient pu se tromper si lourdement dans leurs prévisions.

Il est de même plus que surprenant que le comité de l?APM, dirigé par nul autre que le directeur du Central Statistics Office (CSO), Harish Bundhoo, et ses ?experts indépendants?, aient pu être aussi loin du compte. Entre 28 millions et 47 millions, il y a quand même une marge d?erreur de 70 % ! C?est énorme.

Par ailleurs, pour les spécialistes des compagnies pétrolières, cette baisse du prix de l?essence risque d?être renversée à la prochaine révision des prix en juillet. Car avec l?arrivée du printemps et de l?été en Europe et aux Etats-Unis, la consommation d?essence risque fort de flamber comme cela est le cas chaque année. Le prix de l?essence sur le marché mondial devrait donc reprendre l?ascenseur. Mais l?APM ne fait pas de prospective car il ne s?intéresse qu?au trimestre passé.

Les proches de l?APM soutiennent que l?APM a passé un test de crédibilité en baissant le prix de l?essence dimanche, malgré l?état désastreux des finances de la STC. Mais quand cette baisse est incomprise dans les milieux pétroliers par les associations patronales du secteur privé et les observateurs économiques, on est en droit de se poser des questions sur cet argument.

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